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    Repères - Transition démocratique ou simulacres?

    Le Printemps arabe continue de cheminer à sa façon capricieuse et parfois surprenante. En Syrie, les citoyens sont conviés à braver les obus et les balles des francs-tireurs dimanche prochain afin d'approuver par référendum une nouvelle Constitution! À 2000 kilomètres de là, mardi, les Yéménites ont rempli des bulletins de vote à candidature unique pour remplacer leur président démissionnaire. Les démocrates dans les deux pays, ainsi que tous ceux et celles qui les appuient dans le monde, ont des raisons de rester sur leur faim.

    Les deux révolutions ne sont pas identiques. L'homme fort du Yémen, Ali Abdallah Saleh, a mis fin à son règne de 33 ans, tandis que Bachar al-Assad, au pouvoir depuis onze ans et demi à Damas, reste bien en selle et ne semble pas éprouver le moindre désir de «dégager» prochainement. Autre différence: la crise yéménite n'a pas donné lieu, aux Nations unies, au même genre d'affrontement entre les pays occidentaux et le couple Russie-Chine que celui qui survient à propos de la Syrie. N'empêche: le bilan a beau être un peu moins lourd au Yémen, M. Saleh a quand même eu le temps d'endeuiller plusieurs centaines de familles et la crise n'y est probablement pas terminée.

    Plus de 14 millions de citoyens sont appelés à voter, le 26 février, pour une nouvelle Constitution qui introduirait quelques éléments de multipartisme en Syrie, où le Ba'as, la formation contrôlée par le clan al-Assad, règne sans partage depuis 1970.

    La Chine et la Russie, qui avaient bloqué au Conseil de sécurité, le samedi 4 février, une résolution enjoignant à Bachar al-Assad de quitter le pouvoir dans les plus brefs délais, ont applaudi à l'annonce de ce projet de référendum. Pour le porte-parole de la Maison-Blanche, il s'agit au contraire d'une «plaisanterie», puisque chaque promesse d'ouverture a jusqu'ici été suivie d'une intensification de la violence répressive.

    Avant-hier, les Yéménites étaient invités à plébisciter leur vice-président, Rabo Mansour Hadi, pour qu'il prenne les rênes de leur pays à la place de l'ancien président, Ali Abdallah Saleh, qui a fini par quitter ses fonctions (et le Yémen) le mois dernier, après s'être longuement accroché au pouvoir. Ce faisant, Saleh acquiesçait tardivement à un plan de sortie de crise concocté par ce club d'émirs qu'on appelle le Conseil de coopération du Golfe.

    Certains Yéménites dénoncent un simulacre de démocratie, mais d'autres, rejoignant en cela les chancelleries occidentales et nombre d'observateurs internationaux, assurent qu'il s'agit simplement d'un premier pas vers d'autres élections, pluralistes celles-là, prévues dans deux ans environ.

    Le Yémen, qui commande avec Djibouti l'accès à la mer Rouge, revêt une importance stratégique évidente. Seule république au milieu de monarchies, producteur pétrolier plutôt insignifiant, il n'en demeure pas moins un des États de la péninsule arabique, où l'Occident achète une bonne partie de son or noir.

    Les États-Unis appuient le processus en cours, dans l'espoir que le Yémen sera stable et dirigé par un régime ami. La partie n'est pas gagnée, puisque cet État est déchiré par des conflits entre sunnites et chiites, de même qu'entre clans favorables ou hostiles à la nébuleuse al-Qaïda, qui y maintient une de ses principales bases.

    On aimerait croire que la Syrie et le Yémen sont en train de vivre une transition vers la démocratie. Pour le moment, on a plutôt l'impression que des rituels démocratiques y effectuent un bref transit.
     
     
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