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    Association Québec-France - Pour l'amitié et l'amour de la France

    Le Québec et la France sont organisés en «régionales»

    5 octobre 2011 |Claude Lafleur | Actualités internationales
    Le Parc national de la Gaspésie, un «grand espace» fort apprécié des Français<br />
    Photo: Source Sepaq Le Parc national de la Gaspésie, un «grand espace» fort apprécié des Français
    L'Association France-Québec est d'abord une association d'amitié. Pierre Provost, son président, témoigne.

    Il y a quarante ans se créaient de part et d'autre de l'Atlantique deux regroupements de citoyens dans le but de promouvoir les échanges entre la France et le Québec. «Nous regroupons plus de 2000 Québécois et nous sommes ce qu'on pourrait appeler la "partie civile" de la coopération franco-québécoise, énonce Pierre Provost, président de l'Association Québec-France. À certains égards, la coopération franco-québécoise, c'est très administratif, gouvernemental et politique, alors que nous, nous sommes la société civile de participation à la coopération.»

    Ce regroupement est avant tout une association d'amitié qui vise à développer les relations entre la France et le Québec. Constituée de 20 «régionales» qui tapissent le Québec — de la Gaspésie à l'Abitibi, de l'Outaouais à l'Estrie, illustre M. Provost — l'Association Québec-France a son équivalent français, constitué de 69 «régionales». L'une des caractéristiques des deux regroupements est de ne pas être centrés sur les grands centres urbains — Paris, Montréal — mais de couvrir les régions.

    Tous deux non seulement font la promotion des échanges culturels et touristiques, mais ces associations constituent un véritable réseau d'amitié et d'entraide qui facilite l'accueil des visiteurs d'outre-mer, peu importe quelles régions ils visitent, de même que les échanges de maisons (avec, en outre, l'accueil par les résidants locaux), ainsi que les échanges d'étudiants et de professionnels. Pierre Provost a lui-même bénéficié d'un échange professionnel inédit. «En 1988-89, raconte-t-il, durant un an, j'ai fait un échange professionnel. J'étais alors organisateur communautaire en CLSC (dans la Baie-des-Chaleurs) et j'ai changé de poste avec une conseillère en économie sociale et familiale de Bourgogne. On voulait alors voir comment des professionnels pouvaient intervenir en territoire complètement différent.»

    «Ç'a été tout un dépaysement pour la famille, poursuit-il. Pensez donc, mes quatre enfants ont passé une année dans des écoles en milieu rural français. Ce fut pour eux une belle expérience... Pour ma part, sur le plan professionnel, ç'a été une expérience extraordinaire, parce que les façons de travailler sont très différentes. Entre autres, j'ai pris une foule d'initiatives qui ont parfois beaucoup étonné les Français, puisque je ne respectais pas la hiérarchie! De mon côté, j'ai beaucoup apprécié l'étroite collaboration qui existe entre les mairies et les écoles — ce qu'on ne voit pas ici!»

    Depuis vingt ans, les échan-ges professionnels de part et d'autre de l'Atlantique se sont amplifiés. Actuellement, cinq centres jeunesse du Québec et autant d'instituts régionaux de travail social de la France partagent des professionnels. «Ce sont donc des travailleurs sociaux, des éducateurs, des psycho-éducateurs, qui partent de la France pour venir ici voir comment on travaille, et vice-versa, résume M. Provost. On a actuellement des stagiaires français à Québec, à Gaspé et en Montérégie, et d'autres s'en viennent.» Les membres de l'Association Québec-France bénéficient d'une foule d'avantages. Non seulement les membres d'une régionale reçoivent-ils la visite de «cousins» venus leur présenter leur coin de pays et leur mode de vie mais, lorsque vient le temps d'explorer la contrée française, ils bénéficient de l'accueil des membres de la régionale française.

    «On a aussi un programme d'échange de maisons, relate Pierre Provost. L'un de nous va chez un membre de France-Québec et lui vient ici pour un mois. Les membres de la régionale en étant informés, ils accueillent et s'occupent du visiteur. C'est dire que, en plus d'un échange de maisons, il y a tout un réseau d'accueil en place.» De même, un membre qui décide de visiter différentes régions de la France peut demander à être hébergé par des membres de la régionale. «On ne fait alors pas le voyage d'un touriste qui réside dans des hôtels, note Pierre Provost, mais on va chez des gens qui nous accueillent et nous font découvrir leur coin de pays.»

    Par ailleurs, dans le cadre du programme «Découverte du pays d'en face», l'Association Québec-France organise des délégations (d'une vingtaine de personnes) qui visitent une suite de régions de la France durant une année. «Nos membres sont reçus par des régionales françaises afin de découvrir différents coins de la France et sont hébergés chez l'habitant (des membres de France-Québec), explique le président de l'association. L'année suivante, ce sont des Français qui découvrent le Québec en faisant une tournée des régions.» M. Provost souligne au passage qu'«on n'a jamais de problème avec l'accueil; il y a toujours des membres prêts à accueillir d'autres membres».

    L'association offre aussi des programmes pour jeunes, dont le programme «Intermunicipalité», qui permet à de jeunes Québécois et Français de travailler dans une municipalité du «pays d'en face». «Actuellement, on a environ 150 jeunes qui vivent de part et d'autre une expérience qui leur permet de découvrir la France ou le Québec, relate-t-il. On a aussi des ententes avec des vignerons français qui accueillent des jeunes, les hébergent et les paient pour leur faire faire des vendanges.»

    Les deux associations organisent également chacune un prix littéraire. Des livres sont envoyés dans chacune des régionales, rapporte M. Provost, les mem-bres de celles-ci les lisent et votent. L'écrivain français qui remporte le prix vient ensuite faire une tournée organisée au Québec — de même pour le lauréat québécois en France. «On devient membre de notre association pour plusieurs raisons, indique avec enthousiasme le président, soit par amour de la France, pour accueillir des Français et échanger avec eux, découvrir des régions et des modes de vie, se lier d'amitié et voir du pays!»

    ***

    Collaborateur du Devoir












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