samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 09h44
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Repères - L'honneur perdu

Les statistiques officielles sur les crimes dits d'honneur sont rares et parfois sujettes à caution. Le Programme des Nations unies pour la population a déjà estimé à 5000 par année le nombre de femmes victimes de ce genre de meurtres, mais les spécialistes de la question, sur la foi de rapports fournis par diverses organisations féminines, croient que la réalité est bien pire.

Une bonne partie des cas rapportés l'ont été dans des États à majorité musulmane, dont le Pakistan, l'Afghanistan, l'Égypte, la Jordanie et la Turquie, ou dans des communautés d'immigrés musulmans en Occident. Le Coran, répète-t-on souvent, n'autorise pas le meurtre d'une femme par son mari ou par un membre de sa famille, bien qu'il favorise certains comportements violents ou sexistes de moins en moins tolérés dans le monde moderne. Le problème, c'est que les autorités religieuses et judiciaires des pays concernés font souvent preuve d'une grande indulgence à l'égard des meurtriers, encourageant ainsi une pratique coutumière qu'on ne peut qualifier que de barbare.

Les historiens nous disent que les horreurs ritualisées et recouvertes d'un vernis moral avaient cours à Babylone au deuxième millénaire avant notre ère, dans la Rome impériale et dans la Chine des Song, entre autres lieux.

Des crimes motivés par des conceptions archaïques de l'honneur ou par d'autres valeurs douteuses sont commis dans toutes les régions du monde, par des adeptes de toutes les grandes religions, y compris le christianisme.

En Inde, des milliers de jeunes mariées sont assassinées chaque année parce que leur dot est jugée insuffisante, tandis qu'on précipite encore, à l'occasion, les veuves hindoues dans le bûcher funéraire de leur mari.

Au Guatemala, de l'aveu même des autorités, au moins 4000 femmes ont été assassinées entre 2001 et 2009. Certaines organisations non gouvernementales de ce pays parlent plutôt de 7000 «féminicides» au cours de cette période.

Dans la seule ville de Ciudad Juárez, au Mexique, 1653 cadavres de femmes assassinées ont été découverts entre 1993 et 2008 et plus de 2000 de leurs consoeurs ont disparu pendant la même période.

Au Canada, des centaines de femmes autochtones ont disparu et ont probablement été assassinées au cours des 30 dernières années. Amnistie internationale estime leur nombre à 487.

Ces meurtres n'entrent pas tous dans la catégorie des crimes dits d'honneur, mais il s'agit très certainement de féminicides, en ce sens que les meurtriers ont délibérément ciblé des femmes.

Le fait d'agir en croyant laver «une conception tordue» de l'honneur perdu ne constitue pas une circonstance atténuante, comme l'ont clairement fait savoir les jurés et le juge de Kingston. Constitue-t-il pour autant une circonstance plus aggravante que la haine gratuite qui pousse à martyriser et à tuer une personne?

Certains le pensent, probablement parce qu'ils sont horrifiés par un phénomène nouveau et perçu comme exogène, qui semble aller croissant en Occident. Il n'est pas évident que les auteurs des crimes dits d'honneur méritent d'être traités plus sévèrement que les autres meurtriers, mais on peut raisonnablement croire en l'effet dissuasif d'un surplus de sévérité.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Rock Beaudet - Abonné
    2 février 2012 05 h 57
    Crime d'horreur
    Voilà comment on doit appeler ces crimes. Imaginez! Des membres de votre famille vous tuent ou vous jettent de l'acide au visage... Aucun honneur là-dedans! On ne doit même pas s'abaisser à écrire ce mot totalement et faussement utilisé.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • meme40 - Inscrit
    2 février 2012 07 h 54
    Le crime ça commence où???
    Si je disais qu'internet est rempli de grosses farces sexistes , de grosses bêtises ou la plupart du temps la femme est humiliée...parce que grosse, parce que vieille, parce que blonde... et ces courriels qui circulent à vitesse grand V, envoyés par des gens qui ne réfléchissent pas un instant aux traces que laissent ces grosses farces de vendeurs de chars... où l'humain n'est qu'un amas de chair à utiliser et jeter après usage. L'honneur bafoué des femmes qui donc le réparera ??
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit
    2 février 2012 09 h 12
    Monothéistes
    Les trois religions monothéistes sont fondées sur le mépris de la femme. Rabbins, imams et prêtres sont tous des mâles. Qu'ajouter d'autre?

