Un jour férié pour la chute de Saddam
Entrée en fonction du nouveau «gouvernement transitoire» à prédominance chiite: priorité à la sécurité et à l'économie
14 juillet 2003
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Des femmes chiites de Bassorah puisent de l’eau là où le Tigre et l’Euphrate convergent pour aller se jeter dans le golfe Persique. Ignorée par l’ancien régime de Saddam Hussein, Bassorah, principale ville du sud irakien, a soif depuis des ann
L'Irak occupé par la coalition américano-britannique a été doté hier de son premier exécutif de l'après-Saddam Hussein, alors que les forces américaines lançaient une quatrième offensive contre les partisans du président déchu.
Bagdad — Le Conseil de gouvernement transitoire irakien, composé de 25 membres, s'est réuni pour la première fois à Bagdad, un événement qualifié d'«historique» par l'administrateur en chef américain en Irak, Paul Bremer.
Geste symbolique, le Conseil présidé par l'ayatollah chiite Mohammad Bahroul Ouloum a décidé de déclarer férié le 9 avril, date de l'entrée des forces américaines dans Bagdad et de la chute de Saddam Hussein.
«Au titre de ses principales priorités, le Conseil va axer tous ses efforts sur le rétablissement de la sécurité et de la stabilité, et la relance de l'économie nationale», a déclaré l'ayatollah Bahroul Ouloum, 80 ans, en donnant lecture d'un communiqué devant la presse.
Le nouvel exécutif doit en outre préparer des élections et former un gouvernement dans le cadre d'un «Irak fédéral, démocratique et unifié», selon le texte.
Le Conseil a décidé de supprimer tous les jours fériés instaurés en Irak par le Baas, l'ex-parti au pouvoir banni par la coalition : le 8 février, anniversaire de la première révolution baasiste en Irak en 1963 et le 17 juillet, anniversaire de l'arrivée au pouvoir du parti Baas en 1968.
Paul Bremer, accompagné du représentant britannique en Irak, John Sawers, et du représentant spécial de l'ONU pour l'Irak, Sergio Vieira de Mello, a été accueilli à l'entrée du siège du gouvernement par Ahmad Chalabi, chef du Congrès national irakien (CNI), Adnane Pachachi, dirigeant du Rassemblement des démocrates indépendants, et Jalal Talabani, leader de l'Union patriotique du Kurdistan.
«Il y a des moments déterminants dans l'histoire, et pour l'Irak aujourd'hui il s'agit de l'un de ces moments», a déclaré M. Vieira de Mello à la presse au terme de la réunion du Conseil. Celle-ci s'est tenue dans l'ancien ministère de l'Industrie militaire, près du palais de la République où est installé le quartier général de la coalition.
«L'Irak retrouve maintenant la place qui lui revient, en paix avec lui-même et en tant que membre à part entière de la communauté des nations», a-t-il souligné. Mais, a-t-il averti, «la tâche est décourageante». Les besoins pour «la reconstruction et la remise en état du pays sont énormes [...]. Les services de base doivent être rétablis», a-t-il expliqué, se faisant l'écho des deux préoccupations majeures des Irakiens.
Dans une tribune publiée hier par le New York Times, Paul Bremer affirme que «le Conseil aura immédiatement un réel pouvoir politique, nommera les ministres intérimaires et travaillera avec la coalition à l'établissement d'une stratégie politique et d'un budget».
Le Conseil comprend les principales personnalités politiques irakiennes et compte treize chiites, cinq Kurdes, cinq sunnites arabes, une représentante de la communauté turkmène et un chrétien, une répartition qui se veut le reflet des composantes de la population irakienne.
En réunissant ainsi toutes les forces anti-Saddam Hussein, la coalition espère isoler les partisans de l'ancien dictateur, responsables selon elle de la plupart des attaques contre les forces américano-britanniques.
Attentats revendiqués par al-Qaïda
Pour couper court à de telles actions, l'armée américaine a lancé hier une nouvelle offensive d'envergure, baptisée «Serpent de lierre», dans le centre de l'Irak, selon un porte-parole militaire.
L'opération, menée par la 4e division d'infanterie, vise «à neutraliser les paramilitaires du parti Baas et d'autres éléments subversifs», a déclaré le caporal Todd Pruden, basé au sud de Tikrit, le fief du président déchu.
Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld, interrogé hier sur la chaîne de télévision NBC pour savoir s'il s'attendait à un «été difficile» pour les soldats américains en Irak et s'il pensait qu'il y aurait encore des morts, a répondu: «Je pense que c'est vrai».
«J'ai peur que cela continue», a-t-il déclaré à propos des attaques quotidiennes contre les forces américaines.
Un groupe se réclamant du réseau islamiste international al- Qaïda déclare par ailleurs dans un enregistrement sonore diffusé hier par la télévision Al Arabiya, basée à Dubaï, qu'il est à l'origine des attentats ayant frappé en Irak les forces américaines. L'enregistrement affirme que Saddam Hussein n'est pas derrière des attenttats et annonce une nouvelle attaque anti-américaine dans les jours à venir, qui «divisera complètement l'arrière de l'Amérique».
