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    Devant la colère populaire, Moubarak jette du lest

    Le président égyptien demande la démission en bloc du gouvernement

    La foule était encore dense hier soir dans les rues du Caire, malgré l’imposition d’un couvre-feu. Les gens scandaient «À bas! À bas Moubarak!»<br />
    Photo : Agence France-Presse (photo) Khaled Desouki La foule était encore dense hier soir dans les rues du Caire, malgré l’imposition d’un couvre-feu. Les gens scandaient «À bas! À bas Moubarak!»
    Le président de l'Égypte, Hosni Moubarak, a demandé aux membres de son gouvernement de démissionner et a promis de multiples réformes aux Égyptiens en colère, au terme de la plus grande journée de manifestations antigouvernementales de la semaine. Le gouvernement américain a augmenté la pression d'un cran, menaçant de réduire l'aide internationale si les autorités continuaient à réprimer les protestataires.

    Des dizaines de milliers de personnes sont sorties dans les rues, pour une quatrième journée, incendiant même quelques bureaux du parti au pouvoir et des postes de police. Ils ont trouvé l'armée sur leur chemin au Caire, à Alexandrie et à Suez. Le gouvernement a ordonné aux militaires de prêter main-forte aux policiers, en plus de couper les lignes téléphoniques, de bloquer Internet et d'imposer un couvre-feu dans les trois villes. Mais plusieurs heures après ce couvre-feu, les gens étaient toujours dans la rue, scandant «À bas! À bas Moubarak!»

    C'est en pleine nuit que le président contesté a pris la parole pour la première fois depuis le début du soulèvement populaire, qui est sans précédent en Égypte. Se présentant comme un défenseur de la liberté d'expression, Hosni Moubarak a demandé «à tous les jeunes et à tous les citoyens de [lui] donner une chance», car il «comprend leurs souffrances». Il proposera un nouveau gouvernement dès aujourd'hui, qui s'attaquera à des réformes touchant l'emploi, la pauvreté et la démocratie, a-t-il assuré.

    Réformes insuffisantes

    Ces réformes sont toutefois bien loin des demandes des manifestants, qui souhaitent voir le président quitter la tête du pays, comme Ben Ali, il y a deux semaines, en Tunisie. Les mots du président sont plutôt interprétés comme une tentative de s'attacher au pouvoir, après 30 ans en poste. Tôt ce matin, des centaines de manifestants étaient toujours au centre du Caire, place Tahrir, fuyant par moment les policiers pour mieux revenir quelques dizaines de minutes plus tard. «Le peuple veut un changement de régime», criaient-ils.

    Washington a menacé le gouvernement égyptien de revoir à la baisse les montants alloués en aide internationale si la ligne dure envers les manifestants était maintenue, alors que 20 protestataires ont été tués hier, pour un total de 25 depuis mardi. Le président Hosni Moubarak a défendu cette «ligne dure», arguant que la frontière est mince «entre la liberté et le chaos». «En même temps que d'être du côté de la liberté des citoyens à exprimer leur opinion, je suis aussi là pour défendre la stabilité de l'Égypte et sa sécurité.»

    Pressant les Égyptiens à cesser de troubler l'espace public, il a dit que les changements dont l'Égypte a besoin «ne peuvent pas être accomplis à travers la violence, pas plus que le chaos. Ça ne peut qu'être accompli à travers le dialogue national et la concertation».

    Obama veut des mesures concrètes

    Le président américain, Barack Obama, a joué de prudence, critiquant le gouvernement Moubarak, son plus proche allié du monde arabe, sans le remettre en question. Après s'être entretenu au téléphone avec son homologue égyptien, M. Obama a indiqué être prêt à travailler avec le gouvernement autant qu'avec le peuple pour que des réformes satisfaisantes soient menées. «Je lui ai dit qu'il avait pour responsabilité de donner un sens à ces mots. Je lui ai dit de prendre des mesures concrètes pour tenir ses promesses.» Les Égyptiens veulent «un gouvernement équitable, juste et ouvert» et les gouvernements ont l'obligation de répondre aux citoyens, a-t-il ajouté. «Ils ont le droit d'être entendus.» Barack Obama a également exhorté Hosni Moubarak à rétablir l'accès à Internet et aux services de téléphonie.

    Londres a aussi appelé à des «réformes», alors que Berlin demandait à M. Moubarak d'autoriser les «manifestations pacifiques». Paris a dit souhaiter voir s'installer un «dialogue», tandis que Rome a réclamé la «fin immédiate de tout type de violence». Le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, avait quant à lui invité les autorités égyptiennes à faire preuve de retenue, jeudi soir.

    Le mouvement de contestation en Égypte a été attisé jeudi soir par le retour au pays de l'opposant et ancien dirigeant de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Mohamed el-Baradei, qui dit être prêt à mener la transition vers un nouveau régime si la population le lui demande. El-Baradei a toutefois été assigné à résidence, au Caire, hier par les autorités. L'entrée dans le mouvement du groupe islamiste des Frères musulmans a également donné du souffle à la révolte populaire.

    Plusieurs espèrent que l'armée se range du côté des manifestants. Encore hier, les policiers ont eu recours à des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des canons à eau pour disperser des manifestants.

    L'arrêt des services de téléphonie mobile et d'Internet n'a pas ralenti le mouvement, lancé sur les réseaux sociaux. Plusieurs Égyptiens ont par ailleurs trouvé des moyens pour accéder quand même à la Toile.

    ***

    D'après l'Agence France-Presse, Reuters et Associated Press
     
     
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