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En visite à Londres, Sharon demande à l'Europe de boycotter Arafat

14 juillet 2003  Actualités internationales
Londres — Le premier ministre israélien Ariel Sharon est arrivé hier à Londres pour sa première visite officielle en Grande-Bretagne, où il devrait poursuivre sa campagne pour convaincre les Européens de boycotter le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat.

Les pays européens qui «soutiennent encore» le président palestinien Yasser Arafat «retardent la possibilité d'atteindre la paix que nous voulons tous réaliser», a déclaré M. Sharon peu avant son départ d'Israël pour Londres, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision américaine Fox News.

«Je pense que les pays européens auraient pu être impliqués davantage dans le processus s'ils avaient fait preuve d'une approche plus équilibrée», a également déclaré M. Sharon dans un entretien publié hier par le quotidien norvégien Aftenposten.

Deux déclarations qui sonnent comme des avertissements, alors que le premier ministre israélien doit rencontrer aujourd'hui le chef de la diplomatie britannique, Jack Straw, avant d'être reçu par le premier ministre britannique Tony Blair. «Cette visite constitue une opportunité pour renforcer la relation personnelle qui lie les deux premiers ministres et tombe à point nommé pour aborder les progrès concernant la mise en application de la feuille de route», a déclaré un porte-parole du Foreign Office à Londres.

Des polémiques parfois acerbes ont pourtant récemment opposé les deux gouvernements sur la nature d'un règlement entre Israël et les Palestiniens et sur le rôle qui devrait être dévolu à l'Europe.

Israël avait ainsi sévèrement critiqué les propos de Jack Straw selon lesquels les pays occidentaux appliquaient une politique de deux poids deux mesures en contraignant l'Irak à respecter les résolutions de l'ONU, mais pas Israël.

Peu avant le départ d'Ariel Sharon pour Londres, le chef de la diplomatie israélienne, Sylvan Shalom, de retour d'une visite en Italie, a cependant évoqué une «lune de miel» dans les relations entre Israël et l'Europe. «Il y a un changement positif d'atmosphère dans les relations entre l'Europe et Israël et je parlerais de lune de miel», a affirmé M. Shalom à la radio publique. «Les Européens comprennent que s'ils veulent jouer un rôle actif dans les négociations israélo-palestiniennes, il leur faut adopter une approche plus équilibrée», a-t-il ajouté.

Les responsables israéliens accusent en fait les Européens d'être pro-arabes et anti-israéliens pour justifier leur refus de les intégrer aux côtés des Américains dans les discussions avec les Palestiniens.
 
 
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