Succession en Corée du Nord - Gel d'une nation
La conservation de la seule monarchie stalinienne de l'histoire vient d'être confirmée: Kim Jong-un succède à son père, Kim Jong-il, dit le «cher leader», et à son grand-père, Kim Il-sung, dit le «grand leader». Cet avatar testamentaire a ceci de riche qu'il met en lumière la ferme volonté de la nomenklatura nord-coréenne de maintenir un système aussi répressif que paranoïaque.
Il y a plusieurs mois de cela, un diplomate américain avait souligné qu'on «en sait plus sur les galaxies lointaines que sur la Corée du Nord». On en sait effectivement très peu, parce que ce régime, empruntant à la fois à l'ancienne monarchie confucéenne et au stalinisme, est parvenu à cadenasser la vie d'un peuple en maniant avec méticulosité tous les mécanismes de l'enfermement, avec une prédilection pour les plus absurdes, les plus surréalistes d'entre eux. À preuve, ce documentaire allemand où l'on voit notamment une femme en costume de policière qui fait la circulation au centre d'un immense carrefour alors qu'il n'y a aucun véhicule à l'horizon. Après Le désert des tartares, voici le «désert neuronal», concoctée par la dynastie des Kim pendant 70 ans.
Toujours est-il que le fils va s'asseoir à la place du père. Premier constat: le papa avait bénéficié de deux décennies de préparation, alors que le fils a été mis en piste il y a deux ans. Deuxième constat: Kim Jong-un accède au pouvoir à un âge beaucoup plus jeune que celui de son père. Certains affirment qu'il a 28 ans, d'autres qu'il a 29 ans. Mais pas plus, c'est juré, craché, assurent des communiqués exemplaires par leur maîtrise de la novlangue. Quoi d'autre? Dans les écoles privées de la Suisse, il a appris le français, l'anglais et l'allemand. C'est là également qu'il est devenu fou amoureux de l'équipe de basket-ball des Bulls de Chicago, ce qui est évidemment une faute de goût. Pour le reste, on peut parier que ce sera business as usual pendant quelques années.
En effet, tous les experts, si tant est qu'on peut l'être d'un pays ombrageux, s'accordent pour avancer que le jeune homme sera en fait sous l'influence des cadres du parti appartenant à la génération de son père et d'une armée, véritable État dans l'État, qui veillent scrupuleusement sur ses prérogatives, ses intérêts. Certains observateurs assurent même qu'il sera sous la coupe, pendant quelques temps du moins, du chef des services de renseignement, qui est en fait son oncle.
Pour ce qui est des relations, très délicates, avec la Corée du Sud, il est probable que, hormis quelques escarmouches et échanges de mots d'oiseaux, la situation restera ce qu'elle est pendant longtemps. Il devrait en être ainsi pour la bonne et simple raison que la majorité des Coréens du Sud ne souhaitent plus la réunification. Depuis qu'ils ont scruté les coûts économiques afférents à la greffe des deux Allemagnes, ils estiment que cela signifierait des sacrifices trop exorbitants.
En ce qui concerne l'épineux dossier nucléaire, il est plausible que, sur ce front également, le fils va faire comme le faisait le père, soit un moyen de chantage pour obtenir de la nourriture et de l'énergie à petits prix. Autrement dit, le peuple coréen risque fort d'être condamné à des années de vaches maigres. À ce propos, on se rappellera que, avec un PIB par habitant de 1900 $ par année, les Coréens figurent en bonne place au classement des plus pauvres. À l'évidence, pour les Kim et les gradés, le peuple est un embarras.
Il y a plusieurs mois de cela, un diplomate américain avait souligné qu'on «en sait plus sur les galaxies lointaines que sur la Corée du Nord». On en sait effectivement très peu, parce que ce régime, empruntant à la fois à l'ancienne monarchie confucéenne et au stalinisme, est parvenu à cadenasser la vie d'un peuple en maniant avec méticulosité tous les mécanismes de l'enfermement, avec une prédilection pour les plus absurdes, les plus surréalistes d'entre eux. À preuve, ce documentaire allemand où l'on voit notamment une femme en costume de policière qui fait la circulation au centre d'un immense carrefour alors qu'il n'y a aucun véhicule à l'horizon. Après Le désert des tartares, voici le «désert neuronal», concoctée par la dynastie des Kim pendant 70 ans.
Toujours est-il que le fils va s'asseoir à la place du père. Premier constat: le papa avait bénéficié de deux décennies de préparation, alors que le fils a été mis en piste il y a deux ans. Deuxième constat: Kim Jong-un accède au pouvoir à un âge beaucoup plus jeune que celui de son père. Certains affirment qu'il a 28 ans, d'autres qu'il a 29 ans. Mais pas plus, c'est juré, craché, assurent des communiqués exemplaires par leur maîtrise de la novlangue. Quoi d'autre? Dans les écoles privées de la Suisse, il a appris le français, l'anglais et l'allemand. C'est là également qu'il est devenu fou amoureux de l'équipe de basket-ball des Bulls de Chicago, ce qui est évidemment une faute de goût. Pour le reste, on peut parier que ce sera business as usual pendant quelques années.
En effet, tous les experts, si tant est qu'on peut l'être d'un pays ombrageux, s'accordent pour avancer que le jeune homme sera en fait sous l'influence des cadres du parti appartenant à la génération de son père et d'une armée, véritable État dans l'État, qui veillent scrupuleusement sur ses prérogatives, ses intérêts. Certains observateurs assurent même qu'il sera sous la coupe, pendant quelques temps du moins, du chef des services de renseignement, qui est en fait son oncle.
Pour ce qui est des relations, très délicates, avec la Corée du Sud, il est probable que, hormis quelques escarmouches et échanges de mots d'oiseaux, la situation restera ce qu'elle est pendant longtemps. Il devrait en être ainsi pour la bonne et simple raison que la majorité des Coréens du Sud ne souhaitent plus la réunification. Depuis qu'ils ont scruté les coûts économiques afférents à la greffe des deux Allemagnes, ils estiment que cela signifierait des sacrifices trop exorbitants.
En ce qui concerne l'épineux dossier nucléaire, il est plausible que, sur ce front également, le fils va faire comme le faisait le père, soit un moyen de chantage pour obtenir de la nourriture et de l'énergie à petits prix. Autrement dit, le peuple coréen risque fort d'être condamné à des années de vaches maigres. À ce propos, on se rappellera que, avec un PIB par habitant de 1900 $ par année, les Coréens figurent en bonne place au classement des plus pauvres. À l'évidence, pour les Kim et les gradés, le peuple est un embarras.
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