mardi 22 mai 2012 Dernière mise à jour 00h17
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Blair admet qu'il devra regagner la confiance du public

Le premier ministre britannique va briser samedi le record de longévité pour un gouvernement travailliste

31 juillet 2003  Actualités internationales
Dernière conférence de presse avant les vacances.
Photo : Agence Reuters
Dernière conférence de presse avant les vacances.
Londres - Samedi, après plus de six années au pouvoir, Tony Blair battra le record de longévité d'un premier ministre travailliste. Le titre était détenu jusque-là par Clement Attlee, le père de l'État, providence. Une performance que le leader du New Labour n'a pas manqué de rappeler hier lors de sa conférence de presse mensuelle. Mais cet événement ne donnera lieu à aucune fête car le champion de la gauche britannique a pour la première fois un genou à terre.

Il aura pris, au cours des derniers mois, plus de coups que pendant tout le reste de sa carrière. Il a dû partir en guerre en Irak contre l'avis des deux tiers de ses concitoyens, affronter une révolte sans précédent d'une partie de ses députés déjà en colère contre ses projets de privatisation des écoles et des hôpitaux. La controverse qui dure depuis des semaines sur l'introuvable arsenal irakien et l'émoi soulevé par le suicide du Dr Kelly frappent un leader déjà très affaibli.

«Manipulation»

Selon une enquête récente publiée par le Daily Telegraph, 47 % des 2219 électeurs interrogés ne «croient plus un mot» de ce que dit Tony Blair et 68 % dénoncent une «culture de la tromperie et de la manipulation» à la tête de l'État. La crise ne se traduit pas seulement par une chute dans les sondages, toujours réversible. Elle met à mal un système de gouvernement: une puissante machine qui mêle le réel talent de persuasion d'un homme aux dernières techniques du marketing.

Difficile, voire impossible, de dissocier le New Labour de son créateur. Tony Blair a séduit ses concitoyens par son discours moral, son refus des slogans éculés, sa jeunesse, sa sincérité apparente. Le profil d'un Kennedy tout sourire doublé d'un Gladstone aux accents puritains. Une crédibilité aujourd'hui en partie sapée par la polémique sur les armes de destruction massive irakiennes. Dans cette affaire, il a beaucoup plus à perdre que George W. Bush. Car, contrairement à son puissant allié, il a répété pendant des mois que son objectif était le désarmement du régime de Saddam, non son renversement.

Pour conquérir l'opinion, il s'est appuyé sur une armée de spin doctors, une formule importée des États-Unis qui signifie tout à la fois «raconteurs d'histoire» et «bonimenteurs». Des faiseurs d'opinion qui, chaque jour, sondent leurs concitoyens, «briefent» les ministres, alimentent les médias en petites phrases. Or le premier d'entre eux risque d'être la principale victime du scandale provoqué par le suicide du Dr Kelly. Le départ d'Alastair Campbell, le directeur de la communication et de la stratégie de Downing Street, maintes fois évoqué, semble cette fois acquis.

Espions et «spin doctors»

Cet Écossais au physique de rugbyman est si puissant qu'on lui a conféré le titre par dérision de «vice-premier ministre». Il dirige une mécanique redoutable inspirée des techniques mises au point par l'équipe de Bill Clinton. La Strategic Communication Unit établit chaque semaine le «Grid» (la grille), un script que tout ministre doit suivre au mot près. Les thèmes sont testés auprès de groupes d'électeurs cibles. Une immense base de données, appelée Excalibur, absorbe, dissèque et compare les moindres déclarations des adversaires politiques. Avec Alastair Campbell à sa tête, la machine tourne à plein régime pendant la crise irakienne.

Le scandale va naître du mariage très trouble entre les espions et les spin doctors. En février, Alastair Campbell doit avouer que des pans entiers d'un rapport attribué aux services de renseignement ont été extraits, à la faute de frappe près, d'une thèse universitaire vieille de douze ans. Fin mai, lorsqu'un journaliste de la BBC, Andrew Gillingan, affirme que Downing Street a gonflé un autre rapport sur les armes de destruction massive irakiennes, le même Campbell choisit la contre-attaque. Sa guerre avec la «Beeb» se solde par le suicide du Dr Kelly, le microbiologiste qui a servi de source principale au reportage d'Andrew Gillingan.

Alastair Campbell est bien plus qu'un simple porte-parole de Tony Blair, qu'il sert depuis 1993. Il est l'auteur de certaines des formules les plus célèbres du premier ministre. L'hommage funèbre à Diana «princesse du peuple» lui reviendrait. Mais le directeur de la communication incarne aujourd'hui un gouvernement accusé d'intox, de manipuler les esprits, de préférer l'image à la substance.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012