Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs - Ces lieux qui ne seront jamais oubliés
«On identifie des traces de nature patrimoniale qui témoignent de notre histoire commune»
Depuis 1996 existe un organisme nommé la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs (CFQLMC) qui a vu le jour sous l'impulsion de la Délégation québécoise à Paris, au moment où Marcel Masse en était le délégué général. Elle souligne les qualités, en les diffusant de différentes manières, de ces lieux à la fois matériels et immatériels qui ont engendré des richesses culturelles et historiques dispersées sur deux continents.
Qu'en-est-il au juste de ces lieux de mémoire qui sont la raison même d'exister de cette commission? Coprésident de celle-ci pour le Québec, André Dorval apporte cet éclairage: «C'est un repère culturel qui témoigne de leur histoire commune aux Français et aux Québécois; c'est un concept qui a été développé par l'historien français Pierre Nora, et on a l'adapté à notre réalité et à notre usage, selon la pratique. Il peut s'agir aussi bien d'un patrimoine immobilier que d'éléments culturels. Pour résumer, je dirais que ce sont toutes les traces tangibles et intangibles de notre histoire commune.»
Dans quelles circonstances la Commission est-elle mise sur pied? «Marcel Masse a proposé cette idée-là à une autre commission qui existait déjà depuis de nombreuses années, celle de la coopération permanente franco-québécoise; il en fut d'ailleurs le premier coprésident avec, pour pendant français, Henri Réthoré, ex-consul général à Québec.»
Il se tourne vers l'objectif visé et apporte un certain éclairage sur celui-ci: «Dans le fond, l'idée, c'était de créer un point d'ancrage qui se préoccupe d'identifier, de faire connaître et de mettre en valeur ces lieux de mémoire. Il faut bien voir le côté bilatéral et bénévole d'un tel organisme: du côté français, si on regarde le statut formel, c'est une association, et au Québec, c'est un organisme à but non lucratif. La Commission, c'est donc, essentiellement et à la fois de part et d'autre de l'Atlantique, une sorte de forum, un lieu de concertation, d'échanges, de propositions et d'initiatives; c'est aussi parfois un endroit de coordination, parce qu'on réalise des choses. Les gens sont là à titre de bénévole qui s'intéresse au thème qui nous réunit; ils peuvent être encore au travail dans des établissements culturels comme des musées, des services d'archives, etc.; dans d'autres cas, ils nous appuient à titre individuel. C'est un engagement citoyen; plusieurs de ces personnes sont également à la retraite et, comme elles ont oeuvré dans ces univers-là, elles mettent leurs compétences à notre service.»
Élément déclencheur
Plusieurs moyens d'action ont été mis de l'avant pour mener à bien la mission. «Ils sont plutôt humbles. On dispose d'une petite subvention de la Commission permanente, mais notre force, c'est d'être la mouche du coche; c'est donc dire qu'on va voir des acteurs institutionnels à qui on propose des choses; finalement, nous sommes un peu des animateurs», explique André Dorval.
Dans d'autres circonstances, il est question d'un engagement plus poussé. «On peut faire des démarches pour solliciter des fonds en vue de réaliser des projets.» Il donne un exemple reflétant les préoccupations et les grands thèmes de la Commission, qui sont associés à la connaissance et à la mise en valeur des lieux franco-québécois. «Il y a quelques années, on a par conséquent mobilisé des universités: pour la France, on a recruté l'Université de La Rochelle, et pour le Québec, ce furent l'Université Laval et l'Université du Québec à Trois-Rivières. Il s'en est suivi un énorme chantier qui a résulté en des produits très importants: on a réussi à publier en 2008 le document Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes.»
Et l'originalité de la démarche doit être soulignée. «Voilà un exemple d'intervention qui a donné des résultats extrêmement tangibles; c'est une brique et un travail d'inventaire qui existe à la fois en version papier et électronique. On identifie là des traces de nature patrimoniale qui témoignent de notre histoire commune.»
En fondant toujours son action sur la même thématique, la Commission se lance maintenant dans le développement du tourisme mémoriel et culturel. «Dans ce sens, on a un projet avec l'Université du Québec à Trois-Rivières. L'an dernier, on a réalisé un tronçon-pilote dans notre site Web pour voir comment on pouvait stimuler davantage cette activité touristique; on sait que celle-ci existe déjà et qu'on n'invente pas la roue, mais on veut que le thème de la mémoire franco-québécoise soit encore plus présent dans des situations ludiques. On est en train de faire avancer la roue dans cette direction et, l'an prochain, il y aura un colloque international très important à ce sujet, sous les auspices de l'UNESCO, qui sera organisé en collaboration avec nos partenaires et qui aura lieu à Québec.»
Commémorations
Il arrive de plus que la Commission se tourne vers les événements commémoratifs pour s'acquitter de sa mission. «En 2009, à l'occasion du 150e anniversaire de la création du consulat général de la France ou du premier établissement diplomatique français au Québec. On en a profité pour tenir un colloque sur ce thème et pour inviter des gens à parler du consulat comme tel et de son mandat, qui est devenu très différent au fil du temps, notamment à la suite du voyage de De Gaulle.»
Un autre colloque s'est tenu hier, à Paris cette fois, dans le but de souligner le 50e anniversaire de la Délégation québécoise. André Dorval en résume la présentation. «C'est reconnu comme un temps fort entourant les manifestations autour de cet événement. Il vise à retracer l'histoire de la coopération franco-québécoise, et beaucoup des acteurs qui l'ont écrite seront présents, ce qui donne un accent tout à fait particulier à ce rassemblement.»
