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Le défi du développement durable - Un impossible statu quo

La ponction sur les ressources vivantes et non renouvelables d'une humanité qui les surexploite, accentuée par le dérèglement des grands régulateurs de la planète comme le climat, la couche d'ozone et les océans, conduit l'humanité au dépassement des seuils de viabilité de la planète, selon la plupart des grands organismes scientifiques. Ce qui pose une question fondamentale: notre ponction sur les ressources est-elle viable ou s'agit-il d'une fuite en avant au potentiel mortel?

Selon plusieurs études, les humains ont atteint le seuil d'exploitation de leur planète en 1987. En 2007, nous aurions consommé l'équivalent de 1,4 planète et ce dépassement atteindra deux fois sa capacité en 2033, malgré les progrès anticipés des technologies.

Mais cette ponction sur les ressources planétaires est inégale. Les 36 principaux pays responsables du réchauffement climatique — dont le Canada — étaient responsables en 2007 de 57 % du PIB mondial et de 46 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) avec seulement 20 % de la population mondiale.

D'ici 2030, selon l'Agence internationale de l'énergie, sans changement de cap, nous aurons augmenté de 50 % notre consommation malgré la menace des changements climatiques. Et cette menace est sérieuse: la température du globe a augmenté de 0,7 °C au XXe siècle et elle devrait augmenter de 1,8 °C à 4,5 °C d'ici 2100. La rapidité du changement dépasse présentement les prévisions les plus pessimistes et menace les mégalopoles de la planète, principalement celles d'Asie et d'Afrique.

Peur du futur


La moitié des humains était dotée d'un téléphone cellulaire l'an dernier. La dépense d'énergie des réseaux de communications et d'Internet, ajoutée à celle des nouveaux téléviseurs, est en train d'annuler deux décennies d'efforts en efficacité énergétique. Or, même avec un coup de barre radical — pour l'instant fort improbable — le réchauffement en cours continuerait sa progression pendant des décennies, tout comme il faudra au moins 50 ans d'efforts continus pour restaurer la couche d'ozone. Quant à la perte du capital génétique, engendrée par une inexorable consommation alimentaire croissante et par la dévastation des grandes forêts et des écosystèmes côtiers, marins et humides, elle pourrait rayer de la carte 16 000 espèces. Or, aucun contrôle en vue ne pourra faire renaître celles qui ont disparu. Cédons-nous à la peur du futur en évoquant ces chiffres?

Pour les scientifiques et des organismes aussi conservateurs que le Département de l'Intérieur des États-Unis, plus de 24 ressources minérales critiques vont être épuisées d'ici la fin du siècle, provoquant des hausses de prix qui vont accentuer les inégalités entre pays et individus. Les crises alimentaires, attisées par la surexploitation des mers, la désertification, la dégradation des sols et la diminution de la disponibilité de l'eau, vont aussi accentuer les disparités au point de provoquer des conflits et de créer des «réfugiés environnementaux».

Le Worldwatch Institute propose deux solutions: d'abord diminuer la population mondiale par l'éducation des femmes et en consolidant leur droit à décider de leurs grossesses. La moitié de la croissance de la population mondiale pourrait ainsi être évitée. Ensuite, réduire la consommation des ressources et favoriser une meilleure répartition. En somme, l'humanité doit commencer rapidement à planifier la décroissance de sa consommation et de sa production, ou l'épuisement des ressources lui imposera ce même coup de frein, mais dans un contexte de rivalités, de migrations environnementales, d'inégalités croissantes, voire d'affrontements et de guerres.
 
 
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  • Nimporte quoi - Inscrit
    31 octobre 2011 09 h 48
    C'est pas la terre qui se meurt, c'est l'humanité et son ignorance
    Si la grande noirceur nous gardait dans l'ignorance, on ne peut pas dire que la lumière a fait mieux!

    Tout est aujourd'hui consommé à travers le filtre des communications. Un filtre qui encense le bon communicateur capable de vendre sa salade. Filtre qui admire aussi le bon stratège politique qui nous gave de prospérité à venir au prix d'innombrables « déresponsabilisations » d'aujourd'hui.

    Non seulement la technologie n'a pas réussi à freiner le rythme (!), mais les craintes justifiées ou pas semble avoir effectivement fait perdre beaucoup de jobs depuis l'ère industrielle.

    Le dilemme inextricable entre les ambitions de l'humanité et les ressources de la planète a besoin d'un consensus responsable au plus haut niveau. Tout au moins pour transmettre les valeurs adéquates. C'est tout à fait inamissible que le pouvoir nous vendent encore des Plans Nord comme au siècle dernier.

    Le peuple a depuis beaucoup évolué. Alors que la politique des années folles semble revenir de plus belle! Comme la p'tite gêne d'un ministre fédéraliste dans un gala de La disque, nos politiciens doivent bien avoir un petit malaise, tout de même? Mais non, notre être tout entier est capable d'être obnubilée au point d'en oublier la mort.
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  • Marc-Aurèle Lachance - Inscrit
    1 novembre 2011 01 h 45
    Décroissance ou progrès prudent?
    Évidemment, il y a une limite à la liberté de la croissance et de la consommation. Une limite que le capitalisme ne veut pas comprendre et appliquer ou pire dont il désire tirer profit à terme. C'est donc ce système et la dérégulation, de laquelle il procède et qu'il précède, qu'il faut faire décroître.

    Conséquemment, tant qu'il y aura des humains, si l'on n'espère pas les voir croupir, dépérir voire périr sous l'obscurantisme et la noirceur, il faudra des institutions au pouvoir réel quoique limité pour participer à leurs développements, à leurs PROGRÈS moraux et intellectuels, à l'épanouissement de leur liberté via l'éducation de tous par exemple. Et il faudra des énergies renouvelables pour que ce développement soit durable, pour que le génie citoyen, artistique et scientifique, s'exprime, crée et produise du mieux.

    Ainsi en Amérique, même en assurant la non-croissance de la population en restreignant par exemple le nombre d'enfants par famille à au plus 2, ne faut-il pas PRODUIRE PLUS d'hydroélectricité, d'éolien et de solaire pour remplacer pétrole, gaz et charbon avec ou sans CSC?

    Quel curieux développement que celui qui s'en va clamant: «la décroissance pour la décroissance»???

    L'esprit humain ne doit-il pas aussi survivre à la décroissance s'il espère humainement s'appliquer un développement durable?
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