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    La catastrophe de l'année: le tsunami

    Un tsunami de 15 mètres provoqué par un violent séisme en mars dernier a fait près de 20 000 morts et disparus et causé des dommages évalués à 218 milliards de dollars

    Un tremblement de terre de magnitude 9 sur l'échelle Richter et plus de 400 répliques. Un tsunami de 15 mètres de haut voyageant à la vitesse d'un avion de ligne. Près de 20 000 morts et disparus. Des dommages évalués à 218 milliards de dollars. Au-delà des chiffres, la catastrophe naturelle du 11 mars 2011 au Japon a eu un effet domino lourd de conséquences.

    Elle a d'abord entraîné une panne de la centrale nucléaire Fukushima-Daiichi, située dans le nord-est du pays. Le séisme de mars dernier a provoqué une rupture de courant et les génératrices ont été endommagées par le tsunami, empêchant le refroidissement normal de réacteurs.

    La vague du tsunami a été suivie d'une vague d'inquiétude: tous craignaient la formation d'un nuage radioactif qui contaminerait l'environnement. Il y a eu des explosions. De l'eau contaminée a été rejetée dans l'océan par la compagnie exploitant la centrale, Tepco. Et les réacteurs continuaient à surchauffer.

    Bref, les Japonais ont appris trop tard qu'une centrale nucléaire moyenne au Japon peut résister à un séisme de magnitude 7.

    Le premier ministre japonais a annoncé seulement ce mois-ci que les réacteurs défectueux sont maintenant en état de refroidissement stable. «Nous avons confirmé techniquement que l'eau de refroidissement circule de façon régulière et que les températures au fond de la cuve des réacteurs et à l'intérieur des enceintes de confinement sont maintenues sous les 100 degrés», a expliqué Yoshihiko Noda. Il aura donc fallu neuf mois pour y arriver. Et de 30 à 40 ans seront nécessaires pour les démanteler.

    Avec la catastrophe nucléaire est venue rapidement la catastrophe de santé publique. Produits de la mer et agricoles contaminés, exposition de travailleurs d'urgence et d'habitants à la radioactivité sont les nouveaux enjeux de santé au Japon.

    Si la radioactivité autour de la centrale était faible même au pire de la crise, reste néanmoins que 45 % des enfants qui vivaient dans la région de Fukushima sont contaminés, à de faibles niveaux, d'après des tests réalisés par le gouvernement japonais.

    Des experts prévoient d'ail-leurs une hausse des cas de cancers dans la région de Fukushima au cours des années à venir. Pour l'instant, toutes sortes de remèdes maison circulent, comme cette recette tirée d'une hypothèse d'un médecin voulant qu'un repas à base de riz et de miso repousse les radiations, tout comme la vitamine C et la pectine.

    Bien sûr, avec tout ça, il y a eu la crise politique. Le gouvernement du premier ministre de l'époque, Naoto Kan, s'est fait accuser d'agir trop lentement et de ne pas tout dire à la population. «La gestion du tsunami n'a pas été mauvaise, elle a même été d'une organisation plutôt exemplaire, comparée à celle des États-Unis avec l'ouragan Katrina par exemple, analyse Barthélémy Courmont, directeur associé, sécurité et défense, à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l'UQAM. Mais la gestion de la crise nucléaire a été catastrophique, ce qui fait que le Japon a maintenant un nouveau cabinet.» M. Kan a démissionné en août.

    On garde en tête cette conférence de presse surréaliste où un parlementaire, visiblement très nerveux, a bu un verre d'eau provenant de l'intérieur de la centrale pour prouver qu'elle est véritablement propre. Un député a même suggéré de déplacer le parlement à Fukushima, pour rassurer les Japonais. L'idée ne semble pas avoir été retenue. Mais un premier parti écologiste japonais a été fondé, réunissant des élus de divers horizons.

    La crise vue d'ailleurs

    Le dernier domino à tomber se trouve hors Japon, alors que l'on compte 211 centrales nucléaires à travers le monde, selon un récent recensement effectué par la revue scientifique Nature. La catastrophe comparée par les experts à celle de 1986 à Tchernobyl, en Ukraine, a relancé le débat sur l'atome.

    De multiples manifestations de citoyens inquiets ont eu lieu un peu partout. Depuis, l'Europe se questionne, tandis que l'Allemagne s'est engagée à abandonner complètement le nucléaire. Pourtant, avant le 11 mars, le nucléaire était vu comme une bonne façon de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

    Ici aussi, au Québec, la catastrophe a soulevé des questions au sujet de Gentilly-2, à Bécancour, seule centrale nucléaire au Québec. Le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac, n'a toujours pas indiqué si la réfection de la centrale sera entreprise pour que ses activités se poursuivent au-delà de 2013.

    Mais finalement, Fukushima n'a pas eu de grands impacts sur les réelles politiques énergétiques, rappelle Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC. «Ça a été un traumatisme mondial, mais il n'y a aucun pays qui a vraiment fait volte-face sur le nucléaire. Il y a des projets qui ont dû être reportés, par exemple en France, ou encore des moratoires ont été instaurés sur le développement de certains projets, mais c'est tout.» Tout au plus, il aura fourni un argument de plus aux groupes et politiciens antinucléaires, selon lui.

    En attendant, que reste-t-il de la catastrophe de Fukushima? Des craintes pour l'avenir, des débris dans l'océan qui ont maintenant atteint la côte ouest américaine et la vidéo incroyable de cette vague de 15 mètres qui a bouleversé la planète.

    ***

    Les finalistes

    À la fin de l'été, la famine dans la corne de l'Afrique atteint des sommets inégalés depuis des dizaines d'années.

    La tempête Washi a fait au moins 1200 morts et disparus ce mois-ci dans le sud des Philippines.

    Une tornade rase la ville de Joplin, dans le Missouri, aux États-Unis, et tue 116 personnes le 22 mai.

    À l'échelle du Québec et du Canada, les inondations du printemps dans le Richelieu et au Manitoba ont fait des centaines de sinistrés.

    Un tremblement de terre d'une magnitude 7,2 sur l'échelle de Richter fait plus de 600 morts et 4000 blessés dans la province de Van, en Turquie, le 23 octobre.
     
     
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