Veto à l'ONU sur la question syrienne - Moscou et Pékin sèment la consternation
Photo : Agence Reuters Majed Jaber
Les violences en Syrie ne montrent aucun signe d'essoufflement.
Le veto sino-russe à l'ONU contre une résolution condamnant la répression en Syrie a provoqué hier l'indignation dans le monde arabe, en Occident et au sein de l'opposition syrienne, les violences dans le pays ne montrant aucun signe d'essoufflement.
Les combats et la répression ont fait plus d'une centaine de morts en deux jours, après les bombardements d'une violence inédite dans la nuit de vendredi à samedi à Homs, où au moins 230 personnes ont été tuées, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Après l'échec des efforts diplomatiques à l'ONU, les États-Unis ont annoncé leur volonté de renforcer les sanctions contre Damas afin d'assécher les sources de financement et les livraisons d'armes du régime du président Bachar el-Assad. «Nous démasquerons ceux qui financent encore le régime et envoient des armes qui sont utilisées contre des Syriens sans défense, dont des femmes et des enfants», a prévenu la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, qualifiant le vote à l'ONU de «parodie».
À Paris, son homologue français, Alain Juppé, a assuré que l'Union européenne n'allait pas «rester les bras croisés» après cet échec diplomatique. «Nous allons aider l'opposition syrienne à se structurer, à s'organiser, l'Europe va encore durcir les sanctions qui sont imposées au régime syrien puis nous allons essayer de faire monter cette pression internationale, et il y a bien un moment où le régime sera obligé de constater qu'il est totalement isolé et ne peut pas continuer», a-t-il insisté.
La Russie, alliée de Damas qui a opposé samedi avec la Chine un veto à une résolution du Conseil de sécurité condamnant les violences en Syrie, a assuré avoir «l'intention de faire tout son possible pour une stabilisation rapide» de la situation en Syrie. Moscou a confirmé une visite de son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, demain à Damas pour évoquer la mise en place rapide de «réformes démocratiques indispensables».
L'Organisation de la coopération islamique (OCI), qui regroupe 57 membres dont la Syrie, a regretté le double veto et mis en garde contre le risque de guerre civile. Pour le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité des courants de l'opposition, il donne au régime un «permis de tuer [...] dans l'impunité».
Sur le terrain, les violences ont encore fait au moins 56 morts, hier, dont une moitié de civils, a annoncé l'OSDH. Au total, 23 des 28 victimes civiles ont été tuées à Homs, ville rebelle encerclée et régulièrement visée depuis des mois par les forces du régime, où les habitants redoutaient un nouveau massacre dans la région après celui de la nuit de vendredi à samedi, selon des militants joints par l'AFP. «Nous avions l'habitude des obus de mortier, mais aujourd'hui, ils utilisent des lance-roquettes», a déclaré Omar Chaker, un militant de Homs. Samedi, 48 personnes avaient péri, dont une moitié de civils, en plus du bombardement d'une violence sans précédent dans la nuit. Le régime a démenti tout raid et accusé l'opposition d'avoir fomenté cette «attaque terroriste» pour influencer l'ONU.
Droit de tuer
En dépit de ce massacre qui a suscité l'écoeurement des capitales occidentales et arabes, la Russie et la Chine ont opposé leur veto samedi au Conseil de sécurité de l'ONU à un projet de résolution. Le texte, approuvé par les 13 autres membres du Conseil, condamnait les «violations flagrantes» des droits de la personne par le régime syrien et appelait à une transition démocratique suivant le plan adopté par la la Ligue arabe le 22 janvier. C'est la deuxième fois que Moscou et Pékin empêchent le Conseil de sécurité de sortir de près de 11 mois de silence sur la Syrie, pendant lesquels la répression a fait au moins 6000 morts selon les militants.
Téhéran, grand allié de la Syrie dans la région, a salué une position «juste» permettant de contrer «l'instrumentalisation» du Conseil de sécurité par l'Occident «pour ses actions d'intimidation et ses charges en solitaire contre d'autres nations».
Mais Pékin et Moscou se sont en revanche attiré de vives critiques des pays arabes et occidentaux et de l'opposition syrienne. Le premier ministre du Qatar, Hamed ben Jassem al-Thani, a estimé que le double veto donnait «le droit de tuer» à M. Assad. Et le premier ministre tunisien a appelé la communauté internationale à rompre ses relations diplomatiques avec Damas. Le CNS a appelé «les pays arabes et amis à prendre toutes les mesures économiques et diplomatiques» contre les pays ayant bloqué le texte. Faisant écho à cet appel, les Frères musulmans jordaniens et syriens ont appelé à boycotter les produits russes et chinois. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a annoncé que l'organisation panarabe comptait poursuivre ses efforts avec le régime syrien et avec l'opposition pour mettre fin aux violences en Syrie afin d'éviter une intervention militaire étrangère.
