Une visite attendue
Le président américain s'est rendu en Amérique latine pour amorcer un rapprochement
Quoi de mieux qu'un court séjour en Amérique latine pour un président des États-Unis qui veut se faire discret dans le dossier de la contestation dans les pays arabes? Les quatre jours qu'y a passé Barack Obama en fin de semaine dernière — un voyage planifié depuis longtemps et que la Maison-Blanche n'a pas reporté malgré la situation en Libye — étaient très attendus. Par les politiciens et les gens d'affaires et aussi par la population.
Dans la foulée du grand discours aux nations arabes prononcé en juin 2009 au Caire, cette visite s'imposait. Le contentieux est grand entre les pays d'Amérique latine et les États-Unis, particulièrement à cause des interventions directes passées dans la vie politique de ces pays. Et, sous la présidence de George W. Bush, ce continent a été complètement délaissé, si ce n'est pour des questions «sécuritaires» comme les politiques d'Hugo Chávez au Venezuela. Un geste de rapprochement s'imposait donc.
Plus, l'obamanie qui a déferlé partout en 2008 a aussi frappé le Sud et la population était impatiente de faire connaissance avec le président, comme le démontrent encore les sondages. Certes, les politiques des États-Unis sont toujours décriées vertement par une bonne partie des Latino-Américains, mais l'antiaméricanisme ne saurait être confondu avec le rêve américain que caressent tant de gens. Et Obama incarne une autre Amérique que celle de Bush. C'est donc auréolé de sa popularité que Barack Obama s'est rendu au Brésil, puis au Chili et au Salvador, avec sa petite famille.
«Les attentes étaient grandes, explique Victor Armony, de l'UQAM. Dans son message, il a dit des choses importantes, mais, en matière de substance, ce voyage aura déçu.»
Une puissance
Le Brésil, maintenant la septième puissance économique du monde, était un incontournable. La mission du président Obama et de son équipe devait y comprendre un important volet économique. Au fil des ans, la Chine a supplanté les États-Unis en tant que principal partenaire commercial du Brésil et est devenue le principal investisseur étranger. Et ce, au moment où, sous l'impulsion de l'ex-président Lula, le géant sud-américain a su en quelque sorte assurer le leadership des pays en développement sur la scène internationale. Certes, il aura été question de pétrole au cours des entretiens, les États-Unis étant le premier acheteur de produits pétroliers brésiliens, mais Brasilia veut rééquilibrer sa balance commerciale déficitaire et accroître la part de ses exportations de produits manufacturés à forte valeur ajoutée. Fini le temps des exportations de matières premières.
Le ministre des Affaires étrangères, Antonio Patriota, avait d'ailleurs souhaité que cette visite soit le prélude à une relation d'égal à égal entre les deux pays.
Obama a certes voulu clore un chapitre sombre de l'histoire entre son pays et l'Amérique du Sud, alors qu'aucune entente économique d'importance n'a été signée au cours de son voyage, mais sur le plan politique, le président américain est resté silencieux sur la place de Brasilia sur l'échiquier mondial, sur le rôle qu'il est appelé à y jouer et, concrètement, sur le désir du Brésil de siéger de façon permanente au Conseil de sécurité de l'ONU. Obama s'est contenté de reconnaître l'importance du Brésil.
Devant un parterre de gens d'affaires, le président, dont les propos ont été rapportés par le New York Times, a cependant affirmé que «le temps est venu pour les États-Unis de concevoir leurs engagements avec le Brésil sur des questions économiques de façon aussi sérieuse qu'ils le sont pour la Chine et l'Inde».
La nouvelle présidente a rétorqué que, par le passé, les relations entre les deux pays ont été marquées par «une rhétorique vide», ajoutant qu'«une relation approfondie devait être construite entre égaux».
Évitant de se poser à Buenos Aires, comme le souhaitaient les autorités de l'Argentine, la famille Obama s'est ensuite rendue au Chili, où le président américain a prononcé le «discours de la réconciliation». «Il y a dit des choses importantes sur l'égalité, sur la collaboration. Il y a dit les choses à dire» sur les rapports entre l'Amérique du Sud et les États-Unis et sur la réconciliation, estime M. Armony.
Le Chili, partenaire privilégié des États-Unis par une entente de libre-échange, est perçu au Nord comme «le bon élève de la classe, ce qui a l'heur de provoquer les susceptibilités» en Amérique du Sud, rappelle M. Armony.
Le président américain a profité de son passage à Santiago, alors que le Japon est aux prises avec les problèmes que l'on sait, pour signer une entente de coopération sur le développement de l'énergie nucléaire.
Ne voulant pas négliger l'Amérique centrale, Barack Obama, sur le chemin du retour, a fait un arrêt au Salvador, petit pays défavorisé où sévit le plus haut taux d'homicide du continent. Dirigé par un ancien révolutionnaire, ce pays pacifié a vu, au fil des ans, quelque deux millions de ses ressortissants émigrer aux États-Unis, légalement ou non. «Cet arrêt est un bon choix, dit M. Armony. Il indique que Washington se préoccupe aussi des démunis.»
