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Émeutes meurtrières - Le Pérou a révoqué le permis de la minière canadienne Bear Creek Mining

Vendredi, la police et des paysans en colère se sont affrontés dans la ville de Juliaca, au Pérou. Les manifestants, dont cinq sont morts, réclament entre autres choses la fermeture de la mine de Santa Ana, exploitée par la canadienne Bear Creek Mining Corporation. <br />
Photo : Agence Reuters Los Andes
Vendredi, la police et des paysans en colère se sont affrontés dans la ville de Juliaca, au Pérou. Les manifestants, dont cinq sont morts, réclament entre autres choses la fermeture de la mine de Santa Ana, exploitée par la canadienne Bear Creek Mining Corporation.
Le gouvernement péruvien a décidé samedi de révoquer un permis d'exploitation délivré à Bear Creek Mining Corporation, au lendemain d'une émeute de paysans opposés aux activités de la compagnie minière canadienne qui s'est soldée par la mort de cinq personnes.

Cinq lois, dont l'une révoque officiellement la concession minière de Bear Creek Mining Corporation — qui comptait exploiter une mine d'argent dans le sud-est du pays —, ont été publiées samedi au Journal officiel, alors que 3000 manifestants occupaient la piste d'un aéroport de fret à Juliaca.

Le gouvernement, qui a également imposé un moratoire de 36 mois pour l'examen de nouvelles demandes de concessions minières, a dit avoir écouté les revendications des communautés quechua et aymara de la région de Puno, à la frontière avec la Bolivie.

Le président sortant du Pérou, Alan Garcia, a soutenu qu'il y a «des choses plus importantes» que les concessions minières, notamment celle «de garantir une transition pacifique et un début sans problème» au gouvernement de son successeur, le président élu, Ollanta Humala. Le vainqueur de l'élection présidentielle du 10 avril doit prendre les commandes du pays le 28 juillet prochain.

La région est paralysée depuis le 9 mai par un grand soulèvement populaire qui réclame entre autres choses la fermeture de la mine de Santa Ana, exploitée par Bear Creek Mining Corporation.

Les paysans exigent une part des bénéfices des projets miniers ou pétroliers qui, selon eux, ont favorisé la croissance économique, mais ont laissé en plan un tiers de la population, qui vit aujourd'hui dans la pauvreté.

D'autre part, ils craignent que les exploitations minières ne contaminent l'eau des rivières qui irriguent leurs champs.

Les manifestations se sont multipliées jusqu'à vendredi dernier, lorsque cinq personnes ont été tuées et trente autres blessées lorsque les forces policières ont ouvert le feu afin de disperser des centaines de protestataires.

La compagnie peste

Le directeur de Bear Creek Mining Corporation, Andrew Swarthout, a qualifié d'«illégale» la décision du président du Pérou, Alan Garcia. «La Société a l'intention de défendre vigoureusement ses droits à Santa Ana en s'appuyant sur tous les moyens légaux disponibles, y compris les dispositions de l'Accord de libre-échange Canada-Pérou», a-t-il mis en garde par voie de communiqué.

La compagnie, qui a déjà investi 96 millions dans la mine de Santa Ana abritant des réserves prétendument de plus de 60 millions d'onces d'argent, fait valoir «que ce n'était pas la bonne décision pour le Pérou, son secteur minier dynamique, la population locale ou les investisseurs étrangers».

La révocation de la concession des mains de l'entreprise dont le siège social est situé à Vancouver en Colombie-Britannique «est un très mauvais signal pour les investisseurs», a déclaré le président de la COMEX PERU, qui regroupe les exportateurs péruviens, Alfonso Garcia Miró Peschiera.

«Les émeutiers ont eu ce qu'ils voulaient: des morts et des blessés. On a perdu tout contrôle sur les événements», a pour sa part affirmé l'ancien ministre de l'Intérieur, Fernando Rospigliosi, cité par le quotidien Peru21. «Le gouvernement ne doit pas céder à cette pression sans quoi d'autres départements feront de même et le secteur minier disparaîtra au Pérou», a-t-il ajouté.

