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    Selon Ben White, journaliste et militant - Hamas et Fatah se battent «pour le trône du palais d'un bantoustan»

    Ben White est un militant et journaliste indépendant britannique qui collabore, entre autres, à la chaîne de télévision qatarie al-Jazira. Le Devoir l'a rencontré jeudi alors qu'il effectuait une tournée de conférences au Canada.

    «Ce qui arrive en Syrie et dans d'autres pays de la région a eu un impact sur la politique intérieure palestinienne», croit Ben White. (Déjà, les chefs du mouvement islamique Hamas qui avaient leurs bureaux à Damas ont dû quitter la capitale syrienne.)

    «Il y a eu cette poignée de main entre Abbas [le président de l'Autorité palestinienne] et Khaled Mechal [chef du Hamas] sous la supervision du Qatar. Il reste à voir si cela mènera à un gouvernement d'union», poursuit M. White.

    «Si d'aventure le Hamas était reconnu comme le parti qui détient le pouvoir dans l'Autorité palestinienne, et qu'Israël acceptait de négocier avec lui et lui offrait un État dans les frontières de 1967, je ne suis pas sûr qu'il y aurait une réponse très différente de celle que donnerait Abbas. Le Hamas est devenu très pragmatique», ajoute-t-il.

    M. White vient de publier un deuxième ouvrage sur la question palestinienne intitulé Palestinians in Israel: Segregation, Discrimination and Democracy, dans lequel il dénonce ce qu'il considère comme la discrimination, notamment en matière de logement, d'emploi et d'éducation, exercée par l'État d'Israël contre sa minorité arabe.

    Le journaliste, qui dit s'être intéressé à la cause palestinienne quand il a vu l'inégalité des forces en présence au début de la seconde intifada, en 2000, considère par ailleurs que la demande d'admission de la Palestine à l'ONU faite par le président de l'AP était une erreur. «À mon avis c'était un geste désespéré par des gens dont le mandat de parler au nom des Palestiniens est douteux. Et que peuvent-ils réaliser, sinon un État qui sacrifierait une bonne partie des droits des Palestiniens? Malheureusement c'est une élite dont les intérêts sont liés au maintien du statu quo qui fait la médiation entre le peuple palestinien et l'occupant. De plus en plus, la rivalité entre le Hamas et le Fatah ressemble à une querelle pour savoir qui s'asseoira sur le trône dans le palais du bantoustan plutôt que pour savoir lequel peut mettre en avant une vision positive et créative de la libération nationale.»

    Pour Ben White, «la solution la plus viable et la plus souhaitable» serait de créer un seul État sur le territoire qui comprend l'État d'Israël, Gaza et la Cisjordanie. «La Palestine n'aurait jamais dû être partitionnée», dit-il en soutenant qu'il s'agit d'«une vision optimiste».

    La thèse d'un seul État est prônée par nombre de Palestiniens mais se heurte à une opposition presque unanime du coté des Israéliens, qui tiennent au caractère juif de l'État qu'ils ont fondé en 1948. Ben White croit que les bouleversements dans la région, qui risquent de rendre Israël plus isolé, pourraient faire bouger l'opinion publique dans cet État.

    «La solution des deux États est-elle plus réaliste, ne serait-ce que du point de vue de l'eau, pour laquelle Israël dépend en bonne partie des réserves situées en Cisjordanie?» demande-t-il.












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