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Législatives russes - Le parti de Poutine a du plomb dans l'aile

Score de près de 50% et accusations de fraudes

Dmitri Medvedev, à gauche, et Vladimir Poutine hier à Moscou: «C’est la démocratie en action!»<br />
Photo : Agence France-Presse Dmitry Astakhov
Dmitri Medvedev, à gauche, et Vladimir Poutine hier à Moscou: «C’est la démocratie en action!»
Le parti du premier ministre Vladimir Poutine, Russie unie, a enregistré un net recul lors des élections législatives d'hier. En allant déposer son bulletin dans l'urne à Moscou, Poutine, le visage grave, avait simplement dit espérer «un bon résultat» pour sa formation.

Moscou — Le parti Russie unie de Vladimir Poutine arrivait en tête des élections législatives hier en dépit d'une nette baisse de popularité avec près de 50 % des voix, à l'issue d'un scrutin marqué par de multiples accusations de fraudes et des interpellations d'opposants.

Selon des résultats portant sur 75,25 % des bureaux de vote annoncés par la commission centrale électorale, Russie unie obtient 49,99 % des voix et devrait conserver sa majorité absolue en sièges grâce à un système complexe de répartition des voix lié au mode de scrutin proportionnel.

Mais le score du parti au pouvoir affiche un recul de près de 15 points par rapport aux législatives de 2007 (64,7 %). Il avait alors obtenu 315 des 450 sièges de la chambre basse du Parlement (Douma), une majorité des deux tiers qui permettait si nécessaire d'amender la Constitution. «C'est la démocratie en action», a déclaré à la télévision le président Dmitri Medvedev, tête de liste de Russie unie, après l'annonce de premiers résultats partiels.

«On disait que le parti [...] chercherait à conserver sa position dominante en se livrant à des machinations, des manipulations», mais il a «prouvé qu'il avait le droit moral de poursuivre dans la voie que nous avons choisie. C'est ça le parlementarisme, c'est ça la démocratie», a insisté Medvedev.

«C'est un résultat optimal qui reflète la situation réelle dans le pays», a déclaré à son côté le premier ministre Vladimir Poutine, les deux dirigeants balayant ainsi les accusations de fraude lancées tant par l'opposition libérale, des ONG, que le Parti communiste.

«En nous appuyant sur ce résultat, nous pourrons assurer le développement stable du pays», a ajouté l'homme fort du pays, président de 2000 à 2008, pour lequel ces élections étaient un test avant la présidentielle de mars 2012 lors de laquelle il compte revenir au Kremlin. Le Parti communiste, principal mouvement d'opposition à la Douma, obtient 19,35 % des voix, le parti Russie juste (centre-gauche) 12,98 % et le parti libéral-démocrate (nationaliste) 11,80 %.

Le parti libéral Iabloko ne passe pas le seuil des 7 % nécessaire pour avoir une fraction représentative à la Douma, selon ces résultats.

Le président de l'assemblée sortante, Boris Gryzlov, s'est lui aussi félicité de la «victoire» de Russie unie, estimant que son parti conserverait «la majorité à la Douma» au cours des cinq prochaines années.

Pressions


Mais le score obtenu est inférieur aux espérances de Russie unie. Des responsables de régions avaient fait état de pressions pendant la campagne pour inciter les électeurs à voter pour le parti de Vladimir Poutine, un gouverneur lançant à des élus et des entrepreneurs: «Il nous faut 55 % minimum!».

Les sondages avaient révélé une baisse de popularité ces derniers mois de la formation présidée par l'ex-agent du KGB.

Le président de la commission électorale, Vladimir Tchourov, a lui aussi contesté les accusations de fraude: «Autant que je sache, il n'y a pas eu d'infractions», a-t-il dit, ajoutant que la participation avait été d'«au moins 60 %».

Un membre du comité central du Parti communiste, Ivan Melnikov, a en revanche affirmé que sa formation avait reçu «des milliers de plaintes des états-majors régionaux, confirmant le caractère massif des infractions et des falsifications».

Des côtes du Pacifique à la Baltique, les Russes ont voté à l'occasion de ces élections considérées comme un test de popularité pour Poutine avant son retour programmé au Kremlin l'an prochain. Le premier ministre, aux affaires depuis douze ans, briguera en effet le 4 mars un nouveau mandat présidentiel.

Russie unie devrait donc perdre sa majorité des deux tiers à la Douma, les électeurs ayant montré des signes d'apathie depuis que Poutine, qui reste pourtant de loin la personnalité politique la plus appréciée, a annoncé sa candidature à la présidentielle.

En allant déposer son bulletin dans l'urne à Moscou, Poutine, le visage grave, avait simplement dit espérer «un bon résultat» pour sa formation.

L'issue du scrutin présidentiel de mars prochain ne fait guère de doute et le futur chef de l'État a fait savoir en septembre qu'il céderait alors la tête du gouvernement au président sortant Dmitri Medvedev.

Plusieurs sites de médias indépendants et ceux d'une ONG recensant ces infractions étaient inaccessibles dimanche en raison de cyber-attaques orchestrées, selon eux, pour empêcher la diffusion d'informations sur les fraudes. Il s'agit notamment des sites de la radio Echo de Moscou, du quotidien Kommersant, de l'hebdomadaire New Times, de l'ONG Golos ainsi que son site interactif La carte des fraudes, qui était dans le collimateur des autorités depuis une semaine.

À Saint-Pétersbourg, Alexeï, un électeur de 23 ans, a affirmé à l'AFP avoir voté dix fois pour Russie unie contre une prime de 2000 roubles (près de 75 dollars) grâce à un système permettant à un électeur de voter en dehors de son bureau de vote avec un certificat reçu à l'avance. «On m'a donné 30 certificats à mon nom. J'ai eu le temps de faire dix bureaux. Russie unie va de toute façon falsifier les résultats et moi j'ai besoin d'argent avant Noël», a-t-il expliqué.

***

Avec Reuters
 
 
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  • maxime belley - Inscrit
    5 décembre 2011 04 h 14
    bahhh
    Si la Russie ne vend pas tout ses assisses aux états unis et ce à rabais, l'occident va toujours critiquer ce qui se passe en Russie. Russie Unie est un partie nationaliste Russe qui se livre au protectionnisme alors tout comme la Chine et les autres rebelles de l'empire ils sont toujours critiqués.
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