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Vague de pillages et d'attaques à main armée et au moins 87 homicides - Brésil : l'armée encercle le parlement de Bahia

Des policiers militaires en grève occupent le bâtiment

Des soldats brésiliens tentaient hier d’empêcher des policiers en grève d’investir le parlement de l’État de Bahia dans le nord-ouest du pays.<br />
Photo : Lunae Parracho
Des soldats brésiliens tentaient hier d’empêcher des policiers en grève d’investir le parlement de l’État de Bahia dans le nord-ouest du pays.
Salvador de Bahia — Plus de 1000 soldats ont encerclé hier le siège du parlement de Salvador de Bahia (nord-est du Brésil) où se sont retranchés plusieurs centaines de policiers militaires en grève avec leurs familles et qui promettent de résister.

«Nous devons isoler tous les accès au parlement pour que les négociations [entre grévistes et autorités] se déroulent dans un climat de paix pour pouvoir aboutir. Nous ne travaillons pas dans l'optique d'avoir recours à la force et nous resterons le temps qu'il faudra», a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Marcio Cunha, porte-parole de l'armée.

Les policiers militaires (PM, chargés du maintien de l'ordre au Brésil), ont occupé le parlement régional il y a six jours au début d'un mouvement de revendication salariale. Selon un gréviste, joint par téléphone, il y avait environ 200 policiers et une centaine de membres de leurs familles dans le bâtiment.

Cette grève a entraîné une vague de pillages et d'attaques à main armée et au moins 87 homicides, la plupart à Salvador, la capitale de l'État, selon le secrétariat à la Sécurité, à deux semaines du carnaval qui attire des dizaines de milliers de touristes. La presse avance le chiffre de 93 morts.

Le policier Ricardo Amando de Quirino, retranché dans le parlement, a déclaré par téléphone que les militaires «pourraient envahir cette nuit» le parlement et a prédit des morts. «S'ils ont des armes, nous en avons aussi. Nous ne voulons pas les utiliser, mais nous sommes des policiers et on ne va pas se retirer», a-t-il prévenu. Le dirigeant de la grève, Marcos Prisco, a estimé que les autorités allaient négocier. «Je crois que cela va se terminer en négociation», a dit le policier rebelle, 42 ans, dans la police depuis 1997.

La justice a déclaré la grève illégale et a ordonné son arrestation ainsi que celle de 11 autres dirigeants du mouvement de contestation. Un policier a déjà été arrêté dimanche pour «incitation à la violence, formation de bandes organisées et vol de biens publics», a indiqué le gouvernement de l'État de Bahia.

3500 militaires de l'armée de terre, de la Marine et de la Force nationale de sécurité ont été envoyés depuis vendredi dans cet État pour rétablir la sécurité. Quarante hommes du Commando des opérations tactiques (COT), un groupe de policiers d'élite, sont également arrivés dimanche soir à Salvador, l'une des 12 villes hôtes de la Coupe du monde de football 2014.

Les troupes fédérales poursuivaient hier leur déploiement en des points stratégiques de Salvador et effectuaient des contrôles sur la voie publique et des patrouilles sur les plages.

La grève est suivie, selon les autorités, par un tiers des 31 000 policiers de l'État.
 
 
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