Les milices colombiennes - De la terreur des armes à celle de la poudre blanche
Les «Bacrim», bandes de narcotrafiquants composées d'anciens paramilitaires, sèment la terreur dans le département de Córdoba
Montería — Les yeux rougis par le manque de sommeil, Juvenal jette des regards inquiets alentour. Un ami qu'il a gardé au sein des Aguilas Negras, une des armées privées de trafiquants qui ensanglantent la Colombie, l'a averti: «Ils ont repéré où tu dormais, pars vite.» La gare routière de la ville de Montería, dans le nord-ouest du pays, où il a passé trois nuits après avoir déserté, n'est plus un endroit sûr. Son sac sur le dos, il sillonne la capitale du département caribéen du Córdoba pour quémander quelques billets, de quoi abandonner la région au plus vite. «Je sais quelles sont leurs routes de sortie de cocaïne, où sont leurs laboratoires, affirme-t-il. C'est pour ça qu'ils veulent me tuer.»
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