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La Syrie est au bord de la «guerre civile»

Des militaires dissidents multiplient les attaques contre le régime, qui continue de massacrer les manifestants pacifiques

Des ressortissants syriens ont manifesté hier à Istanbul contre le régime Assad. <br />
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Photo : Agence Reuters Osman Orsal
Des ressortissants syriens ont manifesté hier à Istanbul contre le régime Assad.

Damas — Les forces syriennes ont tiré pour disperser des milliers de manifestants hostiles au régime hier, tuant au moins douze civils dont deux enfants, à la veille de l'expiration d'un ultimatum arabe sommant le président Bachar al-Assad de cesser la répression.

Les États-Unis, l'Iran, mais aussi la France et la Turquie ont dit craindre une «guerre civile» alors que se multiplient les attaques de militaires dissidents parallèlement aux manifestations pacifiques.

Trois membres des forces de sécurité ont ainsi été tués dans une attaque à la bombe à Hama (centre), selon la télévision d'État.

Les militants pro-démocratie ont appelé via internet à des manifestations massives qui, comme chaque vendredi depuis la mi-mars, ont commencé après la prière hebdomadaire.

Les manifestants ont défilé dans de nombreuses villes malgré un déploiement massif des forces de sécurité, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni, et les Comités locaux de coordination (LCC), qui chapeautent les contestataires sur le terrain.

Les troupes ont ouvert le feu pour disperser les contestataires, faisant 12 morts selon l'OSDH. Deux manifestants ont été tués à Homs (centre), six, dont deux enfants, dans la région de Deraa (sud), trois autres dans la région de Damas et un à Hama. Les LCC ont fait état pour leur part de 20 civils tués, dont quatre enfants.

À Damas, quelque 2000 personnes ont manifesté en soutien au président syrien et se sont engagées à organiser tous les vendredis des contre-protestations en réponse au mouvement de contestation. Le régime Assad semble sourd aux injonctions de la Ligue arabe qui lui a donné jusqu'à minuit pour cesser les violences contre les civils sous peine de sanctions économiques, après avoir suspendu la participation de son pays de l'organisation.

Les pays arabes reprochent au gouvernement syrien de ne pas respecter, contrairement à sa promesse, le plan de sortie de crise arabe qui prévoit la fin des violences, le retrait des troupes des villes, la libération de milliers de détenus et l'envoi d'observateurs arabes sur le terrain.

La Ligue arabe a dit examiner une demande syrienne de modifications à sa proposition d'envoyer à Damas une délégation de 500 observateurs pour s'assurer de la sécurité des populations civiles.

Malgré les pressions croissantes de l'Occident et des Arabes, M. Assad peut encore se targuer des soutiens de ses alliés chinois et russe, qui continuent de refuser toute ingérence étrangère en Syrie et de favoriser le dialogue en dépit des violences qui ont fait plus de 3500 morts en huit mois selon l'ONU.

«Erreur historique»


L'Iran, allié de Damas, a pour sa part qualifié la décision de suspendre la Syrie de la Ligue arabe d'«erreur historique», craignant une guerre civile.

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a aussi déploré la possibilité d'une «guerre civile, avec une opposition très déterminée, bien armée et finalement bien financée». Cette action armée, ajoute-telle, serait «sinon dirigée, du moins certainement influencée par des déserteurs de l'armée».

L'Armée Libre de Syrie (ASL), regroupant des soldats insoumis, a intensifié son action ces dernières semaines, menant des attaques contre des centres des services secrets et du parti au pouvoir.

Le chef de la diplomatie française Alain Juppé et son homologue turc Ahmet Davutoglu, dont le pays a coupé les ponts avec son voisin, ont eux aussi évoqué le risque de «guerre civile». Ce dernier a cependant estimé qu'on n'en était pas encore là car, pour l'instant, «ce sont la plupart du temps des civils qui sont attaqués» par les troupes.

Les États-Unis, l'Union européenne et la Turquie préconisent une accentuation des sanctions.
 
 
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