La répression continue en Syrie le jour anniversaire du massacre de Hama
Le Conseil de sécurité pourrait adopter une résolution aujourd'hui
Photo : Agence Reuters
Les manifestations étaient nombreuses, hier, dans la région de Damas.
Damas — Les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU se réuniront ce matin à New York pour voter sur un projet de résolution condamnant la répression en Syrie, où les troupes loyalistes ont tiré sur des manifestants et affronté les forces de l'opposition dans des violences ayant fait au moins 35 morts.
Des milliers de Syriens ont manifesté dans l'ensemble du pays, notamment à Damas, pour marquer le 30e anniversaire du massacre de Hama (centre), où les forces du régime de Bachar al-Assad ont tiré comme ailleurs pour disperser les manifestants.
«Hafez [al-Assad] est mort, Hama n'est pas morte. Bachar va mourir et la Syrie ne mourra pas», proclamaient des pancartes brandies par des manifestants à Damas, en référence à l'ex-président syrien, père de l'actuel chef de l'État, selon une vidéo mise en ligne par des militants.
«La politique de la punition collective ne portera pas ses fruits cette fois-ci», assurait une autre pancarte, alors que la mobilisation ne faiblit pas depuis le début de la révolte contre le régime en mars 2011.
Dans la province de Damas, mais aussi à Deraa et Daël (sud), à Idleb (nord-ouest), à Lattaquié (ouest) et à Hama même, les habitants sont descendus en masse pour manifester en mémoire des dizaines de milliers de personnes tuées en 1982 dans cette ville lors de la répression d'un soulèvement des Frères musulmans.
Partout, des tirs
De nombreuses personnes vêtues de noir chantaient et dansaient, criant à la gloire de l'Armée syrienne libre (ASL), composée de déserteurs qui luttent contre le régime. Les manifestants ont subi partout les tirs des forces de sécurité, selon des militants.
Seize civils ont été tués hier, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Dans la province de Damas, cinq civils sont morts à Daraya et deux à Douma. Près de la capitale, deux civils ont été tués à l'aube dans la localité de Rankous, toujours assiégée par l'armée.
Dans la région d'Idleb (nord-ouest), deux enfants ont été tués par l'explosion d'un engin, et un jeune homme a été tué par balle quand les forces de sécurité ont pris d'assaut un village. À Alep (nord), trois civils ont été tués, et un à Hama.
«Des manifestations massives ont eu lieu dans la capitale, dont l'une a rassemblé 1500 personnes», a indiqué à l'AFP Oussama al-Chami, porte-parole des militants sur le terrain pour Damas et sa province. «Les manifestants ont été la cible de tirs des forces de sécurité présentes en masse à travers la capitale», où elles avaient encerclé toutes les mosquées, a-t-il ajouté.
Ces nouvelles manifestations surviennent alors que la communauté internationale parvient difficilement à s'unir pour mettre fin à la répression, qui a fait au moins 6000 morts depuis plus de dix mois, selon des militants.
Le Conseil de sécurité a été incapable jusqu'ici d'adopter une résolution sur la Syrie. Une précédente résolution avait été bloquée en octobre par un veto russe et chinois.
D'après le texte qui sera soumis au vote ce matin, et dont l'AFP a obtenu copie, le Conseil de sécurité «soutient pleinement [...] la décision de la Ligue arabe du 22 janvier 2012 de faciliter une transition politique conduite par les Syriens eux-mêmes et menant à un système politique démocratique et pluraliste».
Mais les détails de cette transition —- notamment le transfert des pouvoirs du président Assad à son vice-président — n'apparaissent pas, à la demande de Moscou qui ne voulait pas que le Conseil préjuge de l'issue de la crise en demandant a priori que le chef de l'État syrien cède le pouvoir.
Autres concessions à Moscou dans le texte: il n'y a pas de référence aux sanctions économiques imposées par la Ligue arabe à la Syrie en novembre dernier, ni d'inquiètude exprimée sur les ventes d'armes à Damas que la Russie souhaite poursuivre. Enfin, le texte précise que le Conseil veut «résoudre la crise politique actuelle en Syrie de manière pacifique», afin de dissiper toute analogie avec l'affaire libyenne. Le Conseil reste saisi de ce dossier et va revoir la situation dans les trois semaines après l'adoption de la résolution, précise le texte.
Parallèlement à la mobilisation internationale, les combats se poursuivent en Syrie et l'ASL, bien que largement inférieure en équipements et en effectifs, semble marquer des points face à l'armée régulière.
«Quatorze soldats de l'armée régulière dont un colonel ont été tués dans des affrontements avec des groupes de déserteurs», dans les provinces de Deraa (sud), de Homs (centre) et de Deir Ezzor (est), selon l'OSDH.
Cinq déserteurs ont également péri dans les provinces de Damas et de Homs.
Intensification
Ces affrontements se sont intensifiés ces dernières semaines, donnant à la crise l'allure d'un conflit armé. Selon un porte-parole de l'ASL, l'armée régulière est «proche de l'effondrement».
«Même si l'armée a des capacités militaires énormes, les soldats n'ont plus la volonté de combattre», a affirmé au téléphone le commandant Maher Nouaimi, basé en Turquie, précisant qu'au «cours des dernières 24 heures, de nombreuses désertions ont été enregistrées».