Un soldat américain a par ailleurs été tué et deux ont été blessés dans un accident de la route en Irak, selon le commandement central américain (Centcom). Cette mort porte à 78 le nombre des soldats tués depuis le 1er mai, date à laquelle le président George W. Bush avait déclaré la fin des hostilités en Irak.
Bagdad — Le Conseil de gouvernement transitoire irakien, composé de 25 membres, s'est réuni pour la première fois à Bagdad, un événement qualifié d'«historique» par l'administrateur en chef américain en Irak, Paul Bremer.
Geste symbolique, le Conseil présidé par l'ayatollah chiite Mohammad Bahroul Ouloum a décidé de déclarer férié le 9 avril, date de l'entrée des forces américaines dans Bagdad et de la chute de Saddam Hussein.
«Au titre de ses principales priorités, le Conseil va axer tous ses efforts sur le rétablissement de la sécurité et de la stabilité, et la relance de l'économie nationale», a déclaré l'ayatollah Bahroul Ouloum, 80 ans, en donnant lecture d'un communiqué devant la presse.
Le nouvel exécutif doit en outre préparer des élections et former un gouvernement dans le cadre d'un «Irak fédéral, démocratique et unifié», selon le texte.
Le Conseil a décidé de supprimer tous les jours fériés instaurés en Irak par le Baas, l'ex-parti au pouvoir banni par la coalition : le 8 février, anniversaire de la première révolution baasiste en Irak en 1963 et le 17 juillet, anniversaire de l'arrivée au pouvoir du parti Baas en 1968.
Paul Bremer, accompagné du représentant britannique en Irak, John Sawers, et du représentant spécial de l'ONU pour l'Irak, Sergio Vieira de Mello, a été accueilli à l'entrée du siège du gouvernement par Ahmad Chalabi, chef du Congrès national irakien (CNI), Adnane Pachachi, dirigeant du Rassemblement des démocrates indépendants, et Jalal Talabani, leader de l'Union patriotique du Kurdistan.
«Il y a des moments déterminants dans l'histoire, et pour l'Irak aujourd'hui il s'agit de l'un de ces moments», a déclaré M. Vieira de Mello à la presse au terme de la réunion du Conseil. Celle-ci s'est tenue dans l'ancien ministère de l'Industrie militaire, près du palais de la République où est installé le quartier général de la coalition.
«L'Irak retrouve maintenant la place qui lui revient, en paix avec lui-même et en tant que membre à part entière de la communauté des nations», a-t-il souligné. Mais, a-t-il averti, «la tâche est décourageante». Les besoins pour «la reconstruction et la remise en état du pays sont énormes [...]. Les services de base doivent être rétablis», a-t-il expliqué, se faisant l'écho des deux préoccupations majeures des Irakiens.
Dans une tribune publiée hier par le New York Times, Paul Bremer affirme que «le Conseil aura immédiatement un réel pouvoir politique, nommera les ministres intérimaires et travaillera avec la coalition à l'établissement d'une stratégie politique et d'un budget».
Le Conseil comprend les principales personnalités politiques irakiennes et compte treize chiites, cinq Kurdes, cinq sunnites arabes, une représentante de la communauté turkmène et un chrétien, une répartition qui se veut le reflet des composantes de la population irakienne.
En réunissant ainsi toutes les forces anti-Saddam Hussein, la coalition espère isoler les partisans de l'ancien dictateur, responsables selon elle de la plupart des attaques contre les forces américano-britanniques.
Attentats revendiqués par al-Qaïda
Pour couper court à de telles actions, l'armée américaine a lancé hier une nouvelle offensive d'envergure, baptisée «Serpent de lierre», dans le centre de l'Irak, selon un porte-parole militaire.
L'opération, menée par la 4e division d'infanterie, vise «à neutraliser les paramilitaires du parti Baas et d'autres éléments subversifs», a déclaré le caporal Todd Pruden, basé au sud de Tikrit, le fief du président déchu.
Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld, interrogé hier sur la chaîne de télévision NBC pour savoir s'il s'attendait à un «été difficile» pour les soldats américains en Irak et s'il pensait qu'il y aurait encore des morts, a répondu: «Je pense que c'est vrai».
«J'ai peur que cela continue», a-t-il déclaré à propos des attaques quotidiennes contre les forces américaines.
Un groupe se réclamant du réseau islamiste international al- Qaïda déclare par ailleurs dans un enregistrement sonore diffusé hier par la télévision Al Arabiya, basée à Dubaï, qu'il est à l'origine des attentats ayant frappé en Irak les forces américaines. L'enregistrement affirme que Saddam Hussein n'est pas derrière des attenttats et annonce une nouvelle attaque anti-américaine dans les jours à venir, qui «divisera complètement l'arrière de l'Amérique».
Un soldat américain a par ailleurs été tué et deux ont été blessés dans un accident de la route en Irak, selon le commandement central américain (Centcom). Cette mort porte à 78 le nombre des soldats tués depuis le 1er mai, date à laquelle le président George W. Bush avait déclaré la fin des hostilités en Irak.
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