Syrie - La Ligue arabe adopte des sanctions contre Damas
Photo : Agence Reuters
Malgré la répression sanglante que mène le régime Al-Assad, les manifestations de protestations se poursuivent en Syrie, comme ici à Homs.
La Ligue arabe a adopté hier des sanctions sans précédent contre le régime syrien afin de le contraindre à mettre fin à la répression sanglante qu'il mène depuis huit mois.
L'organisation régionale exige notamment la suspension de toutes les transactions avec la Banque centrale syrienne, ainsi que le gel des comptes bancaires du gouvernement syrien dans les pays arabes. Les sanctions comprennent aussi une interdiction de voyager dans les pays arabes pour un certain nombre de hauts responsables syriens, dont la liste reste à déterminer, et la suspension des liaisons aériennes entre les pays arabes et la Syrie.
Dix-neuf des vingt-deux États membres de la Ligue ont approuvé la liste de sanctions, a précisé le premier ministre du Qatar, Hamad ben Jassim al-Thani, lors d'une conférence de presse au Caire. L'Irak et le Liban s'en sont quant à eux dissociés, n'empêchant pas des dizaines de milliers de partisans de l'opposition pro-occidentale de manifester hier à Tripoli, bastion sunnite dans le nord du Liban, afin de dénoncer le régime syrien et son allié chiite libanais, le Hezbollah.
Le régime de Bachar al-Assad n'a pas tardé à dénoncer une trahison de la part des autres pays membres de la Ligue arabe. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, avait même accusé samedi les Arabes de favoriser une «intervention étrangère» en Syrie, après leur décision de faire appel à l'ONU pour les aider à trouver un règlement.
«Tout ce que nous faisons, c'est pour éviter une solution venant de l'étranger», a rétorqué Hamad ben Jassem al-Thani. «[Mais] si la communauté internationale voit que nous ne traitons pas la question de manière sérieuse, je ne peux pas garantir qu'il n'y aurait pas d'intervention étrangère», a-t-il ajouté.
La Ligue arabe avait sommé Damas de cesser la répression, puis d'ouvrir ses frontières à des observateurs arabes, mais en vain. «Pour nous, l'important est que le gouvernement syrien se rende compte qu'il y a une position arabe qui veut régler la question de manière urgente», a poursuivi M. Jassem al-Thani, réclamant «l'arrêt des massacres, la libération des prisonniers et le retrait des chars [des villes syriennes]».
En annonçant l'adoption des sanctions arabes, la télévision publique syrienne a souligné, sans autre commentaire, qu'il s'agit d'«une mesure sans précédent», tandis que plusieurs centaines de manifestants s'étaient rassemblés sur une grande place de la capitale pour les dénoncer.
Le journal du pouvoir, Al-Thawra, a accusé la Ligue arabe de vouloir prendre «des sanctions économiques et commerciales qui visent le peuple syrien», une mesure «en contradiction avec les règles de la coopération arabe».
En revanche, les Comités de coordination locaux (LCC), qui chapeautent la mobilisation antigouvernementale sur le terrain, les ont saluées par voie de communiqué. Ils ont également pressé la Ligue arabe d'«établir des mécanismes de contrôle sévères pour leur application faute de quoi elles seront contournées par le régime».
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi, a fait valoir que «la principale préoccupation pendant les discussions était d'éviter que le peuple syrien pâtisse de ces sanctions».
L'organisation réexaminera les sanctions si Damas met en oeuvre le plan arabe de sortie de crise, soit le retrait des chars des rues syriennes ainsi que l'envoi d'observateurs étrangers sur place, auquel il avait pourtant donné son accord, a indiqué le diplomate égyptien.
Pour sa part, le chef de la diplomatie canadienne, John Baird, exhorte les Nations unies à isoler davantage le régime «violent et illégitime» du président Bachar al-Assad, tout en pressant les ressortissants canadiens qui se trouvent encore en Syrie d'en sortir immédiatement. M. Baird a déclaré sur Twitter que l'organisation internationale devait imiter ce qu'il qualifie de décision courageuse de la part de la Ligue arabe.
Plusieurs redoutent que les sanctions de la Ligue arabe plongent le pays dans la guerre civile — qui pourrait dépasser les frontières et déstabiliser toute la région —, plutôt que de mettre fin aux violences. D'ailleurs, au moins 20 civils ont été tués, alors que 25 autres ont été blessés hier par les tirs des forces de sécurité syrienne, essentiellement dans les régions de Homs et de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Un nombre croissant d'affrontements entre des déserteurs ou des civils armés et forces de sécurité ont été signalés. À Homs, des accrochages violents sont survenus entre des déserteurs, dont la plupart d'entre eux se seraient regroupés pour former «l'Armée libre de Syrie», et des soldats, au dire des activistes.