Selon Human Rights Watch, les forces gouvernementales se livrent à des tortures, y compris sur des enfants âgés d'à peine 13 ans, qui ont rapporté avoir été «brutalement battus et électrocutés», ou encore brûlés avec des cigarettes.
Des milliers de Syriens ont manifesté dans l'ensemble du pays, notamment à Damas, pour marquer le 30e anniversaire du massacre de Hama (centre), où les forces du régime de Bachar al-Assad ont tiré comme ailleurs pour disperser les manifestants.
«Hafez [al-Assad] est mort, Hama n'est pas morte. Bachar va mourir et la Syrie ne mourra pas», proclamaient des pancartes brandies par des manifestants à Damas, en référence à l'ex-président syrien, père de l'actuel chef de l'État, selon une vidéo mise en ligne par des militants.
«La politique de la punition collective ne portera pas ses fruits cette fois-ci», assurait une autre pancarte, alors que la mobilisation ne faiblit pas depuis le début de la révolte contre le régime en mars 2011.
Dans la province de Damas, mais aussi à Deraa et Daël (sud), à Idleb (nord-ouest), à Lattaquié (ouest) et à Hama même, les habitants sont descendus en masse pour manifester en mémoire des dizaines de milliers de personnes tuées en 1982 dans cette ville lors de la répression d'un soulèvement des Frères musulmans.
Partout, des tirs
De nombreuses personnes vêtues de noir chantaient et dansaient, criant à la gloire de l'Armée syrienne libre (ASL), composée de déserteurs qui luttent contre le régime. Les manifestants ont subi partout les tirs des forces de sécurité, selon des militants.
Seize civils ont été tués hier, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Dans la province de Damas, cinq civils sont morts à Daraya et deux à Douma. Près de la capitale, deux civils ont été tués à l'aube dans la localité de Rankous, toujours assiégée par l'armée.
Dans la région d'Idleb (nord-ouest), deux enfants ont été tués par l'explosion d'un engin, et un jeune homme a été tué par balle quand les forces de sécurité ont pris d'assaut un village. À Alep (nord), trois civils ont été tués, et un à Hama.
«Des manifestations massives ont eu lieu dans la capitale, dont l'une a rassemblé 1500 personnes», a indiqué à l'AFP Oussama al-Chami, porte-parole des militants sur le terrain pour Damas et sa province. «Les manifestants ont été la cible de tirs des forces de sécurité présentes en masse à travers la capitale», où elles avaient encerclé toutes les mosquées, a-t-il ajouté.
Ces nouvelles manifestations surviennent alors que la communauté internationale parvient difficilement à s'unir pour mettre fin à la répression, qui a fait au moins 6000 morts depuis plus de dix mois, selon des militants.
Le Conseil de sécurité a été incapable jusqu'ici d'adopter une résolution sur la Syrie. Une précédente résolution avait été bloquée en octobre par un veto russe et chinois.
D'après le texte qui sera soumis au vote ce matin, et dont l'AFP a obtenu copie, le Conseil de sécurité «soutient pleinement [...] la décision de la Ligue arabe du 22 janvier 2012 de faciliter une transition politique conduite par les Syriens eux-mêmes et menant à un système politique démocratique et pluraliste».
Mais les détails de cette transition —- notamment le transfert des pouvoirs du président Assad à son vice-président — n'apparaissent pas, à la demande de Moscou qui ne voulait pas que le Conseil préjuge de l'issue de la crise en demandant a priori que le chef de l'État syrien cède le pouvoir.
Autres concessions à Moscou dans le texte: il n'y a pas de référence aux sanctions économiques imposées par la Ligue arabe à la Syrie en novembre dernier, ni d'inquiètude exprimée sur les ventes d'armes à Damas que la Russie souhaite poursuivre. Enfin, le texte précise que le Conseil veut «résoudre la crise politique actuelle en Syrie de manière pacifique», afin de dissiper toute analogie avec l'affaire libyenne. Le Conseil reste saisi de ce dossier et va revoir la situation dans les trois semaines après l'adoption de la résolution, précise le texte.
Parallèlement à la mobilisation internationale, les combats se poursuivent en Syrie et l'ASL, bien que largement inférieure en équipements et en effectifs, semble marquer des points face à l'armée régulière.
«Quatorze soldats de l'armée régulière dont un colonel ont été tués dans des affrontements avec des groupes de déserteurs», dans les provinces de Deraa (sud), de Homs (centre) et de Deir Ezzor (est), selon l'OSDH.
Cinq déserteurs ont également péri dans les provinces de Damas et de Homs.
Intensification
Ces affrontements se sont intensifiés ces dernières semaines, donnant à la crise l'allure d'un conflit armé. Selon un porte-parole de l'ASL, l'armée régulière est «proche de l'effondrement».
«Même si l'armée a des capacités militaires énormes, les soldats n'ont plus la volonté de combattre», a affirmé au téléphone le commandant Maher Nouaimi, basé en Turquie, précisant qu'au «cours des dernières 24 heures, de nombreuses désertions ont été enregistrées».
Selon Human Rights Watch, les forces gouvernementales se livrent à des tortures, y compris sur des enfants âgés d'à peine 13 ans, qui ont rapporté avoir été «brutalement battus et électrocutés», ou encore brûlés avec des cigarettes.
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