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    L'avenir de l'Inde passe-t-il par Walmart?

    New Delhi — L'Inde bientôt envahie par les Walmart et les Carrefour? Il était écrit dans le ciel que ces hypermarchés étrangers seraient un jour autorisés à s'installer, comme ils le sont en Chine depuis 2004. Jeudi dernier, le gouvernement indien a finalement ouvert la porte à ces mastodontes du multimarque en les autorisant à afficher leur bannière, à vendre directement aux consommateurs et à détenir des intérêts majoritaires (51 %) dans des entreprises de commerce au détail.


    La question, du reste facile à politiser, fait débat depuis des années: et qu'adviendra-t-il donc des dizaines de millions de vendeurs de rue et de petits commerces familiaux, épine dorsale de la petite entreprise indienne? Dans les rangs de ceux qui s'opposent à l'ouverture, la réaction est souvent épidermique. Uma Bharti, une leader du BJP, le principal parti d'opposition, a carrément menacé d'aller elle-même mettre le feu à un Walmart qui ouvrirait ses portes en Inde, quitte à se voir jeter en prison. Mayawati, la chef du gouvernement de l'Uttar Pradesh, l'État le plus populeux du pays, a déclaré que jamais elle n'autoriserait l'une de ces grandes surfaces à mettre les pieds dans son État. «C'est suicidaire!»

    Le gouvernement du premier ministre Manmohan Singh — et une bonne partie de la grande presse urbaine — plaide le fait que le commerce au détail en Inde est un marché en expansion (d'une valeur de 450 milliards de dollars à l'heure actuelle) et que, donc, on peut ouvrir la porte aux étrangers sans nuire à personne; et qu'ensuite, à peine 5 % du secteur indien du commerce au détail est «organisé» et qu'il a donc d'urgence besoin d'être modernisé. Ah! La modernisation! Pas faux de dire que certaines choses laissent à désirer. Le drame en Inde, c'est que 40 % des produits frais sont perdus avant d'atteindre les étals, faute de chaîne du froid et de système de distribution adéquats. Mais de là à ériger Walmart en modèle... Dans The Times of India, un journal qui milite à fond pour l'accès étranger au commerce indien, un commentateur visiblement peu au fait de l'antisyndicalisme de la multinationale a prétendu que sa présence allait faire en sorte que les droits des travailleurs seraient mieux respectés!

    Cela dit, le gouvernement jure de baliser sa nouvelle politique: il faudra au bas mot que l'entreprise investisse 100 millions de dollars et que la moitié de cette somme soit consacrée au développement des infrastructures rurales et à l'établissement d'une chaîne frigorifique. Il faudra aussi que 30 % des produits proviennent de petits et moyens fournisseurs indiens. Qui, par ailleurs, vérifiera que ces conditions sont observées? Afin de protéger les petits marchés, les multinationales ne pourront pas non plus s'installer dans les villes de moins d'un million d'habitants. Protection bien symbolique, à vrai dire: vu l'urbanisation rapide du pays, on s'attend à ce qu'il y ait 125 villes d'un million et plus d'habitants dans dix ans. Elles sont une soixantaine à l'heure actuelle.

    Alors, l'Inde tapissée demain par les Walmart et les Carrefour? Attendons de voir. Ils sont déjà depuis un certain temps autorisés à faire du commerce en gros à l'intention des entreprises — hôtels, restaurants, etc. —, voici qu'on leur donne les clés du paradis de la consommation de masse. Or, ils ne s'adresseront en fait qu'à une infime minorité, nantie, de la population indienne (1 % ou 2 %, selon le Centre for Policy Alternatives, un think tank basé à Delhi). Les études de marché évaluent qu'à l'heure actuelle, les Indiens effectuent moins de 8 % de leurs dépenses de consommation courante dans des centres commerciaux et des supermarchés tels que nous les connaissons chez nous. La grande majorité des consommateurs vont encore au marché public du quartier, font leur épicerie aux étals du coin, hèlent du balcon de leur appartement le vendeur ambulant de fruits et légumes qui annonce ses produits à la criée en passant matin et soir dans la rue. En plus, ici, on peut absolument tout commander par téléphone... Les habitudes de consommation des Indiens sont encore loin, dirais-je, de passer par une automobile stationnée dans un immense parking de grande surface.

    ***

    Le poids du nombre! En attendant de voir, les Indiens se marient, suivant les instructions des astrologues et des numérologues... Hier, 27 novembre 2011, 60 000 mariages ont été célébrés, et ce, uniquement à Delhi. Un record. Voici pourquoi: 2 et 7 font 9, ce qui est le nombre de Mars, alors que la somme des chiffres composant 11 et 2011 est égale à 6, le nombre de Vénus. Qui plus est, ce jour tombe un dimanche, et le dimanche est gouverné par le soleil... Bref, ces conjonctions, et d'autres encore dont nous vous ferons grâce, font que c'était une excellente journée pour se marier, sinon tout simplement pour faire connaissance. La dernière fois que des noces en quantités pareilles se sont produites, c'était en avril 2010 à Mumbai: 50 000 mariages. Dans sa prescience, la police de la capitale a prévenu qu'il y aurait des embouteillages partout.
     
     
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