Syrie - Le régime al-Assad intensifie la terreur
Les États-Unis ferment leur ambassade à Damas
Photo : Agence Reuters
Des partisans de l’armée syrienne libre chantaient des slogans dans un quartier du nord de Damas, le 4 février, après des attaques menées par le régime dans la ville de Homs.
Les États-Unis ont fermé hier leur ambassade à Damas, mettant un peu de pression sur le régime syrien, qui intensifie sa campagne de terreur à Homs et dans d'autres villes, après avoir constaté l'incapacité du Conseil de sécurité à sévir contre lui, samedi.
Les bombardements et les tirs de roquettes se poursuivaient hier dans cette ville de l'ouest de la Syrie qui est l'un des principaux fiefs de l'opposition. Des sources proches de l'opposition ont estimé que 50 personnes avaient péri pendant la journée d'hier à Homs, et au moins une vingtaine d'autres ailleurs en Syrie. Depuis vendredi soir, le bilan des violences s'élève à plusieurs centaines de morts, d'après ces mêmes sources.
«Le régime se comporte comme s'il était à l'abri d'une intervention internationale et qu'il avait les mains libres pour faire usage de la violence contre le peuple», a déclaré à l'agence Reuters Catherine al-Talli, membre du Conseil national syrien, le principal regroupement d'opposants.
Le quotidien britannique The Guardian, qui a un reporter à Homs, a décrit des scènes de destruction et de désolation dans cette ville assiégée par les troupes loyalistes. Les habitants y parlent des pires journées depuis le début du soulèvement, il y a près d'un an.
La télévision syrienne a nié que l'armée ait procédé à des bombardements. Le régime accuse en fait les membres de «l'Armée libre», qui sont des déserteurs de l'armée régulière, et d'autres opposants ayant pris les armes, d'être responsables de la violence. L'Agence officielle SANA parlait surtout hier de victimes dans les rangs des forces de sécurité.
C'est dans ce contexte que le chef de la diplomatie russe, Sergei Lavrov, se rend aujourd'hui à Damas en compagnie du chef du renseignement étranger, Mikhaïl Fradkov, pour rencontrer le président Bachar al-Assad.
«Nous espérons que cette rencontre aidera à amorcer un dialogue entre les différents camps en Syrie», a déclaré hier un porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, ajoutant que les moyens politiques constituaient «la seule façon» de résoudre la crise.
La Russie, qui vend des armes à la Syrie et qui dispose en retour d'une base navale en Méditerranée, a usé de son droit de veto au Conseil de sécurité samedi après que Sergei Lavrov eut passé une partie de la semaine dernière à chercher un compromis avec son homologue américaine, Hillary Clinton.
Le ministre Lavrov a répété que son pays n'approuverait jamais une résolution dans laquelle il verrait un prélude à une intervention étrangère ou encore un texte qui imposerait une solution toute faite. Il a ajouté que certaines réactions au vote de samedi à l'ONU lui paraissaient «à la limite de l'hystérie».
Officiellement, c'est pour des raisons de sécurité que les États-Unis ont fermé leur ambassade à Damas, le département d'État affirmant que le régime en place n'avait pas pris en considération les demandes de protection formulées par les missions diplomatiques étrangères.
Ottawa a décidé de garder ouverte l'ambassade du Canada, dont l'opposition officielle demandait la fermeture. La porte-parole néodémocrate en matière d'Affaires étrangères, Hélène Laverdière, avait soutenu que le rappel de l'ambassadeur canadien enverrait un message fort au président al-Assad. Londres a de son côté rappelé pour consultations son ambassadeur, de même que Bruxelles.
Le secrétaire général de la Ligue arabe, dont le plan de sortie de crise avait inspiré le projet de résolution présenté au Conseil de sécurité, a affirmé dans un communiqué que l'escalade de la violence réunissait les «conditions d'une dérive vers la guerre civile».
S'ils ont sans doute semé le désespoir chez de nombreux Syriens, les vetos russe et chinois au dernier projet de résolution sur la Syrie ont été très mal reçus en Occident, où le printemps arabe a trouvé des échos favorables et où un certain consensus s'est dégagé sur la nécessité de se montrer ferme à l'égard de Bachar al-Assad et de condamner clairement son action.
Obama exclut une intervention étrangère
Dans un entretien à la chaîne NBC diffusé hier, le président américain, Barack Obama, a de nouveau condamné le régime de Damas, mais en écartant l'hypothèse d'une intervention étrangère armée. Le chef de la Maison-Blanche a estimé qu'une solution négociée restait possible et il a défendu l'attitude de son administration depuis le début de la crise en Syrie. Washington, a-t-il expliqué, réclame «inlassablement» la fin du régime al-Assad. «Il est important de résoudre [la crise] sans recourir à une intervention militaire extérieure et je pense que c'est possible», a déclaré le président américain.
«Il me semble que de plus en plus de Syriens reconnaissent qu'il est temps de tourner la page et le régime al-Assad doit sentir que l'étau se resserre. La question n'est pas de savoir si, mais quand» il tombera, a expliqué Barack Obama.
Ce dernier a dit qu'il ne favorisait pas un scénario à la libyenne, en partie parce qu'il n'y a pas de consensus parmi les grandes puissances. «J'ai dit à l'époque [...] que nous prendrions nos décisions au cas par cas selon le degré d'unité au sein de la communauté internationale et selon nos capacités.»
Hier, l'ambassadrice américaine aux Nations unies, Susan Rice, a affirmé que la Russie et la Chine risquaient d'être aussi isolées que l'est le régime al-Assad. Elle a dit croire que Moscou et Pékin finiraient par regretter leur vote de samedi au Conseil de sécurité. Dimanche, la secrétaire d'État, Hillary Clinton, avait qualifié ce vote de «mascarade» et promis de nouveaux efforts pour faire entendre raison à Bachar al-Assad, appelant même à la formation d'un groupe de pays «amis d'une Syrie démocratique».
