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Syrie: nouvelles pressions diplomatiques sur Damas

L'armée syrienne a poursuivi son offensive à Homs

Beyrouth — L’armée syrienne a poursuivi aujourd'hui son offensive à Homs alors que le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a exhorté le régime de Bachar al-Assad à mettre en oeuvre des réformes lors d’un entretien avec le président syrien à Damas.

Trois jours après le veto de la Chine et de la Russie à un projet de résolution de l’ONU condamnant la répression en Syrie, la pression diplomatique occidentale et arabe s’est intensifiée aujourd'hui. Comme la Grande-Bretagne la veille, la France, l’Italie et l’Espagne ont annoncé le rappel de leur ambassadeur respectif en sol syrien pour consultations.

Les six États du Conseil de coopération du Golfe (CCG), soit le Koweït, l’Arabie saoudite, Bahreïn, le Qatar, l’Oman et les Émirats arabes unis, ont été un peu plus loin en annonçant le retrait immédiat de leurs ambassadeurs et en demandant à Damas de rappeler ses diplomates en poste dans leurs capitales.

Hier, les États-Unis avaient déjà haussé le ton en fermant leur ambassade à Damas et en évacuant leur personnel diplomatique présent en Syrie.

En visite à Damas aujourd'hui, le chef de la diplomatie russe, qui était accompagné du directeur du Service des renseignements extérieurs Mikhaïl Fradkov, a demandé au dirigeant syrien d’amorcer les réformes nécessaires pour répondre aux demandes légitimes du peuple syrien, selon l’agence de presse russe ITAR-Tass.

M. Lavrov a également assuré que le fils de Hafez al-Assad était prêt à dialoguer avec l’opposition, sans toutefois donner d’indications concrètes.

Alliée de longue date du régime Assad, la Russie, tout comme la Chine, a usé samedi dernier de son droit de veto en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU pour bloquer l’adoption d’un projet de résolution appelant à une transition démocratique en Syrie et condamnant la répression.

En Turquie, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a qualifié aujourd'hui de «fiasco» le vote au Conseil de sécurité, ajoutant que son pays ne pouvait rester silencieux par rapport aux massacres en Syrie. «Nous allons lancer une nouvelle initiative avec des pays qui sont du côté du peuple syrien plutôt que de celui du régime», a-t-il déclaré sans plus de précision.

15 nouveaux morts


Sur le terrain, les violences se sont poursuivies, faisant au moins 15 morts, dont un garçon de 15 ans. Les forces syriennes ont continué leur offensive à Homs, bastion de la contestation dans le centre de la Syrie, où la répression a coûté la vie à plus de 200 personnes samedi.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), basé à Londres, les troupes gouvernementales tentaient de pénétrer dans trois quartiers de Homs, soit Baba Amr, Khaldiyeh et Bayada, et au moins neuf civils ont été tués par des tirs d’artillerie lors de cet assaut.

D’après un militant, des chars s’approchaient aujourd'hui de Baba Amr, qui est aux mains des rebelles. «Les tirs d’artillerie durent depuis des jours et le siège s’aggrave. Nous manquons de tout, notamment de vivres et de fournitures médicales», a-t-il précisé. «Les gens ici n’ont pas dormi depuis longtemps.»

Un garçon de 15 ans a été abattu par les forces de sécurité à Houleh, une ville de la province de Homs, a affirmé l’OSDH. Cette organisation et les Comités locaux de coordination ont également fait état de tirs à la mitrailleuse lourde à Zabadani, une cité contrôlée par l’opposition dans la banlieue de Damas, et révélé que cinq personnes avaient été tuées.

De son côté, l’agence de presse officielle SANA a rapporté que trois obus de mortier avaient frappé la raffinerie de Homs, imputant ces tirs à des «groupes terroristes armés». Elle n’a pas précisé si les obus avaient endommagé l’installation. SANA a également affirmé que des groupes armés avaient attaqué mardi plusieurs barrages des forces de sécurité à Homs.

La répression du soulèvement a fait plus de 5 400 morts depuis la mi-mars 2011, a estimé l’ONU début janvier. Des centaines d’autres Syriens auraient perdu la vie depuis.
 
 
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  • Delphine Noreau - Inscrit
    7 février 2012 15 h 35
    Exhorté
    Quel mot qui permet d'acheter un peu plus de temps pour poursuivre la boucherie
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  • Leproff - Inscrit
    7 février 2012 18 h 15
    La confusion totale
    Cette guerre civile, puisque c'en est une maintenant, qui oppose le gouvernement en place et des rebelles à ce même gouvernement, me fait pensé au carnage qui frappa la Bosnie en 1992, et qui opposait le gouvernement bosniaque et les rebelles serbes. À un moment donné, on ne sait plus qui tirait sur qui, et chaque camp se lançait la balle.

    En Syrie, la propagande court les rues, et on ne sait plus qui tire sur qui.
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