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    Repères - Le sacrifice

    Les immolations sont presque à la mode par les temps qui courent. Revenues à la mode, devrait-on dire, puisqu'on en avait déjà connu quelques vagues dans le passé.


    La récente épidémie de suicides par le feu chez les Tibétains coïncide avec un nouveau durcissement du dialogue, ou plutôt du non-dialogue, entre Pékin et l'entourage du dalaï-lama, le chef traditionnel du Tibet qui vit en exil en Inde depuis 52 ans.

    Après celles qui ont servi de déclencheur au printemps arabe, on a assisté, ces dernières semaines, à une vague d'immolations chez les moines bouddhistes tibétains. Plus d'une dizaine ont tenté de s'enlever la vie au cours de cette période, la plupart ayant réussi leur geste.

    En 1963, un moine bouddhiste s'était transformé en torche vivante devant les photographes de presse au Vietnam. En 1991, deux étudiantes sud-coréennes avaient fait de même pour protester contre la dictature militaire qui sévissait alors dans leur pays. En 2008, un jeune homme s'est immolé en Birmanie. Plus récemment, c'est en Tunisie et en Algérie, pays musulmans, que plusieurs personnes ont choisi ce moyen de contestation draconien. Entre-temps, on avait aussi rapporté, de temps en temps, de tels suicides dans l'ex-URSS.

    Les autorités spirituelles concernées rappellent habituellement que les préceptes de leur religion interdisent aux personnes de s'enlever la vie, ce qui ne les empêche pas, dans plusieurs cas, de montrer beaucoup de sympathie pour les auteurs de ces gestes désespérés.

    Les suicides par le feu sont assez spectaculaires pour attirer l'attention du monde sur des régions ou des enjeux qui suscitent assez peu d'intérêt en temps normal. Selon certaines sources comme Radio Free Asia (une créature du gouvernement américain, faut-il préciser), d'autres formes de protestations plus classiques ont actuellement cours dans la région autonome du Tibet et dans des provinces chinoises abritant de fortes minorités tibétaines, même si on ne semble pas assister à une réédition de la révolte de 2008, qui avait éclaté à l'approche des Jeux olympiques de Pékin.

    Selon certains spécialistes de la région, les moines tibétains protestent surtout parce qu'ils craignent que les autorités chinoises imposent un nouveau dalaï-lama lorsque le titulaire actuel, âgé de 76 ans, mourra. La tradition veut qu'un dalaï-lama se réincarne dans l'enfant qui deviendra son successeur, ayant pris soin de laisser quelques indices sur l'identité de celui-ci.

    Sans aller jusqu'à renier la croyance qui a forgé son destin, le titulaire actuel maintient le flou sur son intention de se réincarner ou non. Homme habile et moderne, il a même laissé entendre que l'institution qu'il incarne, vieille de plus de quatre siècles, a probablement fait son temps. Les autorités officiellement matérialistes de la Chine populaire, de leur côté, ont averti le dalaï-lama et son entourage que les questions de réincarnation, qui semblent les obséder, doivent être approuvées par elles.

    On assiste donc à un spectacle un peu surréaliste. Le Quotidien du peuple vient d'annoncer que les autorités chinoises ont inauguré à Lhassa un «Institut théologique bouddhiste tibétain», qui s'ajoute à de nombreuses organisations religieuses officielles. En même temps qu'elles tentent d'y réduire l'influence du dalaï-lama, elles ont par ailleurs annoncé des mesures visant à améliorer les conditions matérielles dans les monastères, où l'eau et l'électricité sont souvent coupées en guise de punition.
     
     
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