Le Japon, un pays à la jonction de trois plaques techtoniques
Les Japonais «sont mieux préparés aux séismes que n'importe où ailleurs dans le monde»
Photo : source National Oceanic and AtmosphEric Administration / AFP
Le Devoir s'est entretenu avec la professeure du Département des sciences de la Terre et de l'atmosphère de l'UQAM Fiona Ann Darbyshire et avec la professeure adjointe au Département de géographie, urbanisme et environnement de l'Université Concordia Judith Patterson pour mieux comprendre le phénomène qui a frappé avec violence le pays du Soleil levant.
Pourquoi le Japon subit-il 20 % des séismes les plus violents au monde?
Fiona Ann Darbyshire: C'est une région très active, car si on regarde la distribution des grandes plaques tectoniques sur la Terre, il y a en a trois qui se rencontrent autour du Japon. On a donc de grandes zones où une plaque tectonique passe en dessous d'une autre et c'est ce glissement qui cause les grands tremblements de terre. Au Chili, ce sont deux plaques qui se rencontrent et la sismicité est déjà forte.
Pourquoi un tsunami a-t-il suivi le tremblement de terre cette fois?
F.A.D.: Pour causer un tsunami, il faut un mouvement considérable des fonds marins. Un séisme très profond sous la surface de la Terre, le type le plus fréquent au Japon, ne cause pas beaucoup de mouvement marin. Or, celui d'hier était peu profond et a pu causer un mouvement assez fort pour déplacer les eaux.
Le Japon est connu pour étudier de près les séismes. Les Japonais sont-ils donc mieux préparés pour ce genre de tragédie?
F.A.D.: En fait, on peut dire qu'ils sont mieux préparés aux séismes que n'importe où ailleurs dans le monde. Il y a eu beaucoup de dommages, mais avec les codes de construction stricts, les dommages ne sont pas aussi importants que si ça s'était produit ailleurs. Il y a aussi beaucoup de procédures en place pour stopper les systèmes de train et les centrales nucléaires, par exemple. Et les Japonais savent comment réagir, ils ont souvent des simulations.
Est-ce qu'il y a plus de tsunamis qu'avant?
Judith Patterson: Je ne crois pas que statistiquement parlant, il y ait plus de tsunamis: on est juste plus connectés. Il y a aussi des milliards de personnes de plus sur la planète. Depuis qu'il y a des océans sur cette Terre, il y a eu des tsunamis.
Des vagues liées au tsunami ont frappé hier la côte américaine. Quels peuvent être les impacts d'un tsunami au Japon de ce côté du Pacifique?
F.A.D.: Ce n'est généralement pas très important comme impacts et ça ne dure que le temps de quelques vagues. Il faut toutefois être prêt en cas de vagues plus grandes et c'est pour ça qu'on a un système d'alerte. Les grands tremblements de terre au Chili et en Alaska dans les années 1960 ont fait beaucoup de dommages sur le côté ouest de l'île de Vancouver, par exemple. Mais pour ce qui est du tsunami d'hier, la grande distance entre le Japon et le Canada nous gardait en dehors du danger.
Y a-t-il déjà eu un tsunami au Canada?
F.A.D.: Il y a en eu un dans la région de Vancouver en 1700, causé par le séisme des Cascades, qui avait environ de la même magnitude que celui du Japon.
J.P.: Il y a aussi eu un grave tsunami dans les Maritimes en 1929, causé par le tremblement de terre des Grands Bancs. Terre-Neuve a été la région la plus touchée.
Pourquoi le Japon subit-il 20 % des séismes les plus violents au monde?
Fiona Ann Darbyshire: C'est une région très active, car si on regarde la distribution des grandes plaques tectoniques sur la Terre, il y a en a trois qui se rencontrent autour du Japon. On a donc de grandes zones où une plaque tectonique passe en dessous d'une autre et c'est ce glissement qui cause les grands tremblements de terre. Au Chili, ce sont deux plaques qui se rencontrent et la sismicité est déjà forte.
Pourquoi un tsunami a-t-il suivi le tremblement de terre cette fois?
F.A.D.: Pour causer un tsunami, il faut un mouvement considérable des fonds marins. Un séisme très profond sous la surface de la Terre, le type le plus fréquent au Japon, ne cause pas beaucoup de mouvement marin. Or, celui d'hier était peu profond et a pu causer un mouvement assez fort pour déplacer les eaux.
Le Japon est connu pour étudier de près les séismes. Les Japonais sont-ils donc mieux préparés pour ce genre de tragédie?
F.A.D.: En fait, on peut dire qu'ils sont mieux préparés aux séismes que n'importe où ailleurs dans le monde. Il y a eu beaucoup de dommages, mais avec les codes de construction stricts, les dommages ne sont pas aussi importants que si ça s'était produit ailleurs. Il y a aussi beaucoup de procédures en place pour stopper les systèmes de train et les centrales nucléaires, par exemple. Et les Japonais savent comment réagir, ils ont souvent des simulations.
Est-ce qu'il y a plus de tsunamis qu'avant?
Judith Patterson: Je ne crois pas que statistiquement parlant, il y ait plus de tsunamis: on est juste plus connectés. Il y a aussi des milliards de personnes de plus sur la planète. Depuis qu'il y a des océans sur cette Terre, il y a eu des tsunamis.
Des vagues liées au tsunami ont frappé hier la côte américaine. Quels peuvent être les impacts d'un tsunami au Japon de ce côté du Pacifique?
F.A.D.: Ce n'est généralement pas très important comme impacts et ça ne dure que le temps de quelques vagues. Il faut toutefois être prêt en cas de vagues plus grandes et c'est pour ça qu'on a un système d'alerte. Les grands tremblements de terre au Chili et en Alaska dans les années 1960 ont fait beaucoup de dommages sur le côté ouest de l'île de Vancouver, par exemple. Mais pour ce qui est du tsunami d'hier, la grande distance entre le Japon et le Canada nous gardait en dehors du danger.
Y a-t-il déjà eu un tsunami au Canada?
F.A.D.: Il y a en eu un dans la région de Vancouver en 1700, causé par le séisme des Cascades, qui avait environ de la même magnitude que celui du Japon.
J.P.: Il y a aussi eu un grave tsunami dans les Maritimes en 1929, causé par le tremblement de terre des Grands Bancs. Terre-Neuve a été la région la plus touchée.
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