Ce voyage du président Obama aura peut-être permis de rompre avec le passé et d'amorcer une nouvelle ère dans les relations avec l'Amérique du Sud. Il est à souhaiter que des mesures concrètes d'appui à tous les pays voient le jour lors d'un éventuel second mandat de Barack Obama.
Dans la foulée du grand discours aux nations arabes prononcé en juin 2009 au Caire, cette visite s'imposait. Le contentieux est grand entre les pays d'Amérique latine et les États-Unis, particulièrement à cause des interventions directes passées dans la vie politique de ces pays. Et, sous la présidence de George W. Bush, ce continent a été complètement délaissé, si ce n'est pour des questions «sécuritaires» comme les politiques d'Hugo Chávez au Venezuela. Un geste de rapprochement s'imposait donc.
Plus, l'obamanie qui a déferlé partout en 2008 a aussi frappé le Sud et la population était impatiente de faire connaissance avec le président, comme le démontrent encore les sondages. Certes, les politiques des États-Unis sont toujours décriées vertement par une bonne partie des Latino-Américains, mais l'antiaméricanisme ne saurait être confondu avec le rêve américain que caressent tant de gens. Et Obama incarne une autre Amérique que celle de Bush. C'est donc auréolé de sa popularité que Barack Obama s'est rendu au Brésil, puis au Chili et au Salvador, avec sa petite famille.
«Les attentes étaient grandes, explique Victor Armony, de l'UQAM. Dans son message, il a dit des choses importantes, mais, en matière de substance, ce voyage aura déçu.»
Une puissance
Le Brésil, maintenant la septième puissance économique du monde, était un incontournable. La mission du président Obama et de son équipe devait y comprendre un important volet économique. Au fil des ans, la Chine a supplanté les États-Unis en tant que principal partenaire commercial du Brésil et est devenue le principal investisseur étranger. Et ce, au moment où, sous l'impulsion de l'ex-président Lula, le géant sud-américain a su en quelque sorte assurer le leadership des pays en développement sur la scène internationale. Certes, il aura été question de pétrole au cours des entretiens, les États-Unis étant le premier acheteur de produits pétroliers brésiliens, mais Brasilia veut rééquilibrer sa balance commerciale déficitaire et accroître la part de ses exportations de produits manufacturés à forte valeur ajoutée. Fini le temps des exportations de matières premières.
Le ministre des Affaires étrangères, Antonio Patriota, avait d'ailleurs souhaité que cette visite soit le prélude à une relation d'égal à égal entre les deux pays.
Obama a certes voulu clore un chapitre sombre de l'histoire entre son pays et l'Amérique du Sud, alors qu'aucune entente économique d'importance n'a été signée au cours de son voyage, mais sur le plan politique, le président américain est resté silencieux sur la place de Brasilia sur l'échiquier mondial, sur le rôle qu'il est appelé à y jouer et, concrètement, sur le désir du Brésil de siéger de façon permanente au Conseil de sécurité de l'ONU. Obama s'est contenté de reconnaître l'importance du Brésil.
Devant un parterre de gens d'affaires, le président, dont les propos ont été rapportés par le New York Times, a cependant affirmé que «le temps est venu pour les États-Unis de concevoir leurs engagements avec le Brésil sur des questions économiques de façon aussi sérieuse qu'ils le sont pour la Chine et l'Inde».
La nouvelle présidente a rétorqué que, par le passé, les relations entre les deux pays ont été marquées par «une rhétorique vide», ajoutant qu'«une relation approfondie devait être construite entre égaux».
Évitant de se poser à Buenos Aires, comme le souhaitaient les autorités de l'Argentine, la famille Obama s'est ensuite rendue au Chili, où le président américain a prononcé le «discours de la réconciliation». «Il y a dit des choses importantes sur l'égalité, sur la collaboration. Il y a dit les choses à dire» sur les rapports entre l'Amérique du Sud et les États-Unis et sur la réconciliation, estime M. Armony.
Le Chili, partenaire privilégié des États-Unis par une entente de libre-échange, est perçu au Nord comme «le bon élève de la classe, ce qui a l'heur de provoquer les susceptibilités» en Amérique du Sud, rappelle M. Armony.
Le président américain a profité de son passage à Santiago, alors que le Japon est aux prises avec les problèmes que l'on sait, pour signer une entente de coopération sur le développement de l'énergie nucléaire.
Ne voulant pas négliger l'Amérique centrale, Barack Obama, sur le chemin du retour, a fait un arrêt au Salvador, petit pays défavorisé où sévit le plus haut taux d'homicide du continent. Dirigé par un ancien révolutionnaire, ce pays pacifié a vu, au fil des ans, quelque deux millions de ses ressortissants émigrer aux États-Unis, légalement ou non. «Cet arrêt est un bon choix, dit M. Armony. Il indique que Washington se préoccupe aussi des démunis.»
Ce voyage du président Obama aura peut-être permis de rompre avec le passé et d'amorcer une nouvelle ère dans les relations avec l'Amérique du Sud. Il est à souhaiter que des mesures concrètes d'appui à tous les pays voient le jour lors d'un éventuel second mandat de Barack Obama.