Le Pérou est le deuxième pays producteur d'argent et de cuivre au monde et le sixième producteur d'or.

***

D'après l'AFP, AP et Reuters
 
 
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  • pascale bourguignon - Inscrite
    27 juin 2011 06 h 45
    Enfin une bonne nouvelle !
    Mais qui se solde par la mort des hommes qui défendent leurs droits car il semble très difficile de se faire entendre sans y risquer sa vie, ce qui ne parait pas vraiment émouvoir les compagnies minières.
    Noir Canada rouge du sang de ces pratiques meurtrières.
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    27 juin 2011 07 h 06
    Les compagnies minières canadiennes : une honte dans le monde entier
    Les compagnies minières canadiennes nous font honte dans le monde entier. Elles se comportent de façon irresponsable, irrespectueuse et même criminelle.

    Serge Grenier
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  • Assez merci - Inscrit
    27 juin 2011 08 h 25
    Assis confortablement...
    Ca brasse ailleurs mais ici les québécois restent bien assis.
    On regarde passer le train, se faire liquider, voler, mentir et endetter par un seul homme qui veut appauvrir à jamais le peuple du Québec et ainsi le garder à genoux et DÉPENDANT de la péréquation canadienne!

    Regardons le show, rire maintenent et payer plustard.....

    Et qui disait que le Québec est trop pauvre et qui dit aujourd`hui encore que le Québec est trop endetté pour être un pays!

    Les fédéralistes voyons dont!
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  • Pierre Vaillancourt - Abonné
    27 juin 2011 09 h 02
    Noir Canada ... partout dans le monde ?
    Pour les intérêts financiers qui soutiennent les compagnies minières canadiennes, il semble que ce soit vraiment très difficile d'envisager un modèle de développement équitable...

    Le « Noir Canada » dénoncé par les Éditions Écosociété et par ses auteurs Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher, ne fait pas des ravages qu'en Afrique...

    Bravo à ces populations qui se tiennent debout et à ce président sortant qui ose dire qu'il y a autre chose que le bonheur des minières qui compte dans la vie.
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  • Jean Francois - Inscrit
    27 juin 2011 09 h 19
    Les compagnies minières canadiennes : une honte dans le monde entier.
    Je suis entierement d'accord avec vous M. Grenier.
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  • Kris13104 - Inscrit
    27 juin 2011 09 h 52
    Exemple à suivre?
    Il est des pays où démocratie veut dire écouter et surtout entendre la population et gouverner veut dire bon sens, honnéteté, moralité et garantie pour l'avenir, en particulier par la protection de l'environnement.
    Vous avez dit «gaz de schiste»? Amiante, ce produit tellement reconnu utile pour la santé?
    Il est temps que les québécois se fasse entendre...
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    27 juin 2011 10 h 05
    Des manifestants contre une compagnie minière dont le gouvernement du Pérou a révoqué le permis?
    Éclairez-moi quelqu'un, des manifestants qui réclament la fermeture d'une compagnie minière dont le gouvernement péruvien à révoqué le permis? Sauf si j'ai mal lu, il y a comme quelque chose que je ne comprends pas là-dedans.

    Essayons de sortir du contexte. Ne vous en faites pas, ça vient peut-être de mon petit côté paranoïaque.

    Je me demande si cette manifestation contradictoire (sauf si je n'ai pas bien compris les tenants et aboutissants) n'a pas été provoqué par le président déchu pour empêcher le nouveau président élu de prendre les guides?

    Si quelqu'un peut m'éclairer à ce sujet, essayez de me ménager pour que je ne paraisse pas trop ridicule. Pour moi, il y a anguille sous roche, à moins que je n'aie pas bien compris ce qui se passe vraiment?
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  • Trobadorem - Inscrit
    27 juin 2011 11 h 06
    Quand on sera assez écoeurés de ces voleurs à cravates...on les foutera à la porte !
    Mais pour l'heure....c'est le néolibéralisme ronflant...c'est l'abus institutionnalisé...
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  • Jean-Michel Picard - Inscrit
    27 juin 2011 11 h 30
    Pour quelques dollars de plus...les minières tuent.
    Imaginez-vous le profil type d'un gros écoeurant directeur d'une prison que l'on voit dans les films : vous savez le genre de gars qui jouit lorsqu'un prisonnier se fait passer à tabac.

