Plusieurs milliers de Russes dans les rues contre les fraudes législatives
Photo : La Presse canadienne (photo) AP/Mikhail Metzel
Les opposants russes ont arboré aujourd'hui un ruban blanc en signe de ralliement contre les résultats des dernières élections législatives.
Moscou - Plusieurs dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés aujourd'hui dans le centre de Moscou pour dénoncer les fraudes, massives selon l'opposition, perpétrées lors des élections législatives du 4 décembre remportées par le parti de Vladimir Poutine, Russie Unie.
Le rassemblement dans le centre de la capitale russe était le temps fort de la journée de mobilisation. Des manifestations ont eu lieu dans plus de 50 villes du pays, dont la plus importante à Saint-Pétersbourg avec 7000 participants, selon les chiffres de la police.
À Moscou, les manifestants ont afflué dans le calme par dizaines de milliers vers la place Bolotnaïa, rapidement remplie, et débordé sur le pont enjambant le fleuve Moskova, non loin du Kremlin. La police a cité le chiffre de 25 000 manifestants, tandis que les organisateurs parlaient de 150 000.
«Vérité pour le peuple», «Élections honnêtes», «Escrocs, voleurs, rendez-nous les élections», «La Russie sans Poutine», proclamaient notamment banderoles et slogans.
«Les fraudes des autorités ont transformé le pays en grand théâtre, avec des clowns comme dans un cirque», estimait Alexandre Trofimov, un des manifestants.
Pour l'ancien Premier ministre Mikhaïl Kassianov, en poste de 2000 à 2004 et aujourd'hui dans l'opposition, «les gens ont perdu patience, surtout dans les grandes villes où ils sont bien éduqués, bien informés».
«(Ils) ne sont pas prêts à tolérer les fraudes et que leurs votes soient cyniquement volés», a-t-il estimé.
Guennadi Goudkov, un député de l'opposition, a réclamé une «enquête des autorités sur tous les cas de fraudes». Il faut «revoir les résultats et annuler les élections à Moscou, qui ont été tenues hors du cadre de la loi», a-t-il fait valoir. Le parti Iabloko (opposition) a de son côté annoncé «une campagne pour la destitution constitutionnelle et légale» de Russie Unie.
À Vladivostok, en Extrême-orient russe, plusieurs centaines de personnes ont manifesté, en scandant notamment, «Poutine, salaud!». Sur une banderole caricaturant l'emblème de Russie Unie, on pouvait lire: «les rats doivent partir».
Le parti au pouvoir a tout juste conservé la majorité, décrochant environ 50 % des suffrages, contre 64 % en 2007, un score qui lui avait valu d'occuper 315 des 450 sièges de la Douma, la chambre basse du Parlement. D'après l'opposition et les observateurs internationaux, la fraude a été massive et les urnes ont largement été bourrées. Le score de Russie Unie, ajoute l'opposition, a été largement surévalué, et la population a exprimé son profond mécontentement, notamment lié à la corruption. Après quasiment 12 ans de pouvoir, Russie Unie est fréquemment qualifiée de «parti d'escrocs et de voleurs».
Contrairement aux précédentes manifestations, réprimées rapidement et avec force, la police avait cette fois consigne de ne pas intervenir, et moins d'une centaine d'interpellations ont été signalées dans tout le pays. Les chaînes de télévision contrôlées par le pouvoir, qui font d'ordinaire silence sur les manifestations ou les minimisent, leur ont consacré samedi un temps d'antenne notable.
Un des dirigeants de Russie Unie, Andreï Isaïev, a assuré que «l'expression de ce point de vue, extrêmement important, serait entendu dans les médias, la société et l'État», sans toutefois annoncer un nouveau scrutin ou décompte des voix.
INDEX: International Politique
Reçu Id. 1385640123 on Dec 10 2011 13:01
Le rassemblement dans le centre de la capitale russe était le temps fort de la journée de mobilisation. Des manifestations ont eu lieu dans plus de 50 villes du pays, dont la plus importante à Saint-Pétersbourg avec 7000 participants, selon les chiffres de la police.
À Moscou, les manifestants ont afflué dans le calme par dizaines de milliers vers la place Bolotnaïa, rapidement remplie, et débordé sur le pont enjambant le fleuve Moskova, non loin du Kremlin. La police a cité le chiffre de 25 000 manifestants, tandis que les organisateurs parlaient de 150 000.
«Vérité pour le peuple», «Élections honnêtes», «Escrocs, voleurs, rendez-nous les élections», «La Russie sans Poutine», proclamaient notamment banderoles et slogans.
«Les fraudes des autorités ont transformé le pays en grand théâtre, avec des clowns comme dans un cirque», estimait Alexandre Trofimov, un des manifestants.
Pour l'ancien Premier ministre Mikhaïl Kassianov, en poste de 2000 à 2004 et aujourd'hui dans l'opposition, «les gens ont perdu patience, surtout dans les grandes villes où ils sont bien éduqués, bien informés».
«(Ils) ne sont pas prêts à tolérer les fraudes et que leurs votes soient cyniquement volés», a-t-il estimé.
Guennadi Goudkov, un député de l'opposition, a réclamé une «enquête des autorités sur tous les cas de fraudes». Il faut «revoir les résultats et annuler les élections à Moscou, qui ont été tenues hors du cadre de la loi», a-t-il fait valoir. Le parti Iabloko (opposition) a de son côté annoncé «une campagne pour la destitution constitutionnelle et légale» de Russie Unie.
À Vladivostok, en Extrême-orient russe, plusieurs centaines de personnes ont manifesté, en scandant notamment, «Poutine, salaud!». Sur une banderole caricaturant l'emblème de Russie Unie, on pouvait lire: «les rats doivent partir».
Le parti au pouvoir a tout juste conservé la majorité, décrochant environ 50 % des suffrages, contre 64 % en 2007, un score qui lui avait valu d'occuper 315 des 450 sièges de la Douma, la chambre basse du Parlement. D'après l'opposition et les observateurs internationaux, la fraude a été massive et les urnes ont largement été bourrées. Le score de Russie Unie, ajoute l'opposition, a été largement surévalué, et la population a exprimé son profond mécontentement, notamment lié à la corruption. Après quasiment 12 ans de pouvoir, Russie Unie est fréquemment qualifiée de «parti d'escrocs et de voleurs».
Contrairement aux précédentes manifestations, réprimées rapidement et avec force, la police avait cette fois consigne de ne pas intervenir, et moins d'une centaine d'interpellations ont été signalées dans tout le pays. Les chaînes de télévision contrôlées par le pouvoir, qui font d'ordinaire silence sur les manifestations ou les minimisent, leur ont consacré samedi un temps d'antenne notable.
Un des dirigeants de Russie Unie, Andreï Isaïev, a assuré que «l'expression de ce point de vue, extrêmement important, serait entendu dans les médias, la société et l'État», sans toutefois annoncer un nouveau scrutin ou décompte des voix.
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