Un nouveau front s'ouvre contre les Américains: la grogne chiite
21 juillet 2003
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Quelque 10 000 Irakiens chiites ont manifesté hier contre l’occupation américaine dans la ville de Najaf. La grogne de la population a commencé avec la création, il y a une semaine, du Conseil de gouvernement transitoire, jugé insuffisamment repr
Bagdad — Embourbées depuis plus de deux mois et demi dans les bastions sunnites du centre de l'Irak, les troupes américaines se trouvent désormais acculées à se défendre sur un nouveau front, celui de la grogne populaire chiite à Bagdad et dans le sud du pays.
Les mollahs chiites ont opté pour la démonstration de force en rassemblant hier dans la ville sainte de Najaf, qui abrite le tombeau de l'imam Ali vénéré par la communauté chiite, plus de 10 000 fidèles.
Les manifestants, venus de divers coins du pays, ont défilé en fustigeant «les États-Unis et l'arrogance américaine» et en proclamant leur allégeance à Sayyed Moqtada al-Sadr, un dignitaire religieux dont le domicile a été encerclé la veille par des soldats américains.
Mais les autorités religieuses chiites ont insisté pour que la manifestation soit pacifique, malgré quelques jets de pierre incontrôlés. «Nous voulons une solution pacifique avec l'Amérique et ne cherchons pas l'effusion de sang», a déclaré le porte-parole de Sayyed Sadr, Cheikh Mohammed Yaacoubi.
Le commandement militaire américain devra désormais tenir compte d'une nouvelle donne: les chiites, pourtant hostiles au régime de Saddam Hussein renversé par la coalition américano-britannique le 9 avril, ne sont pas acquis à cette dernière, bien au contraire. Ils donnent plutôt l'impression de se retourner contre l'occupant.
Jusqu'à présent, les régions chiites défavorisées, ravagées par les guerres successives et ignorées par les programmes de développement de l'État central, étaient considérées par les GI's comme les régions les plus sûres.
La grogne de la population a commencé avec la création il y a une semaine du Conseil de gouvernement transitoire, et l'annonce de sa composition de 25 membres, dont 13 chiites. En outre, treize des membres sont des Irakiens de l'exil, inconnus au pays.
Au lendemain de l'installation du Conseil, une cinquantaine de petits partis de tous bords exclus de ce Conseil ont affirmé, au cours d'une conférence de presse, leur rejet de cette autorité qui, selon eux, «n'est pas représentative de tous les Irakiens».
Certains, comme la Fondation chiite Sadr, puissante dans la banlieue déshéritée de Sadr City à l'est de Bagdad, ont même vu dans ce conseil «un complot des États-Unis visant à provoquer une sédition dans le pays, en divisant les Irakiens entre sunnites, chiites, kurdes, turcomans, chrétiens». La tension est montée après que la coalition eut ignoré l'appel des «exclus» du Conseil à être consultés sur l'avenir du pays.
Sur un autre front, le harcèlement continue contre les GI's dans les régions tribales sunnites. Alors que le numéro deux du Pentagone Paul Wolfowitz se trouve en Irak pour remonter le moral des troupes, deux soldats américains ont été tués et un troisième blessé hier dans une embuscade près de Tall Afar, à l'ouest de Mossoul, dans le nord de l'Irak.
Les mollahs chiites ont opté pour la démonstration de force en rassemblant hier dans la ville sainte de Najaf, qui abrite le tombeau de l'imam Ali vénéré par la communauté chiite, plus de 10 000 fidèles.
Les manifestants, venus de divers coins du pays, ont défilé en fustigeant «les États-Unis et l'arrogance américaine» et en proclamant leur allégeance à Sayyed Moqtada al-Sadr, un dignitaire religieux dont le domicile a été encerclé la veille par des soldats américains.
Mais les autorités religieuses chiites ont insisté pour que la manifestation soit pacifique, malgré quelques jets de pierre incontrôlés. «Nous voulons une solution pacifique avec l'Amérique et ne cherchons pas l'effusion de sang», a déclaré le porte-parole de Sayyed Sadr, Cheikh Mohammed Yaacoubi.
Le commandement militaire américain devra désormais tenir compte d'une nouvelle donne: les chiites, pourtant hostiles au régime de Saddam Hussein renversé par la coalition américano-britannique le 9 avril, ne sont pas acquis à cette dernière, bien au contraire. Ils donnent plutôt l'impression de se retourner contre l'occupant.
Jusqu'à présent, les régions chiites défavorisées, ravagées par les guerres successives et ignorées par les programmes de développement de l'État central, étaient considérées par les GI's comme les régions les plus sûres.
La grogne de la population a commencé avec la création il y a une semaine du Conseil de gouvernement transitoire, et l'annonce de sa composition de 25 membres, dont 13 chiites. En outre, treize des membres sont des Irakiens de l'exil, inconnus au pays.
Au lendemain de l'installation du Conseil, une cinquantaine de petits partis de tous bords exclus de ce Conseil ont affirmé, au cours d'une conférence de presse, leur rejet de cette autorité qui, selon eux, «n'est pas représentative de tous les Irakiens».
Certains, comme la Fondation chiite Sadr, puissante dans la banlieue déshéritée de Sadr City à l'est de Bagdad, ont même vu dans ce conseil «un complot des États-Unis visant à provoquer une sédition dans le pays, en divisant les Irakiens entre sunnites, chiites, kurdes, turcomans, chrétiens». La tension est montée après que la coalition eut ignoré l'appel des «exclus» du Conseil à être consultés sur l'avenir du pays.
Sur un autre front, le harcèlement continue contre les GI's dans les régions tribales sunnites. Alors que le numéro deux du Pentagone Paul Wolfowitz se trouve en Irak pour remonter le moral des troupes, deux soldats américains ont été tués et un troisième blessé hier dans une embuscade près de Tall Afar, à l'ouest de Mossoul, dans le nord de l'Irak.
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