samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 09h44
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Égypte - Les Frères musulmans sont prêts à défier l'armée et à lui enlever des pouvoirs

Nombre d’Égyptiens soupçonnent que les Frères musulmans fraternisent avec l’armée.<br />
Photo : Agence Reuters Suhaib Salem
Nombre d’Égyptiens soupçonnent que les Frères musulmans fraternisent avec l’armée.
Le Caire — Plusieurs milliers de manifestants ont marché hier en direction du parlement égyptien, au Caire, pour réclamer la fin du pouvoir militaire, et certains ont laissé éclater leur colère à l'encontre des Frères musulmans, qu'ils accusent de collusion avec l'armée.

Pendant ce temps à l'intérieur du parlement, le premier ministre, Kamal Ganzouri, s'adressait à la Chambre basse nouvellement élue, où des députés, islamistes notamment, lui ont reproché la lenteur des réformes.

Vainqueurs des élections législatives, les Frères musulmans réfléchissent pour leur part à une stratégie leur permettant de prendre progressivement le pouvoir aux militaires qui assurent la transition politique en Égypte.

Depuis la chute d'Hosni Moubarak, chassé par la rue le 11 février 2011, les Frères évitent soigneusement de s'opposer de front à l'armée afin de ne pas retarder un retour à la stabilité dans le pays.

Cette tactique tend à accréditer l'idée largement répandue qu'islamistes et militaires ont conclu un accord tacite afin de ne pas entraver, dans l'immédiat, leurs intérêts respectifs.

Les Frères, qui disposent de près de la moitié des élus à l'Assemblée du peuple via le Parti liberté et justice (PLJ), ont décidé de ne pas présenter de candidat lors de l'élection présidentielle prévue au mois de juin.

Il semble que, pour l'heure, les islamistes aient accepté l'idée d'un président fort jouissant de l'appui de l'armée dont le rôle fut déterminant lors des manifestations du printemps arabe au moment où la police de Moubarak faisait défection.

Mais le projet sur lequel travaillent les responsables du mouvement s'articule autour d'une stratégie à moyen terme visant à réduire la présidence à un rôle protocolaire au cours des quatre prochaines années avec un Parlement reprenant la main sur la Défense et les Affaires étrangères.

«Nous voulons un système dans lequel le premier ministre consultera le Parlement pour former son cabinet», a expliqué Mohamed Saad al Katani, secrétaire général du PLJ. L'actuelle Constitution confère au président la prérogative de désigner le gouvernement.

«Le premier ministre disposera de la plupart des pouvoirs du gouvernement, concernant les affaires internes et extérieures. Les pouvoirs du président seront limités», a poursuivi Al Katani.

Les Frères musulmans ont récemment contraint un de leurs hauts responsables, Abdel Moneim Aboul Futuh, à renoncer à ses ambitions présidentielles, sans toutefois préciser quel candidat déjà déclaré ils entendaient soutenir.

Depuis 60 ans, l'armée a toujours joué un rôle central dans l'exercice du pouvoir en Égypte, les différents dirigeants étant fréquemment choisis dans ses rangs. Le sentiment des Égyptiens est que les militaires n'ont pas l'intention d'abandonner leurs positions et qu'ils entendent continuer à tirer les ficelles en coulisse.

Des sources militaires indiquent que le Conseil suprême des forces armées, l'organe intérimaire qui dirige le pays, n'a pas l'intention de se soumettre à une autorité civile malgré les déclarations faites en ce sens.

«L'armée n'autorisera personne à se mêler des questions de la Défense», explique un responsable proche de l'état-major. «Le président devra être le garant des intérêts et de la position de l'armée dans un État civil. En échange, les militaires soutiendront le président dans sa gestion des affaires souveraines du pays», ajoute ce responsable.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Dépêches
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012