De nombreux Syriens s'en sont pris à leurs ambassades à travers le monde pendant le week-end, en particulier au Caire, à Koweït, à Athènes, à Berlin, à Londres et à Canberra. D'autres ont aussi exprimé leur colère devant les ambassades de Russie, comme à Tripoli et à Beyrouth.
Les combats et la répression ont fait plus d'une centaine de morts en deux jours, après les bombardements d'une violence inédite dans la nuit de vendredi à samedi à Homs, où au moins 230 personnes ont été tuées, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Après l'échec des efforts diplomatiques à l'ONU, les États-Unis ont annoncé leur volonté de renforcer les sanctions contre Damas afin d'assécher les sources de financement et les livraisons d'armes du régime du président Bachar el-Assad. «Nous démasquerons ceux qui financent encore le régime et envoient des armes qui sont utilisées contre des Syriens sans défense, dont des femmes et des enfants», a prévenu la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, qualifiant le vote à l'ONU de «parodie».
À Paris, son homologue français, Alain Juppé, a assuré que l'Union européenne n'allait pas «rester les bras croisés» après cet échec diplomatique. «Nous allons aider l'opposition syrienne à se structurer, à s'organiser, l'Europe va encore durcir les sanctions qui sont imposées au régime syrien puis nous allons essayer de faire monter cette pression internationale, et il y a bien un moment où le régime sera obligé de constater qu'il est totalement isolé et ne peut pas continuer», a-t-il insisté.
La Russie, alliée de Damas qui a opposé samedi avec la Chine un veto à une résolution du Conseil de sécurité condamnant les violences en Syrie, a assuré avoir «l'intention de faire tout son possible pour une stabilisation rapide» de la situation en Syrie. Moscou a confirmé une visite de son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, demain à Damas pour évoquer la mise en place rapide de «réformes démocratiques indispensables».
L'Organisation de la coopération islamique (OCI), qui regroupe 57 membres dont la Syrie, a regretté le double veto et mis en garde contre le risque de guerre civile. Pour le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité des courants de l'opposition, il donne au régime un «permis de tuer [...] dans l'impunité».
Sur le terrain, les violences ont encore fait au moins 56 morts, hier, dont une moitié de civils, a annoncé l'OSDH. Au total, 23 des 28 victimes civiles ont été tuées à Homs, ville rebelle encerclée et régulièrement visée depuis des mois par les forces du régime, où les habitants redoutaient un nouveau massacre dans la région après celui de la nuit de vendredi à samedi, selon des militants joints par l'AFP. «Nous avions l'habitude des obus de mortier, mais aujourd'hui, ils utilisent des lance-roquettes», a déclaré Omar Chaker, un militant de Homs. Samedi, 48 personnes avaient péri, dont une moitié de civils, en plus du bombardement d'une violence sans précédent dans la nuit. Le régime a démenti tout raid et accusé l'opposition d'avoir fomenté cette «attaque terroriste» pour influencer l'ONU.
Droit de tuer
En dépit de ce massacre qui a suscité l'écoeurement des capitales occidentales et arabes, la Russie et la Chine ont opposé leur veto samedi au Conseil de sécurité de l'ONU à un projet de résolution. Le texte, approuvé par les 13 autres membres du Conseil, condamnait les «violations flagrantes» des droits de la personne par le régime syrien et appelait à une transition démocratique suivant le plan adopté par la la Ligue arabe le 22 janvier. C'est la deuxième fois que Moscou et Pékin empêchent le Conseil de sécurité de sortir de près de 11 mois de silence sur la Syrie, pendant lesquels la répression a fait au moins 6000 morts selon les militants.
Téhéran, grand allié de la Syrie dans la région, a salué une position «juste» permettant de contrer «l'instrumentalisation» du Conseil de sécurité par l'Occident «pour ses actions d'intimidation et ses charges en solitaire contre d'autres nations».
Mais Pékin et Moscou se sont en revanche attiré de vives critiques des pays arabes et occidentaux et de l'opposition syrienne. Le premier ministre du Qatar, Hamed ben Jassem al-Thani, a estimé que le double veto donnait «le droit de tuer» à M. Assad. Et le premier ministre tunisien a appelé la communauté internationale à rompre ses relations diplomatiques avec Damas. Le CNS a appelé «les pays arabes et amis à prendre toutes les mesures économiques et diplomatiques» contre les pays ayant bloqué le texte. Faisant écho à cet appel, les Frères musulmans jordaniens et syriens ont appelé à boycotter les produits russes et chinois. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a annoncé que l'organisation panarabe comptait poursuivre ses efforts avec le régime syrien et avec l'opposition pour mettre fin aux violences en Syrie afin d'éviter une intervention militaire étrangère.
De nombreux Syriens s'en sont pris à leurs ambassades à travers le monde pendant le week-end, en particulier au Caire, à Koweït, à Athènes, à Berlin, à Londres et à Canberra. D'autres ont aussi exprimé leur colère devant les ambassades de Russie, comme à Tripoli et à Beyrouth.
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