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Le CECI au Népal - L'agriculture de survie se transforme en mode commerce

«Nous formons les organisations locales pour qu'elles soient plus en mesure d'écouter les besoins de la population»

Lorsque le CECI a permis de créer un système d’irrigation dans les montagnes de l’Ouest du Népal, l’impact a été visible sur différents volets de la vie des habitants de ces régions éloignées. <br />
Photo : Source: CECI Lorsque le CECI a permis de créer un système d’irrigation dans les montagnes de l’Ouest du Népal, l’impact a été visible sur différents volets de la vie des habitants de ces régions éloignées.
Au Népal, plus de la moitié de la population vit avec moins de 1,25 $ par jour. La population des régions rurales a besoin de soutien pour améliorer ses conditions économiques et sa sécurité alimentaire. C'est ce sur quoi travaille le Centre d'étude et de coopération internationale (CECI), grâce au financement de l'Agence canadienne de développement international (ACDI). Le projet a comme nom Sahakarya, «travailler ensemble» en népali.

Aujourd'hui, de nombreux agriculteurs des montagnes de l'Ouest et de l'extrême Ouest du Népal ont un système d'irrigation. En plus des céréales, ils peuvent donc cultiver des légumes et des herbes médicinales. De plus, ils font trois récoltes par année plutôt qu'une. Les Dalits, la population exclue du système de castes népalais, n'ont pas de terres. Plusieurs élèvent donc maintenant des cochons et des a-beilles pour le miel.

Voilà quelques exemples de ce qui a changé depuis que le CECI est actif dans cette région du Népal. Plus de 55 000 ménages ont bénéficié du projet à travers 1300 organismes communautaires issus de près de 900 collectivités.

«Les régions où nous sommes actifs sont très éloignées de la capitale, Katmandou. Elles sont très pauvres. Le projet, démarré en 2003, est donc composé de plusieurs volets intégrés pour avoir un véritable impact», indique Dilip Chinnakonda, chargé de projets Asie, au CECI.

Parce que pour améliorer les conditions économiques d'une population, il faut d'abord s'assurer qu'elle a accès à l'eau potable et qu'elle mange à sa faim.

Améliorer la production

Lorsque le CECI a permis de créer un système d'irrigation dans les montagnes de l'Ouest du Népal, l'impact a été visible sur différents volets de la vie des habitants de ces régions éloignées.

«Le fait de cultiver et de manger des légumes a bien sûr amélioré la nutrition de ces populations. Ensuite, comme ils ne sont plus dépendants de la pluie pour cultiver, ils ont trois récoltes par année au lieu d'une et ils cultivent plus de terres. Ainsi, ils ont beaucoup plus de produits à manger et ils peuvent même en vendre», explique M. Chinnakonda.

Du travail est également fait dans le domaine des herbes médicinales. «Plusieurs fermiers collectent des herbes médicinales pour les vendre à des commerçants puisqu'elles sont très recherchées sur le marché. Des équipes ont donc montré aux fermiers des techniques de cueillette durable pour la forêt et comment cueillir seulement des herbes de bonne qualité. De plus, les fermiers cultivent maintenant plusieurs de ces herbes sur leurs terres pour réduire leur dépendance à la forêt», explique Dilip Chinnakonda.

Le CECI a aussi travaillé avec les fermiers pour améliorer la qualité du lait produit par les vaches. «Nous avons entre autres aidé à améliorer l'alimentation des vaches, notamment grâce à l'irrigation. Avant, ces fermiers avaient généralement seulement une vache pour leur propre consommation. Maintenant, ils ont souvent deux ou trois vaches sur leurs petites terres et ils vendent le surplus de lait. Pour faciliter les choses, des petites coopératives de produits laitiers ont aussi été formées», indique M. Chinnakonda.

Sur son site Internet, le CECI publie un témoignage du fermier Bikha Nepali de Jumla. Ses revenus ont augmenté de plus de 62 % grâce à Sahakarya et il engage maintenant des gens pour travailler avec lui sur sa ferme.

Améliorer la vie des moins privilégiés

Le CECI tente toujours d'aider particulièrement les grou-pes désavantagés dans la société népalaise. Entre autres, plusieurs actions ont permis d'alléger le fardeau des femmes.

«Avant, lorsqu'il fallait aller vendre des produits au marché, les femmes devaient marcher pendant une journée pour aller porter leur marchandise. Nous avons donc mis sur pied un centre de collecte à proximité pour recueillir les provisions des différents fermiers du village. Nous avons aussi fabriqué une plateforme élévatrice pour charger et décharger les camions ou les autobus qui transportent la marchandise par la suite jusqu'au marché», explique le chargé de projets Asie, au CECI.

Ainsi, le CECI n'arrive pas dans les pays avec des solutions toutes faites. Par son approche participative, il travaille avec des organisations locales pour voir quels sont les besoins de la population. «Nous formons les organisations locales pour qu'elles soient plus en mesure d'écouter les besoins de la population. Leurs capacités sont donc renforcées et lorsque nous quitterons la communauté, elles pourront continuer», explique M. Chinnakonda.

Le CECI est aussi en contact avec les gouvernements locaux et accompagne la population lorsqu'il y a des fonds et des permis à aller chercher. «Le gouvernement est très content de voir que des projets si peu dispendieux peuvent avoir de si bons résultats», précise-t-il.

Le CECI multiplie également les efforts pour améliorer la situation économique des Dalits. Ces gens, exclus du système de castes, ne possèdent pas de terres, donc le CECI a travaillé avec eux sur des solutions différentes.

«Ils peuvent maintenant élever des cochons, puis les vendre. Ils peuvent aussi avoir des abeilles et vendre le miel. Tout ça, sans avoir de terre. Nous les avons aidés, avec les techniques à apprendre, puis avec la mise en marché», explique M. Chinnakonda.

Ce qu'il reste à faire

Les Népalis qui bénéficient des projets du CECI arrivent donc maintenant à vendre des produits au marché. «Maintenant, nous aimerions que ces fermiers développent une meilleure efficience, indique M. Chinnakonda. Nous aimerions qu'ils soient mieux outillés pour aller sur les marchés régionaux et internationaux. Seulement traverser la frontière indienne, c'est compliqué. Il y a différents enjeux.»

Le CECI souhaite donc travailler prochainement sur des questions, par exemple, d'amélioration de la qualité des produits et d'emballage.

«Si on augmente la qualité des produits et qu'on a des emballages qui empêchent les produits de s'abîmer, les fermiers pourront vendre leurs produits plus cher», précise M. Chinnakonda.

Pour y arriver, le CECI déposera prochainement une nouvelle demande de financement à l'ACDI. «Nous espérons, précise-t-il, avoir un prolongement du financement pour ce projet pour une période de cinq à sept ans.»

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Collaboratrice du Devoir
 
 
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