    Desrosiers
    Val David
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • meme40 - Inscrit
    2 février 2012 10 h 15
    @ pierre-r.Desrosiers..
    Et la politique, est-ce une religion?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • christinel - Inscrit
    2 février 2012 10 h 21
    MEURTRE
    M. Lévesque a utilisé le mot "crime" à sa première phrase mais on parle ici de "meurtre".
    Selon le Petit Robert:
    meurtre: Action de tuer volontairement une personne. Pas d'autres sens.
    crime: 1. manquement très grave à la morale, à la loi 2. Infraction que les lois punissent d'une peine 3. Assasinat, meurtre.
    Donc on parle bien de meurtre et de meurtre d'honneur.
    Avec le mot "crime" il y a confusion, et votre commentaire meme40 n'a aucun sens.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre Rousseau - Inscrit
    2 février 2012 10 h 57
    Facteur aggravant
    En fait dans notre droit pénal la notion de crime d'honneur n'existe pas en soi mais elle aide néanmoins la poursuite à prouver la préméditation et, de ce fait, augmente la peine d'un accusé trouvé coupable de ce type de meurtre. Par exemple, dans le cas Shafia la poursuite a prouvé la préméditation en faisant la preuve de la préparation de ce crime et du contexte qui en faisait un crime d'honneur. Si la poursuite ne peut prouver la préméditation, alors le meurtre est un meurtre sans préméditation et la peine, quoique la même (emprisonnement à perpétuité), est assortie d'un ordre du tribunal qui peut fixer la période avant éligibilité à la libération conditionnelle entre 10 et 25 ans alors que pour le meurtre avec préméditation, la période à purger avant d'être éligible à une libération conditionnelle est automatiquement de 25 ans.

    Donc, le fait qu'il s'agisse d'un crime d'honneur est un élément de preuve qui tend à prouver la préméditation et augmente la gravité du crime, entraînant une période d'incarcération plus longue avant toute possibilité de libération conditionnelle. En conséquence, il serait complètement inutile d'inclure la notion de crime d'honneur comme facteur aggravant en matière de peine pour meurtre car c'est déjà le cas de toutes façons. Par contre, si la victime n'est pas assassinée et survit à l'agression, alors il serait effectivement possible d'en faire un facteur aggravant pour les fins de l'imposition de la peine pour les crimes d'agressions et de tentative de meurtre.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Roland Berger - Abonné
    2 février 2012 11 h 45
    Crime d'honneur et religion, un cercle meurtrier
    S'obstiner à présenter les crimes d'honneur comme un phénomène exclusivement ou principalement culturel évacue un pan de la réalité : les religions, islam comme christianisme, proclament l'autorité de l'homme sur la femme. Ce sont les religions monothéistes patriarcales qu'il faut mettre au pas. La culture suivra.
    Roland Berger
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    2 février 2012 15 h 38
    Douche froide
    "...les horreurs ritualisées et recouvertes d'un vernis moral."

    "...des crimes motivés par des conceptions archaïques de l'honneur ou par d'autres valeurs douteuses."

    Mais l'article ne dit pas pourquoi on s'en prend ainsi aux femmes.

    À ces hommes qui immigrent ici sans savoir qu'on ne traite pas ainsi les femmes, je leur souhaite de rencontrer dans leur lieu de travail des femmes avec qui ils auront de très intéressantes conversations dont les membres de leur familles ne pourront que bénéficier.
    L'inverse m'étonnerait.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    2 février 2012 16 h 20
    Reprise...
    Je reprends mon paragraphe mal écrit (désolée je sors de chez le dentiste...):
    À ces hommes qui immigrent ici sans savoir qu'on ne traite pas ainsi les femmes, je souhaite de rencontrer dans leur lieu de travail des femmes avec qui ils auront de très intéressantes conversations dont les membres de leur famille ne pourront que bénéficier.
    L'inverse m'étonnerait.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Joss - Inscrit
    2 février 2012 23 h 42
    à Pierre-R. Desrosiers
    Vous dites que le christianisme est basé sur le mépris de la femme. La base du christianisme est bien Jésus, le fils de Dieu? Alors, je ne me souviens pas que Jésus ait encouragé la violence contre les femmes. Pourriez-vous citer vos sources s.v.p. ?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gravelon - Inscrit
    3 février 2012 09 h 12
    culture/religion
    On semble séparer ces deux notions, alors qu'en fait elles sont intimement liées. Une religion n'est jamais pratiquée à l'état pur, sa compréhension et son intériorisation dépendent de valeurs culturelles qui en bout de ligne conditionnent le comportement. J'en veux pour exemple l'excision. Dans des pays susahariens, (j'y ai travaillé), les gens sont convaincus que l'excision est une norme islamique. D'ailleurs, dans les villages maliens par exemple, une fois par année, on réunit tous les enfants de 3 ans, garçons et filles, pour les exciser ou les circonciser. Or dans l'islam tout comme dans le judaisme. seule la circoncision est admise. L'excision est donc une pratique tribale qui remonte à la nuit des temps. Mais est -ce que le fait que l'excision origine de l'islam ou de la culture change grand chose pour la petite fille qui passe au rasoir?
    Quand je lis tant de ressentiment et de rejet vis-à-vis de la religion catholique au Québec, je me demande si les québécois se sont vraiment débarrassés de la religion comme ils le laissent souvent entendre, la question est posée.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
11 réactions
9 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012