    Et bien voilà le genre de pourri qui gèrent les mines à l'étranger. Et comme le disait si bien Falardeau : «ça se reproduit de pères en fils ».

    Les cailloux lancés par les manifestants n,atteignent jamais ces gars-là.
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  • camelot - Inscrit
    27 juin 2011 11 h 47
    Bravo !
    Suffit le capîtalisme sauvage. Les Péruviens donnent l'exemple de l'attitude à avoir envers ces compagnies colonialistes comme celle du gaz de schiste.
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  • Laurent Lavigne - Abonné
    27 juin 2011 12 h 46
    À Monsieur Morisette
    Si j'ai bien compris le premier paragraphe, il semble que la population locale demandait la fermeture de cette mine et la révoquation s'est faite le lendemain de la grande émeute. Grosso modo, ils ont gagnés aux prix de leur sang.

    Le gouvernement péruvien a décidé samedi de révoquer un permis d'exploitation délivré à Bear Creek Mining Corporation, au lendemain d'une émeute de paysans opposés aux activités de la compagnie minière canadienne qui s'est soldée par la mort de cinq personnes.

    Mais c'est vrai que d'autres sources disent que la révocation a été faite avant l'affrontement. Ce qui est certain, c'est que la tension est la depuis un bon moment.

    http://af.reuters.com/article/energyOilNews/idAFN1
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  • francois909 - Inscrit
    27 juin 2011 19 h 12
    Ma vie, rien d'autre.
    Il est temps de rappeler a l'ordre ces sans vergognes pilleurs de sans défenses. Ces compagnies se croient encore au temps de la colonisation chez les sauvages. Qui se rappelle de nos bonnes compagnies minières fermant les mines de cuivre dans le nord canadien pour aller soutenir ce bon Pinochet en provoquant une inflation annuelle de 400%. Ces compagnies se cachent derrière l'image du pur et inoffensif plus meilleur pays beau au monde. Cinq morts ce n'est rien en comparaison du génocide humanitaire mondiale. Tous ces peuples sans défense nous offrent ce qu'ils ont de plus précieux: leur vie et leur courage. Une belle leçon.Le Canada a une grande dette envers l'Amérique du sud.
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  • Tini_ca - Inscrit
    28 juin 2011 00 h 53
    Génocide néolibérale
    Quel est le dénominateur commun des minières, pétrolières, gazières, les banques, les Golden sachs de ce monde, etc ?

    La bourse !

    Aussi longtemps que l'unité monétaire existera, il existera justement des pourris cupide et capoté de l'argent qui polluront la vie des habitants de cette terre, au nom de leur foutu maladie mentale.

    Et que dire de nos politiciens fédéraux verreux qui ont refusé la loi 300, qui aurait pu contrôler nos 'bonnes' compagnies minières qui aime 'semer' la joie dans le monde ?

    http://www.miningwatch.ca/fr/urgence-d-agir-appuye

    Finalement, le scénario du film Avatar est en tout point pareil au comportements de nos minières psychopates.
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  •  
  • zerg zerg - Abonné
    28 juin 2011 09 h 12
    "Acceptabilisation" sociale
    Sur le site internet de Bear Creek Mining: "Our extensive experience in Peru has allowed us to develop strong relationships within communities [...]. Bear Creek is dedicated to integrating all health, safety, environmental, and social considerations into all aspects of management and decision-making and positively contributing to future generations in Peru."
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  • Alexandre Gauthier - Abonné
    30 juin 2011 09 h 53
    Partir où ?
    «Le gouvernement ne doit pas céder à cette pression sans quoi d'autres départements feront de même et le secteur minier disparaîtra au Pérou»

    Mais partir pour où ? Malheureusement pour les minières, il ne leur est pas possible de délocaliser leur production... Et si elles partent, le pays garde la richesse dans son sol et peut choisir comment il l'utilisera dans le futur.
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