La diplomatie s'active autour de la Syrie
Le Canada ferme son ambassade à Damas
Damas — L'armée syrienne a de nouveau bombardé hier Rastane (centre), faisant fi de la pression diplomatique, appelée à s'intensifier avec notamment une visite samedi à Damas de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan.
Parallèlement à Rastane, les forces du régime de Bachar al-Assad ont lancé une offensive à Yabroud dans la province de Damas et mené des opérations notamment dans la province de Deraa (sud), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, qui a fait état de six civils tués.
«Nous résisterons [...] c'est une question de vie ou de mort [...] Le monde entier nous a lâchés mais nous ne lâcherons pas la révolution», a affirmé Anas Abou Ali, un responsable de l'Armée syrienne libre (ASL) composée notamment de déserteurs. «Ce qui se passe à Rastane est identique à ce qui s'est passé à Baba Amr», a de son côté estimé Hadi Abdallah, militant à Homs de la Commission générale de la révolution syrienne.
Rastane, située sur l'autoroute reliant la capitale au nord du pays, a été déclarée «libre» par les rebelles le 5 février et fait depuis régulièrement l'objet de bombardements. Dimanche, sept civils, dont quatre enfants, y ont péri dans un pilonnage. À Homs, les forces de sécurité ont mené une campagne d'arrestations.
Sur le plan diplomatique, M. Annan et son adjoint, l'ancien ministre palestinien des Affaires étrangères, Nasser al-Qidwa, se rendront samedi à Damas, après avoir rencontré jeudi le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi, a annoncé ce dernier.
Cette visite, saluée par Damas selon la télévision officielle, sera la première de M. Annan, ancien secrétaire général de l'ONU nommé le 23 février «émissaire conjoint de l'ONU et de la Ligue arabe sur la crise en Syrie».
La responsable des opérations humanitaires de l'ONU Valerie Amos a dit de son côté qu'elle se rendrait en Syrie à partir de mercredi pour tenter d'obtenir un accès humanitaire «sans entrave».
Ottawa durcit le ton
Le Canada a emboîté le pas de ses alliés, hier, en annonçant la fermeture de son ambassade en Syrie. Après les États-Unis, le Royaume-Unis et la France, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a indiqué que tous ses diplomates avaient quitté Damas, «en raison de la détérioration des conditions de sécurité». «Nous le répétons: Assad doit partir», a souligné le ministre dans une déclaration écrite, en précisant que le Canada continuera à envoyer des messages «fermes et francs aux autorités syriennes» par le biais de l'Ambassade de Syrie à Ottawa.
Le Canada a en outre annoncé une nouvelle et sixième ronde de sanctions, élargissant notamment un gel des avoirs à la Banque centrale de Syrie ainsi qu'à sept ministres du gouvernement Assad.
«Nous devons exercer des pressions internationales concertées et soutenues sur le régime pour qu'il mette fin à la violence et permette une transition pacifique dirigée par les Syriens. Il faut que les responsables des violences à l'échelle de la Syrie aient à rendre compte de leurs actes», a plaidé le ministre Baird.
Pour sa part, la Russie a annoncé une rencontre samedi entre son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov et ses homologues arabes au Caire.
Allié de longue date de la Syrie à laquelle elle vend des armes, Moscou a déjà bloqué avec Pékin deux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression en Syrie où les violences ont fait plus de 7600 morts selon l'ONU.
Tant la France que les États-Unis et l'Union européenne ont exprimé le souhait que M. Poutine change sa politique à l'égard de la Syrie.
Pendant ce temps, aux portes de Baba Amr, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) tentait, pour le quatrième jour consécutif, de négocier l'entrée d'un convoi de sept camions chargés d'aide d'urgence.
Les autorités ont avancé des raisons de sécurité, pour justifier ce délai dénoncé par la communauté internationale mais les opposants se disent convaincus que le régime veut prendre le temps d'effacer les traces des massacres commis dans cette ville.
***
Agence France-Presse
Parallèlement à Rastane, les forces du régime de Bachar al-Assad ont lancé une offensive à Yabroud dans la province de Damas et mené des opérations notamment dans la province de Deraa (sud), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, qui a fait état de six civils tués.
«Nous résisterons [...] c'est une question de vie ou de mort [...] Le monde entier nous a lâchés mais nous ne lâcherons pas la révolution», a affirmé Anas Abou Ali, un responsable de l'Armée syrienne libre (ASL) composée notamment de déserteurs. «Ce qui se passe à Rastane est identique à ce qui s'est passé à Baba Amr», a de son côté estimé Hadi Abdallah, militant à Homs de la Commission générale de la révolution syrienne.
Rastane, située sur l'autoroute reliant la capitale au nord du pays, a été déclarée «libre» par les rebelles le 5 février et fait depuis régulièrement l'objet de bombardements. Dimanche, sept civils, dont quatre enfants, y ont péri dans un pilonnage. À Homs, les forces de sécurité ont mené une campagne d'arrestations.
Sur le plan diplomatique, M. Annan et son adjoint, l'ancien ministre palestinien des Affaires étrangères, Nasser al-Qidwa, se rendront samedi à Damas, après avoir rencontré jeudi le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi, a annoncé ce dernier.
Cette visite, saluée par Damas selon la télévision officielle, sera la première de M. Annan, ancien secrétaire général de l'ONU nommé le 23 février «émissaire conjoint de l'ONU et de la Ligue arabe sur la crise en Syrie».
La responsable des opérations humanitaires de l'ONU Valerie Amos a dit de son côté qu'elle se rendrait en Syrie à partir de mercredi pour tenter d'obtenir un accès humanitaire «sans entrave».
Ottawa durcit le ton
Le Canada a emboîté le pas de ses alliés, hier, en annonçant la fermeture de son ambassade en Syrie. Après les États-Unis, le Royaume-Unis et la France, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a indiqué que tous ses diplomates avaient quitté Damas, «en raison de la détérioration des conditions de sécurité». «Nous le répétons: Assad doit partir», a souligné le ministre dans une déclaration écrite, en précisant que le Canada continuera à envoyer des messages «fermes et francs aux autorités syriennes» par le biais de l'Ambassade de Syrie à Ottawa.
Le Canada a en outre annoncé une nouvelle et sixième ronde de sanctions, élargissant notamment un gel des avoirs à la Banque centrale de Syrie ainsi qu'à sept ministres du gouvernement Assad.
«Nous devons exercer des pressions internationales concertées et soutenues sur le régime pour qu'il mette fin à la violence et permette une transition pacifique dirigée par les Syriens. Il faut que les responsables des violences à l'échelle de la Syrie aient à rendre compte de leurs actes», a plaidé le ministre Baird.
Pour sa part, la Russie a annoncé une rencontre samedi entre son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov et ses homologues arabes au Caire.
Allié de longue date de la Syrie à laquelle elle vend des armes, Moscou a déjà bloqué avec Pékin deux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression en Syrie où les violences ont fait plus de 7600 morts selon l'ONU.
Tant la France que les États-Unis et l'Union européenne ont exprimé le souhait que M. Poutine change sa politique à l'égard de la Syrie.
Pendant ce temps, aux portes de Baba Amr, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) tentait, pour le quatrième jour consécutif, de négocier l'entrée d'un convoi de sept camions chargés d'aide d'urgence.
Les autorités ont avancé des raisons de sécurité, pour justifier ce délai dénoncé par la communauté internationale mais les opposants se disent convaincus que le régime veut prendre le temps d'effacer les traces des massacres commis dans cette ville.
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Agence France-Presse








