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    Flottille de la liberté - Abandon canadien... pour l'instant

    Les Québécois se félicitent d'avoir pu au moins attirer l'attention sur le blocus de Gaza

    La trentaine de délégués canadiens — dont cinq Québécois — reviennent donc au compte-goutte par avion, sans pouvoir dire «mission accomplie». Mais, à bord du Tahrir, le moral est bon.
    Photo: La Presse canadienne (photo) La trentaine de délégués canadiens — dont cinq Québécois — reviennent donc au compte-goutte par avion, sans pouvoir dire «mission accomplie». Mais, à bord du Tahrir, le moral est bon.
    Les Canadiens coincés en Crête depuis deux semaines et demie reviennent au bercail sans avoir pu mener leur bateau à Gaza, par suite des pressions israéliennes. Ils promettent toutefois de faire une nouvelle tentative d'ici un an.

    Avec leur bateau abîmé par les autorités grecques, qui refusaient de laisser tout bateau partir vers la bande de Gaza, et des tracasseries administratives qui n'en finissaient plus, les militants qui souhaitaient franchir le blocus israélien ont dû reconnaître samedi qu'ils ne reprendraient pas la mer au cours des prochaines semaines. «On a décidé d'arrêter de jouer au fou», explique Stéphan Corriveau, le membre du comité de direction du Tahrir pour le Québec, depuis la Crête.

    Depuis l'arrivée des militants pacifistes au port de l'île grecque, les documents nécessaires pour laisser le Tahrir partir vers sa destination finale se multiplient, rappelant probablement aux militants la Maison qui rend fou, dans une aventure d'Astérix. «Par exemple, ils ont inspecté le moteur du bateau, ont demandé la certification de l'ingénieur qui l'a inspecté, pour finir par nous demander une certification que l'ingénieur est bien un ingénieur en règle, raconte M. Corriveau. Puis, ils ont demandé de réviser les papiers de notre capitaine grec, qui navigue depuis 30 ans... Ça n'avait plus de sens.» Après la tentative avortée de quitter le port sans autorisation la semaine dernière, l'espoir s'est complètement effrité.

    La trentaine de délégués canadiens — dont cinq Québécois — reviennent donc au compte-goutte par avion, sans pouvoir dire «mission accomplie». Mais, à bord du Tahrir, le moral est bon. «Oui, on est déçu que le gouvernement grec se soit plié à la volonté d'Israël et qu'il y ait eu plusieurs affronts à la démocratie, admet Manon Massé, déléguée de Québec solidaire sur le bateau. On a toutefois aussi la fierté d'avoir réussi à faire parler du blocus sur Gaza comme jamais. C'est une grande réussite.» Sur le plan de la diplomatie, «on a forcé les gouvernements du monde entier à se positionner sur le sujet», ajoute Stéphan Corriveau.

    La Grèce a d'ailleurs condamné le blocus israélien, il faut le rappeler... Plusieurs attribuent son refus de laisser les bateaux voguer vers Gaza aux pressions internationales, qu'elle ne peut négliger après avoir reçu des prêts faramineux de la part de la communauté internationale, en raison de sa terrible posture économique.

    Le bilan est à tout le moins loin du drame de 2010, au cours duquel neuf militants turcs ont perdu la vie sous les tirs israéliens, les autorités arguant s'être senties attaquées par les six navires de la flottille humanitaire.

    La délégation canadienne n'est pas la seule à remettre la partie à plus tard. Les couchettes des neuf autres bateaux de la Flotille de la liberté II, la grande initiative internationale de cette année, sont en train de se vider également. Seuls un bateau français, le Dignité-Al Karama, et le Juliano, regroupant des Grecs, des Suédois et des Norvégiens, espèrent toujours mettre le pied en terre gazaouie. «On ne va pas s'endormir pour autant; on va être là comme une épine», promet Stéphan Corriveau. Le Tahrir, qui est par ailleurs la propriété des militants canadiens, pourrait reprendre la mer dès l'automne.

    Et, d'ici là, les passagers de la flotte internationale poursuivront leur travail. Un bateau espagnol se promènera entre autres le long de la côte du pays pour sensibiliser les Espagnols à la cause, alors que la circulation des biens entrant et sortant de Gaza se fait sous contrôle israélien depuis le début du blocus économique instauré il y a près de quatre ans, pour éviter la circulation d'armes vers la bande de Gaza.

    Manon Massé assure que les délégués du Québec et du Canada feront le même travail, mais ce ne sera pas à bord du Tahrir, qui restera fort probablement à quai quelque part en mer Méditerranée. «En rentrant à la maison, on va travailler très fort pour que la population canadienne voie que son gouvernement légitime, par son inaction, des actions illégales d'un pays auquel il est très lié.» Elle dénonce le fait que les deux Canadiens arrêtés la semaine dernière par les autorités grecques n'ont pas reçu d'aide de la part du Canada. «On a appelé le gouvernement et la réponse a été: "Rien, rien, rien et moins que rien".»

    Ces dernières semaines, le gouvernement conservateur est demeuré critique envers la mission du Tahrir. Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a qualifié la manoeuvre de la flottille internationale de «provocante» et de «nuisible». Selon lui, les militants du Tahrir auraient dû acheminer les médicaments et autres cargaisons humanitaires avec l'aide de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, déjà présents et autorisés sur les lieux.

    «Des conventions ont été signées à l'ONU sur la question de l'illégalité du blocus ou pour soutenir les activités humanitaires en Palestine, rappelle Manon Massé. Le gouvernement du Canada a signé beaucoup de choses qu'il ne fait pas.»

    Le bateau canadien, à bord duquel se trouvaient aussi des Européens, portait dans sa cale toute une cargaison de médicaments destinés aux Gazaouis. La direction a choisi de conserver le matériel médical — qui ne sera pas périmé pas avant quatre ans — pour son prochain périple, craignant qu'il ne se rende pas à destination via les canaux humanitaires.












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