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    Flottille de la liberté - Le voyage du Tahrir stoppé net

    Les autorités grecques ont intercepté le navire canadien en Crète

    Le navire canadien Tahrir est retourné au port, en Crète, après avoir été intercepté hier par la garde côtière et l’armée grecques.<br />
    Photo: Agence Reuters Giorgos Toutoudakis Le navire canadien Tahrir est retourné au port, en Crète, après avoir été intercepté hier par la garde côtière et l’armée grecques.
    Le navire canadien faisant partie de la Flottille de la liberté, qui voulait gagner la bande de Gaza sous blocus israélien pour y apporter des médicaments, a été intercepté hier par la garde côtière et l'armée grecques.

    Le Tahrir («Libération») avait appareillé d'un port de l'île de Crète avec à son bord une quarantaine de personnes, pour la plupart des Canadiens, mais également des Belges, des Danois et des Australiens.

    «On a décidé collectivement que nous voulions prendre la mer parce que des gens à Gaza nous attendent», raconte la déléguée de Québec solidaire, Manon Massé. «On a mis les moteurs en marche. Nous nous dirigions vers les eaux internationales. On a été rapidement pris en chasse par un gros navire de la garde côtière, aussi gros que le nôtre», poursuit-elle.

    Le Tahrir s'est fait stopper alors qu'il se trouvait à une distance de huit milles marins des côtes de Saint-Nicolas (Agios Nikolaos), soit à quatre milles marins des eaux internationales. Le bateau s'est ensuite fait remorquer jusqu'au port où il a été endommagé.

    «Notre mission, elle est non violente!», lance la militante pacifiste, qui se trouvait toujours sur l'embarcation lors de son entretien téléphonique avec Le Devoir. «Tout ce qu'on veut, c'est atteindre Gaza pour aller porter les médicaments qu'on leur a promis. Et bien sûr, attirer l'attention du public sur le blocage illégal qu'exerce l'État d'Israël sur la Palestine.»

    En ce sens, l'arraisonnement d'hier a une saveur de victoire, puisque la pression de la communauté internationale s'accentue sur le gouvernement israélien afin qu'il lève le blocus de la bande de Gaza, fait valoir le porte-parole du Bateau pour Gaza, Stéphan Corriveau. «Nous, ce qu'on veut, c'est briser le blocus et nous sommes en train de réussir à briser le blocus. Israël se retrouve de plus en plus isolé dans cette situation-là», souligne-t-il.

    «Ce n'est pas les quelques dizaines de milliers de dollars de marchandise, aussi utile soit-elle, qui allaient faire une différence fondamentale pour la population de Gaza à long terme. La population de Gaza ne veut pas vivre d'aide humanitaire. [Les Palestiniens] veulent être capables de faire du commerce avec tous les autres pays de la région, de la planète».

    Offre de la Grèce

    La Grèce, qui avait prévenu vendredi que les bateaux à destination de Gaza ne seraient pas autorisés à quitter ses ports, a proposé d'acheminer elle-même la cargaison vers l'enclave palestinienne, une offre que les membres de la Flottille pour la liberté ont déclinée.

    De son côté, Israël a menacé à plusieurs reprises de recourir à la force pour arrêter les bateaux de la flottille.

    Le premier ministre de la Grèce, Georges Papandréou, a offert au président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors d'un entretien téléphonique, que son pays prenne en charge la cargaison de la flottille humanitaire — essentiellement de la nourriture et des médicaments —, avec la collaboration des Nations unies.

    «Le président Mahmoud Abbas a accepté cette proposition», a fait savoir l'entourage de M. Papandréou, tout en faisant valoir que la Grèce pourrait livrer davantage d'aide humanitaire que ce que devait transporter initialement la flottille.

    Le ministre canadien de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney, n'a pas manqué, hier, de vilipender l'attitude des «activistes» sur le réseau Twitter. «[Ils] refusent que leur "aide" soit livrée à Gaza. Donc, il n'a jamais été question d'aide, après tout», a tweeté M. Kenney. «De dire publiquement que nous mentons, ça commence à aller un peu trop loin», a rétorqué Manon Massé.

    Israël se prépare également à contrer un projet de militants pro-palestiniens qui envisagent d'arriver par centaines vendredi à l'aéroport international David-Ben-Gourion de Tel-Aviv pour exprimer leur solidarité avec les Palestiniens.

    Des militants pro-palestiniens ont annoncé sur Internet leur intention de débarquer à l'aéroport de Tel-Aviv par centaines le 8 juillet. «Nous avons répondu à l'appel des associations palestiniennes et nous sommes plus de 500 femmes, hommes et enfants à partir le 8 juillet, à leur rencontre, pour leur montrer que le monde ne les oublie pas», annonce le site www.bienvenuepalestine.com.

    L'objectif de ces militants est d'«arriver ensemble le même jour [vendredi 8 juillet] à l'aéroport de Ben Gourion en provenance de nombreux pays».

    «Des centaines de militants internationaux ont été empêchés de se rendre à Gaza à partir des ports de Grèce. Néanmoins, nous espérons que des centaines d'autres réussiront à arriver en Palestine via l'aéroport Ben Gourion», a expliqué la militante Elsa Rassbach dans un communiqué.

    Pour M. Nétanyahou, ce projet est «une poursuite des tentatives de porter atteinte au droit d'Israël d'exister et de violer ses frontières et sa souveraineté par air, mer et terre».

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    Avec Reuters et l'AFP 












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