***
Avec l'Agence France-Presse et La Presse canadienne
Les bombardements et les tirs de roquettes se poursuivaient hier dans cette ville de l'ouest de la Syrie qui est l'un des principaux fiefs de l'opposition. Des sources proches de l'opposition ont estimé que 50 personnes avaient péri pendant la journée d'hier à Homs, et au moins une vingtaine d'autres ailleurs en Syrie. Depuis vendredi soir, le bilan des violences s'élève à plusieurs centaines de morts, d'après ces mêmes sources.
«Le régime se comporte comme s'il était à l'abri d'une intervention internationale et qu'il avait les mains libres pour faire usage de la violence contre le peuple», a déclaré à l'agence Reuters Catherine al-Talli, membre du Conseil national syrien, le principal regroupement d'opposants.
Le quotidien britannique The Guardian, qui a un reporter à Homs, a décrit des scènes de destruction et de désolation dans cette ville assiégée par les troupes loyalistes. Les habitants y parlent des pires journées depuis le début du soulèvement, il y a près d'un an.
La télévision syrienne a nié que l'armée ait procédé à des bombardements. Le régime accuse en fait les membres de «l'Armée libre», qui sont des déserteurs de l'armée régulière, et d'autres opposants ayant pris les armes, d'être responsables de la violence. L'Agence officielle SANA parlait surtout hier de victimes dans les rangs des forces de sécurité.
C'est dans ce contexte que le chef de la diplomatie russe, Sergei Lavrov, se rend aujourd'hui à Damas en compagnie du chef du renseignement étranger, Mikhaïl Fradkov, pour rencontrer le président Bachar al-Assad.
«Nous espérons que cette rencontre aidera à amorcer un dialogue entre les différents camps en Syrie», a déclaré hier un porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, ajoutant que les moyens politiques constituaient «la seule façon» de résoudre la crise.
La Russie, qui vend des armes à la Syrie et qui dispose en retour d'une base navale en Méditerranée, a usé de son droit de veto au Conseil de sécurité samedi après que Sergei Lavrov eut passé une partie de la semaine dernière à chercher un compromis avec son homologue américaine, Hillary Clinton.
Le ministre Lavrov a répété que son pays n'approuverait jamais une résolution dans laquelle il verrait un prélude à une intervention étrangère ou encore un texte qui imposerait une solution toute faite. Il a ajouté que certaines réactions au vote de samedi à l'ONU lui paraissaient «à la limite de l'hystérie».
Officiellement, c'est pour des raisons de sécurité que les États-Unis ont fermé leur ambassade à Damas, le département d'État affirmant que le régime en place n'avait pas pris en considération les demandes de protection formulées par les missions diplomatiques étrangères.
Ottawa a décidé de garder ouverte l'ambassade du Canada, dont l'opposition officielle demandait la fermeture. La porte-parole néodémocrate en matière d'Affaires étrangères, Hélène Laverdière, avait soutenu que le rappel de l'ambassadeur canadien enverrait un message fort au président al-Assad. Londres a de son côté rappelé pour consultations son ambassadeur, de même que Bruxelles.
Le secrétaire général de la Ligue arabe, dont le plan de sortie de crise avait inspiré le projet de résolution présenté au Conseil de sécurité, a affirmé dans un communiqué que l'escalade de la violence réunissait les «conditions d'une dérive vers la guerre civile».
S'ils ont sans doute semé le désespoir chez de nombreux Syriens, les vetos russe et chinois au dernier projet de résolution sur la Syrie ont été très mal reçus en Occident, où le printemps arabe a trouvé des échos favorables et où un certain consensus s'est dégagé sur la nécessité de se montrer ferme à l'égard de Bachar al-Assad et de condamner clairement son action.
Obama exclut une intervention étrangère
Dans un entretien à la chaîne NBC diffusé hier, le président américain, Barack Obama, a de nouveau condamné le régime de Damas, mais en écartant l'hypothèse d'une intervention étrangère armée. Le chef de la Maison-Blanche a estimé qu'une solution négociée restait possible et il a défendu l'attitude de son administration depuis le début de la crise en Syrie. Washington, a-t-il expliqué, réclame «inlassablement» la fin du régime al-Assad. «Il est important de résoudre [la crise] sans recourir à une intervention militaire extérieure et je pense que c'est possible», a déclaré le président américain.
«Il me semble que de plus en plus de Syriens reconnaissent qu'il est temps de tourner la page et le régime al-Assad doit sentir que l'étau se resserre. La question n'est pas de savoir si, mais quand» il tombera, a expliqué Barack Obama.
Ce dernier a dit qu'il ne favorisait pas un scénario à la libyenne, en partie parce qu'il n'y a pas de consensus parmi les grandes puissances. «J'ai dit à l'époque [...] que nous prendrions nos décisions au cas par cas selon le degré d'unité au sein de la communauté internationale et selon nos capacités.»
Hier, l'ambassadrice américaine aux Nations unies, Susan Rice, a affirmé que la Russie et la Chine risquaient d'être aussi isolées que l'est le régime al-Assad. Elle a dit croire que Moscou et Pékin finiraient par regretter leur vote de samedi au Conseil de sécurité. Dimanche, la secrétaire d'État, Hillary Clinton, avait qualifié ce vote de «mascarade» et promis de nouveaux efforts pour faire entendre raison à Bachar al-Assad, appelant même à la formation d'un groupe de pays «amis d'une Syrie démocratique».
***
Avec l'Agence France-Presse et La Presse canadienne
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

