Afghanistan - Les États-Unis mettront fin aux combats dès 2013
«Beaucoup d'Afghans se préparent à un éventuel retour des talibans», révèle un rapport secret de l'OTAN
Leon Panetta
Les États-Unis mettront fin à leur mission de combat en Afghanistan dès la mi-2013, soit un an plus tôt que le retrait des forces armées américaines du pays, a annoncé hier le ministre de la Défense, Leon Panetta, alors que la «force», la «motivation», le «financement» et la «capacité» des talibans «restent intacts» malgré «des coups sévères en 2011», selon un rapport secret de l'OTAN.
«Beaucoup d'Afghans», y compris au sein du gouvernement, «se préparent à un éventuel retour des talibans», souligne ce document intitulé «L'état des talibans» révélé hier par la BBC et The Times.
Chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition militaire internationale menée par les États-Unis, les talibans ont peu à peu regagné du terrain à partir de 2005, jusqu'à mener leur guérilla dans au moins les deux tiers de l'Afghanistan aujourd'hui.
Les talibans ne sont pas en état de gagner en Afghanistan, a répliqué hier la porte-parole de l'OTAN, Oana Lungescu. «Ils ont subi d'énormes revers sur le terrain l'an dernier», a-t-elle déclaré à la veille d'une réunion des ministres de la Défense des 28 pays membres de l'OTAN.
Mme Lungescu a refusé de «commenter» le rapport, se contentant de dire qu'il s'agit «en réalité un résumé de déclarations de prisonniers talibans, une somme de leurs opinions ou de ce qu'ils aimeraient que nous croyions qu'ils pensent...».
«L'état des talibans» s'appuie sur 27 000 interrogatoires de plus de 4000 prisonniers talibans, des membres d'al-Qaïda, ainsi que des combattants et civils étrangers.
En revanche, «considérons ce que nous savons: les talibans ont subi d'énormes revers sur le terrain l'an dernier, perdu beaucoup d'influence et de leaders [...] le soutien aux talibans est à un plus bas historique et que l'armée afghane se renforce chaque jour davantage», a ajouté Mme Lungescu à la presse.
De son côté, le chef du Pentagone a assuré que des soldats resteront en Afghanistan jusqu'en 2014. La transition de la mission de combat à celle d'entraînement et d'assistance des forces afghanes — qui vise à entraîner et conseiller les forces de sécurité afghanes — aura lieu entre le milieu et la fin de 2013, a-t-il précisé hier aux journalistes qui l'accompagnaient à Bruxelles. «2013 devient une année encore plus critique parce que nous allons procéder aux transitions finales [...] et ce sera parmi les plus difficiles», a-t-il admis.
Les progrès enregistrés l'an passé par la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS) contre les talibans doivent être consolidés dès cette année alors que l'armée afghane doit être renforcée, a-t-il expliqué.
Quelque 90 000 soldats américains sont déployés en Afghanistan dans le cadre de la FIAS. Ils devront être 68 000 à la fin de l'été. Le Pentagone n'a pas toutefois défini le nombre de soldats américains qui seront appelés à rester en Afghanistan une fois la mission de combat terminée quelque part en 2013.
Enjeu électoral
Le président des États-Unis, Barack Obama, aura ainsi l'occasion de répéter pendant la campagne électorale qu'il a non seulement rappelé les soldats déployés en Irak, mais qu'il a aussi fixé une date butoir pour la mission de combat en Afghanistan.
En novembre 2010, tous les États membres de l'OTAN avaient convenu d'endosser un plan prévoyant le maintien des forces étrangères en Afghanistan jusqu'à la fin de 2014.
À cet égard, Leon Panetta a exprimé hier le souhait de Washington de voir tous les pays de l'OTAN engagés en Afghanistan «respecter» la stratégie élaborée lors du sommet de Lisbonne en novembre 2010, qui prévoit la fin de la transition de la responsabilité de la sécurité aux forces afghanes à la fin de l'année 2014.
La France a toutefois semblé remettre en question cet accord cette semaine, alors que le président Nicolas Sarkozy, quasi-candidat à l'élection présidentielle, a proposé de mettre fin à la mission en 2013, soit un an plus tôt que prévu. Le président afghan, Hamid Karzaï, qui se tenait à ses côtés lors de cette annonce, semblait être d'accord.
Le Pakistan a nié catégoriquement jouer un double jeu en Afghanistan, contrairement à ce qu'indique un rapport confidentiel de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) accusant les services secrets pakistanais de soutenir clandestinement les rebelles talibans.
Les documents, obtenus par des médias britanniques, soulignent entre autres choses que le Pakistan soutient des attaques contre les troupes de la coalition.
«La route de la stabilité dans cette région passe par Kaboul. [...] Nous considérons que toute menace à l'indépendance et à la souveraineté de l'Afghanistan est une menace à l'existence du Pakistan. Nous n'avons aucun but inavoué en Afghanistan», a assuré la ministre pakistanaise des Affaires étrangères, Hina Rabbani Khar, lors d'une conférence de presse à Kaboul.
La chef de la diplomatie pakistanaise était arrivée dans la matinée pour rencontrer le président afghan, Hamid Karzaï, ainsi que son homologue, Zalmaï Rasoul. Kaboul a régulièrement accusé par le passé son voisin pakistanais de soutenir les talibans afghans, notamment en leur offrant refuge dans ses zones tribales situées de l'autre côté de la poreuse frontière entre les deux pays.