Plus de 3500 personnes sont mortes dans la répression depuis le début du mouvement de contestation en mars, selon les Nations unies.
***
D'après La Presse canadienne, l'AP et l'AFP
L'organisation régionale exige notamment la suspension de toutes les transactions avec la Banque centrale syrienne, ainsi que le gel des comptes bancaires du gouvernement syrien dans les pays arabes. Les sanctions comprennent aussi une interdiction de voyager dans les pays arabes pour un certain nombre de hauts responsables syriens, dont la liste reste à déterminer, et la suspension des liaisons aériennes entre les pays arabes et la Syrie.
Dix-neuf des vingt-deux États membres de la Ligue ont approuvé la liste de sanctions, a précisé le premier ministre du Qatar, Hamad ben Jassim al-Thani, lors d'une conférence de presse au Caire. L'Irak et le Liban s'en sont quant à eux dissociés, n'empêchant pas des dizaines de milliers de partisans de l'opposition pro-occidentale de manifester hier à Tripoli, bastion sunnite dans le nord du Liban, afin de dénoncer le régime syrien et son allié chiite libanais, le Hezbollah.
Le régime de Bachar al-Assad n'a pas tardé à dénoncer une trahison de la part des autres pays membres de la Ligue arabe. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, avait même accusé samedi les Arabes de favoriser une «intervention étrangère» en Syrie, après leur décision de faire appel à l'ONU pour les aider à trouver un règlement.
«Tout ce que nous faisons, c'est pour éviter une solution venant de l'étranger», a rétorqué Hamad ben Jassem al-Thani. «[Mais] si la communauté internationale voit que nous ne traitons pas la question de manière sérieuse, je ne peux pas garantir qu'il n'y aurait pas d'intervention étrangère», a-t-il ajouté.
La Ligue arabe avait sommé Damas de cesser la répression, puis d'ouvrir ses frontières à des observateurs arabes, mais en vain. «Pour nous, l'important est que le gouvernement syrien se rende compte qu'il y a une position arabe qui veut régler la question de manière urgente», a poursuivi M. Jassem al-Thani, réclamant «l'arrêt des massacres, la libération des prisonniers et le retrait des chars [des villes syriennes]».
En annonçant l'adoption des sanctions arabes, la télévision publique syrienne a souligné, sans autre commentaire, qu'il s'agit d'«une mesure sans précédent», tandis que plusieurs centaines de manifestants s'étaient rassemblés sur une grande place de la capitale pour les dénoncer.
Le journal du pouvoir, Al-Thawra, a accusé la Ligue arabe de vouloir prendre «des sanctions économiques et commerciales qui visent le peuple syrien», une mesure «en contradiction avec les règles de la coopération arabe».
En revanche, les Comités de coordination locaux (LCC), qui chapeautent la mobilisation antigouvernementale sur le terrain, les ont saluées par voie de communiqué. Ils ont également pressé la Ligue arabe d'«établir des mécanismes de contrôle sévères pour leur application faute de quoi elles seront contournées par le régime».
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi, a fait valoir que «la principale préoccupation pendant les discussions était d'éviter que le peuple syrien pâtisse de ces sanctions».
L'organisation réexaminera les sanctions si Damas met en oeuvre le plan arabe de sortie de crise, soit le retrait des chars des rues syriennes ainsi que l'envoi d'observateurs étrangers sur place, auquel il avait pourtant donné son accord, a indiqué le diplomate égyptien.
Pour sa part, le chef de la diplomatie canadienne, John Baird, exhorte les Nations unies à isoler davantage le régime «violent et illégitime» du président Bachar al-Assad, tout en pressant les ressortissants canadiens qui se trouvent encore en Syrie d'en sortir immédiatement. M. Baird a déclaré sur Twitter que l'organisation internationale devait imiter ce qu'il qualifie de décision courageuse de la part de la Ligue arabe.
Plusieurs redoutent que les sanctions de la Ligue arabe plongent le pays dans la guerre civile — qui pourrait dépasser les frontières et déstabiliser toute la région —, plutôt que de mettre fin aux violences. D'ailleurs, au moins 20 civils ont été tués, alors que 25 autres ont été blessés hier par les tirs des forces de sécurité syrienne, essentiellement dans les régions de Homs et de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Un nombre croissant d'affrontements entre des déserteurs ou des civils armés et forces de sécurité ont été signalés. À Homs, des accrochages violents sont survenus entre des déserteurs, dont la plupart d'entre eux se seraient regroupés pour former «l'Armée libre de Syrie», et des soldats, au dire des activistes.
Plus de 3500 personnes sont mortes dans la répression depuis le début du mouvement de contestation en mars, selon les Nations unies.
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D'après La Presse canadienne, l'AP et l'AFP
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