Entre-temps, la Commission s'est mise à l'ouvrage et prépare une publication sur les cinquante ans de la Délégation, qui sortira en novembre. Elle a pour titre provisoire Les textes marquants de la relation franco-québécoise.
***
Collaborateur du Devoir
Qu'en-est-il au juste de ces lieux de mémoire qui sont la raison même d'exister de cette commission? Coprésident de celle-ci pour le Québec, André Dorval apporte cet éclairage: «C'est un repère culturel qui témoigne de leur histoire commune aux Français et aux Québécois; c'est un concept qui a été développé par l'historien français Pierre Nora, et on a l'adapté à notre réalité et à notre usage, selon la pratique. Il peut s'agir aussi bien d'un patrimoine immobilier que d'éléments culturels. Pour résumer, je dirais que ce sont toutes les traces tangibles et intangibles de notre histoire commune.»
Dans quelles circonstances la Commission est-elle mise sur pied? «Marcel Masse a proposé cette idée-là à une autre commission qui existait déjà depuis de nombreuses années, celle de la coopération permanente franco-québécoise; il en fut d'ailleurs le premier coprésident avec, pour pendant français, Henri Réthoré, ex-consul général à Québec.»
Il se tourne vers l'objectif visé et apporte un certain éclairage sur celui-ci: «Dans le fond, l'idée, c'était de créer un point d'ancrage qui se préoccupe d'identifier, de faire connaître et de mettre en valeur ces lieux de mémoire. Il faut bien voir le côté bilatéral et bénévole d'un tel organisme: du côté français, si on regarde le statut formel, c'est une association, et au Québec, c'est un organisme à but non lucratif. La Commission, c'est donc, essentiellement et à la fois de part et d'autre de l'Atlantique, une sorte de forum, un lieu de concertation, d'échanges, de propositions et d'initiatives; c'est aussi parfois un endroit de coordination, parce qu'on réalise des choses. Les gens sont là à titre de bénévole qui s'intéresse au thème qui nous réunit; ils peuvent être encore au travail dans des établissements culturels comme des musées, des services d'archives, etc.; dans d'autres cas, ils nous appuient à titre individuel. C'est un engagement citoyen; plusieurs de ces personnes sont également à la retraite et, comme elles ont oeuvré dans ces univers-là, elles mettent leurs compétences à notre service.»
Élément déclencheur
Plusieurs moyens d'action ont été mis de l'avant pour mener à bien la mission. «Ils sont plutôt humbles. On dispose d'une petite subvention de la Commission permanente, mais notre force, c'est d'être la mouche du coche; c'est donc dire qu'on va voir des acteurs institutionnels à qui on propose des choses; finalement, nous sommes un peu des animateurs», explique André Dorval.
Dans d'autres circonstances, il est question d'un engagement plus poussé. «On peut faire des démarches pour solliciter des fonds en vue de réaliser des projets.» Il donne un exemple reflétant les préoccupations et les grands thèmes de la Commission, qui sont associés à la connaissance et à la mise en valeur des lieux franco-québécois. «Il y a quelques années, on a par conséquent mobilisé des universités: pour la France, on a recruté l'Université de La Rochelle, et pour le Québec, ce furent l'Université Laval et l'Université du Québec à Trois-Rivières. Il s'en est suivi un énorme chantier qui a résulté en des produits très importants: on a réussi à publier en 2008 le document Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes.»
Et l'originalité de la démarche doit être soulignée. «Voilà un exemple d'intervention qui a donné des résultats extrêmement tangibles; c'est une brique et un travail d'inventaire qui existe à la fois en version papier et électronique. On identifie là des traces de nature patrimoniale qui témoignent de notre histoire commune.»
En fondant toujours son action sur la même thématique, la Commission se lance maintenant dans le développement du tourisme mémoriel et culturel. «Dans ce sens, on a un projet avec l'Université du Québec à Trois-Rivières. L'an dernier, on a réalisé un tronçon-pilote dans notre site Web pour voir comment on pouvait stimuler davantage cette activité touristique; on sait que celle-ci existe déjà et qu'on n'invente pas la roue, mais on veut que le thème de la mémoire franco-québécoise soit encore plus présent dans des situations ludiques. On est en train de faire avancer la roue dans cette direction et, l'an prochain, il y aura un colloque international très important à ce sujet, sous les auspices de l'UNESCO, qui sera organisé en collaboration avec nos partenaires et qui aura lieu à Québec.»
Commémorations
Il arrive de plus que la Commission se tourne vers les événements commémoratifs pour s'acquitter de sa mission. «En 2009, à l'occasion du 150e anniversaire de la création du consulat général de la France ou du premier établissement diplomatique français au Québec. On en a profité pour tenir un colloque sur ce thème et pour inviter des gens à parler du consulat comme tel et de son mandat, qui est devenu très différent au fil du temps, notamment à la suite du voyage de De Gaulle.»
Un autre colloque s'est tenu hier, à Paris cette fois, dans le but de souligner le 50e anniversaire de la Délégation québécoise. André Dorval en résume la présentation. «C'est reconnu comme un temps fort entourant les manifestations autour de cet événement. Il vise à retracer l'histoire de la coopération franco-québécoise, et beaucoup des acteurs qui l'ont écrite seront présents, ce qui donne un accent tout à fait particulier à ce rassemblement.»
Entre-temps, la Commission s'est mise à l'ouvrage et prépare une publication sur les cinquante ans de la Délégation, qui sortira en novembre. Elle a pour titre provisoire Les textes marquants de la relation franco-québécoise.
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Collaborateur du Devoir








