Haïti entre révolte et résignation
La «Perle des Antilles» se recueille à l'occasion du deuxième anniversaire du séisme
Photo : Agence Reuters Swoan Parker
Des milliers de citoyens ont réclamé hier une accélération de la reconstruction des maisons détruites.
Les Haïtiens se recueillaient hier à l'occasion du deuxième anniversaire du séisme qui a tué plus de 200 000 des leurs, sans grand espoir d'une amélioration rapide des conditions de vie des sinistrés qui seraient encore plus d'un demi-million.
Les églises étaient prises d'assaut dès le début de la journée. Dans les rues de la capitale, dont des quartiers entiers sont encore recouverts de décombres, des cérémonies étaient organisées pour commémorer la catastrophe du 12 janvier 2010, lorsqu'une énorme secousse de magnitude 7 a dévasté Port-au-Prince et sa région.
Administrations, écoles et commerces étaient fermés pour la journée. À l'intérieur de la cathédrale toujours en ruine, des fidèles, souvent vêtus de blanc, venaient prier et revoir des photos du drame accrochées au mur du bâtiment ouvert à tous les vents.
«Je n'arrive pas à me détacher de cet endroit où j'ai perdu mes deux jambes. Cela fait deux ans que je vis ici», témoignait Jean Wilbert, 40 ans.
À 16h53 locales, heure exacte à laquelle le séisme a frappé, le président, Michel Martelly, devait déposer une gerbe devant l'immense fosse commune, sise au nord de Port-au-Prince, où la plupart des victimes ont été enterrées par camions entiers dans les jours qui ont suivi la catastrophe.
Au palais présidentiel en ruine, le drapeau national était en berne face au Champ-de-Mars, la grande esplanade du coeur de la ville qui sert toujours de campement pour des milliers de sinistrés.
Dans toute la ville, des petits groupes de personnes défilaient dans le calme, souvent au rythme de musique religieuse. Certains manifestants, encadrés par des organisations de défense des droits de la personne, tenaient des pancartes où l'on pouvait lire «Donnez-nous des maisons décentes pour vivre» ou «Après deux ans, trop c'est trop».
La reconstruction de la capitale et de sa région est loin d'avoir commencé et, selon l'ONU, 520 000 sinistrés vivent toujours dans des camps, soit environ la moitié du nombre de sans-abri évalué dans les jours qui ont suivi le séisme.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé la communauté internationale à «maintenir son aide vitale» au pays, frappé, outre le séisme, par une épidémie de choléra qui a tué plus de 7000 personnes depuis la fin de 2010.
Pour les Nations unies, «les signes de progrès et les résultats positifs se multiplient», la moitié des décombres ayant été déblayés, soit plus de 5 millions de mètres cubes de gravats.
Après des mois d'atermoiements, les autorités ont mis en place un programme visant à inciter les sinistrés à quitter les places du centre-ville et à regagner leurs quartiers d'origine avec une aide de 500 dollars par an et par famille pour louer un logement.
Josef Leitmann, un responsable du Fonds pour la reconstruction d'Haïti, une émanation de la Banque mondiale, se félicite que l'État ait «une vision» de l'avenir. «Les autorités veulent la communiquer à la population et ont la volonté politique de la mettre en oeuvre», assure-t-il.
Haïti reste cependant encore largement dépendant de l'aide internationale: le Programme alimentaire mondial (PAM) se félicite d'avoir amélioré la sécurité alimentaire du pays mais continue à apporter chaque jour son aide à 1,5 million de personnes, essentiellement des écoliers et de jeunes mamans. Après le séisme, c'était 4 millions d'Haïtiens, près de la moitié de la population du pays, qui avaient reçu l'aide d'urgence du PAM.
Les églises étaient prises d'assaut dès le début de la journée. Dans les rues de la capitale, dont des quartiers entiers sont encore recouverts de décombres, des cérémonies étaient organisées pour commémorer la catastrophe du 12 janvier 2010, lorsqu'une énorme secousse de magnitude 7 a dévasté Port-au-Prince et sa région.
Administrations, écoles et commerces étaient fermés pour la journée. À l'intérieur de la cathédrale toujours en ruine, des fidèles, souvent vêtus de blanc, venaient prier et revoir des photos du drame accrochées au mur du bâtiment ouvert à tous les vents.
«Je n'arrive pas à me détacher de cet endroit où j'ai perdu mes deux jambes. Cela fait deux ans que je vis ici», témoignait Jean Wilbert, 40 ans.
À 16h53 locales, heure exacte à laquelle le séisme a frappé, le président, Michel Martelly, devait déposer une gerbe devant l'immense fosse commune, sise au nord de Port-au-Prince, où la plupart des victimes ont été enterrées par camions entiers dans les jours qui ont suivi la catastrophe.
Au palais présidentiel en ruine, le drapeau national était en berne face au Champ-de-Mars, la grande esplanade du coeur de la ville qui sert toujours de campement pour des milliers de sinistrés.
Dans toute la ville, des petits groupes de personnes défilaient dans le calme, souvent au rythme de musique religieuse. Certains manifestants, encadrés par des organisations de défense des droits de la personne, tenaient des pancartes où l'on pouvait lire «Donnez-nous des maisons décentes pour vivre» ou «Après deux ans, trop c'est trop».
La reconstruction de la capitale et de sa région est loin d'avoir commencé et, selon l'ONU, 520 000 sinistrés vivent toujours dans des camps, soit environ la moitié du nombre de sans-abri évalué dans les jours qui ont suivi le séisme.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé la communauté internationale à «maintenir son aide vitale» au pays, frappé, outre le séisme, par une épidémie de choléra qui a tué plus de 7000 personnes depuis la fin de 2010.
Pour les Nations unies, «les signes de progrès et les résultats positifs se multiplient», la moitié des décombres ayant été déblayés, soit plus de 5 millions de mètres cubes de gravats.
Après des mois d'atermoiements, les autorités ont mis en place un programme visant à inciter les sinistrés à quitter les places du centre-ville et à regagner leurs quartiers d'origine avec une aide de 500 dollars par an et par famille pour louer un logement.
Josef Leitmann, un responsable du Fonds pour la reconstruction d'Haïti, une émanation de la Banque mondiale, se félicite que l'État ait «une vision» de l'avenir. «Les autorités veulent la communiquer à la population et ont la volonté politique de la mettre en oeuvre», assure-t-il.
Haïti reste cependant encore largement dépendant de l'aide internationale: le Programme alimentaire mondial (PAM) se félicite d'avoir amélioré la sécurité alimentaire du pays mais continue à apporter chaque jour son aide à 1,5 million de personnes, essentiellement des écoliers et de jeunes mamans. Après le séisme, c'était 4 millions d'Haïtiens, près de la moitié de la population du pays, qui avaient reçu l'aide d'urgence du PAM.
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