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Après deux jours d'émeutes - Calme relatif à Bassorah

Washington devrait présenter une nouvelle résolution au conseil de sécurité de l'ONU

Bassorah, Irak — La situation s'est apaisée hier en fin d'après-midi à Bassorah après une deuxième journée d'émeutes qui a causé la mort d'un ancien officier du corps d'élite des Gurkhas népalais et celle de deux Irakiens dans la deuxième ville du pays.

Un porte-parole britannique a déclaré à Reuters que l'ancien Gurkha avait été abattu lors d'une embuscade dans le centre-ville. L'homme, qui travaillait pour la société privée de sécurité Global Security, se trouvait à bord d'un véhicule qui convoyait du courrier pour les Nations unies.

Le porte-parole a précisé qu'en milieu d'après-midi, deux ou trois Irakiens armés ont ordonné à deux véhicules de l'autorité provisoire de la coalition de ralentir.

«Les voitures ont continué à avancer, des tirs ont éclaté et plusieurs cartouches ont touché une voiture, blessant le Gurkha à l'épaule», a-t-il ajouté, précisant que l'homme, malgré des soins d'urgence reçu au QG de l'autorité provisoire, avait succombé peu après.

Soldats et véhicules blindés de l'armée britannique ont patrouillé dans les rues de la ville où les émeutiers qui ont élevé des barricades de pneus enflammés ont jeté des blocs de béton sur les voitures qui passent pour protester contre les pénuries de carburant et d'électricité.

Un porte-parole de l'armée britannique avait auparavant affirmé que les soldats étaient équipés et prêts à parer toute répétition des émeutes de la veille, au cours desquelles les habitants s'en sont pris à coups de pierres aux soldats britanniques et aux Koweïtiens notamment, qu'ils accusent de faire de la contrebande de pétrole irakien bon marché.

Ils reprochent également aux Britanniques de ne pas avoir réussi à rétablir les services publics à leur niveau d'avant-guerre.

Comme presque partout en Irak, les coupures de courant sont fréquentes à Bassorah, empêchant le fonctionnement des réfrigérateurs et des systèmes de climatisation.

Même ceux qui sont équipés de générateurs en souffrent, du fait de la pénurie de carburant que les Britanniques imputent aux contrebandiers.

«[Les Britanniques] ne nous ont pas donné ce qu'ils avaient promis, et nous en avons assez d'attendre», a expliqué un étudiant de 19 ans, Hassan Djassim.

«Ce n'est pas politique. Nous n'avons ni essence, ni électricité, ni salaires [...]. Tout ce que je veux, c'est de l'eau», a lancé quant à lui un chauffeur, Fadil Salman.

Les actes de violence s'étaient jusqu'alors concentrés plus au nord, dans les régions sunnites.

Pendant ce temps, Washington envisage de présenter cette semaine au Conseil de sécurité de l'ONU une nouvelle résolution sur la reconstruction du pays.

Cette résolution mettrait en place une mission de l'ONU chargée de superviser le Conseil de gouvernement transitoire irakien, installé le 13 juillet sous la houlette des États-Unis, a rapporté hier le New York Times, citant des diplomates de l'ONU.

Washington compte renforcer la légitimité du Conseil irakien et souligner l'idée que l'ONU joue un rôle central en Irak, même si, dans la réalité, les diplomates cités reconnaissent que ce texte ne donnerait quasiment pas plus de pouvoir aux Nations unies, déjà chargées de contribuer à la reconstruction et à l'aide humanitaire.

Hier au Caire, le président égyptien Hosni Moubarak et le prince héritier saoudien Abdallah ben Abdel Aziz ont appelé de leurs voeux ce renforcement du rôle de l'ONU.

Un débat sur l'Irak est officiellement prévu au Conseil de sécurité le 21 août.
 
 
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