Pour sa part, le ministre canadien de la Défense, Peter MacKay, n'a pas été surpris des informations contenues dans «L'état des talibans», mais a laissé entendre que sa patience à l'égard du Pakistan s'amenuisait, selon La Presse canadienne.
***
D'après l'Associated Press et l'Agence France-Presse
«Beaucoup d'Afghans», y compris au sein du gouvernement, «se préparent à un éventuel retour des talibans», souligne ce document intitulé «L'état des talibans» révélé hier par la BBC et The Times.
Chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition militaire internationale menée par les États-Unis, les talibans ont peu à peu regagné du terrain à partir de 2005, jusqu'à mener leur guérilla dans au moins les deux tiers de l'Afghanistan aujourd'hui.
Les talibans ne sont pas en état de gagner en Afghanistan, a répliqué hier la porte-parole de l'OTAN, Oana Lungescu. «Ils ont subi d'énormes revers sur le terrain l'an dernier», a-t-elle déclaré à la veille d'une réunion des ministres de la Défense des 28 pays membres de l'OTAN.
Mme Lungescu a refusé de «commenter» le rapport, se contentant de dire qu'il s'agit «en réalité un résumé de déclarations de prisonniers talibans, une somme de leurs opinions ou de ce qu'ils aimeraient que nous croyions qu'ils pensent...».
«L'état des talibans» s'appuie sur 27 000 interrogatoires de plus de 4000 prisonniers talibans, des membres d'al-Qaïda, ainsi que des combattants et civils étrangers.
En revanche, «considérons ce que nous savons: les talibans ont subi d'énormes revers sur le terrain l'an dernier, perdu beaucoup d'influence et de leaders [...] le soutien aux talibans est à un plus bas historique et que l'armée afghane se renforce chaque jour davantage», a ajouté Mme Lungescu à la presse.
De son côté, le chef du Pentagone a assuré que des soldats resteront en Afghanistan jusqu'en 2014. La transition de la mission de combat à celle d'entraînement et d'assistance des forces afghanes — qui vise à entraîner et conseiller les forces de sécurité afghanes — aura lieu entre le milieu et la fin de 2013, a-t-il précisé hier aux journalistes qui l'accompagnaient à Bruxelles. «2013 devient une année encore plus critique parce que nous allons procéder aux transitions finales [...] et ce sera parmi les plus difficiles», a-t-il admis.
Les progrès enregistrés l'an passé par la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS) contre les talibans doivent être consolidés dès cette année alors que l'armée afghane doit être renforcée, a-t-il expliqué.
Quelque 90 000 soldats américains sont déployés en Afghanistan dans le cadre de la FIAS. Ils devront être 68 000 à la fin de l'été. Le Pentagone n'a pas toutefois défini le nombre de soldats américains qui seront appelés à rester en Afghanistan une fois la mission de combat terminée quelque part en 2013.
Enjeu électoral
Le président des États-Unis, Barack Obama, aura ainsi l'occasion de répéter pendant la campagne électorale qu'il a non seulement rappelé les soldats déployés en Irak, mais qu'il a aussi fixé une date butoir pour la mission de combat en Afghanistan.
En novembre 2010, tous les États membres de l'OTAN avaient convenu d'endosser un plan prévoyant le maintien des forces étrangères en Afghanistan jusqu'à la fin de 2014.
À cet égard, Leon Panetta a exprimé hier le souhait de Washington de voir tous les pays de l'OTAN engagés en Afghanistan «respecter» la stratégie élaborée lors du sommet de Lisbonne en novembre 2010, qui prévoit la fin de la transition de la responsabilité de la sécurité aux forces afghanes à la fin de l'année 2014.
La France a toutefois semblé remettre en question cet accord cette semaine, alors que le président Nicolas Sarkozy, quasi-candidat à l'élection présidentielle, a proposé de mettre fin à la mission en 2013, soit un an plus tôt que prévu. Le président afghan, Hamid Karzaï, qui se tenait à ses côtés lors de cette annonce, semblait être d'accord.
Le Pakistan a nié catégoriquement jouer un double jeu en Afghanistan, contrairement à ce qu'indique un rapport confidentiel de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) accusant les services secrets pakistanais de soutenir clandestinement les rebelles talibans.
Les documents, obtenus par des médias britanniques, soulignent entre autres choses que le Pakistan soutient des attaques contre les troupes de la coalition.
«La route de la stabilité dans cette région passe par Kaboul. [...] Nous considérons que toute menace à l'indépendance et à la souveraineté de l'Afghanistan est une menace à l'existence du Pakistan. Nous n'avons aucun but inavoué en Afghanistan», a assuré la ministre pakistanaise des Affaires étrangères, Hina Rabbani Khar, lors d'une conférence de presse à Kaboul.
La chef de la diplomatie pakistanaise était arrivée dans la matinée pour rencontrer le président afghan, Hamid Karzaï, ainsi que son homologue, Zalmaï Rasoul. Kaboul a régulièrement accusé par le passé son voisin pakistanais de soutenir les talibans afghans, notamment en leur offrant refuge dans ses zones tribales situées de l'autre côté de la poreuse frontière entre les deux pays.
Pour sa part, le ministre canadien de la Défense, Peter MacKay, n'a pas été surpris des informations contenues dans «L'état des talibans», mais a laissé entendre que sa patience à l'égard du Pakistan s'amenuisait, selon La Presse canadienne.
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D'après l'Associated Press et l'Agence France-Presse
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