Israël s'alarme de l'instabilité chez ses voisins
Jérusalem — Israël observe avec inquiétude l'instabilité chez ses voisins égyptien et libanais qui vient s'ajouter à la perte de crédibilité croissante de son interlocuteur palestinien.
La crise politique au Liban a renforcé la position de son pire ennemi au nord, le Hezbollah, soutenu par la Syrie et, surtout, par l'Iran.
Au sud, la révolte populaire en Égypte contre le président Hosni Moubarak, partenaire fiable quoique incommode, vient déstabiliser un peu plus l'environnement d'Israël.
Si le changement du centre de gravité politique au Liban est une cause de sérieuse préoccupation, la crainte d'un conflit civil durable en Égypte a déclenché en Israël tous les signaux d'alarme.
Les stratèges israéliens «prient pour que l'agitation actuelle en Égypte s'apaise», confie l'analyste Gidi Grinstein, du Reut Institute. «L'environnement stratégique d'Israël est spectaculairement modifié par l'instabilité en Égypte.»
Israël mise de longue date sur une normalisation avec les pays voisins, mais l'Égypte a longtemps été son seul partenaire — précisément depuis le traité de paix signé il y a 32 ans.
Le partenariat avec l'Organisation de libération de la Palestine ne date en effet que des accords d'Oslo de 1993, qui ont facilité l'année suivante la paix avec la Jordanie.
Isolement
L'Égypte, qui partage avec Israël une longue frontière, reste de loin le plus important partenaire de l'État juif au Moyen-Orient, où elle faisait figure d'îlot de stabilité.
En privé, les dirigeants israéliens disent ne pas croire que Moubarak puisse être renversé par la rue, comme Zine ben Ali en Tunisie. Mais ils craignent que, en ce cas, son successeur, quel qu'il soit, ne soit moins bien disposé envers Israël.
Les Égyptiens ordinaires n'ont jamais eu beaucoup de sympathie pour leur voisin israélien. Et les Frères musulmansont annoncé qu'ils soumettraient à référendum l'accord de 1979 s'ils arrivaient au pouvoir.
«Si Moubarak tombe, Israël sera totalement isolé dans la région», prédit Alon Liel, ancien directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères et ex-ambassadeur à Ankara. «Cela ne représentera pas une menace du point de vue de la sécurité, mais ce sera un rude coup politique, venant s'ajouter à notre isolement international croissant.»
La poignée de ministres qui ont évoqué publiquement la situation en Égypte se sont refusé à spéculer sur le sort de Moubarak, préférant attirer l'attention sur le Liban.
«Je pense que ce qui se passe au Liban est pire que ce qui arrive en Égypte», a affirmé le vice-premier ministre, Silvan Shalon, car «une organisation terroriste y a pris le pouvoir». Le Hezbollah «va s'emparer de l'appareil de sécurité et prendra ses ordres en Iran, qui préconise qu'Israël soit rayé de la carte», a expliqué ce faucon du gouvernement de Benjamin Nétanyahou au micro de la radio de l'armée.
Israël a déjà livré une guerre au Hezbollah à l'été 2006 sans parvenir à briser les reins du groupe armé chiite, qui lui a opposé une vive résistance, tuant 160 Israéliens, en majorité des soldats. Depuis ce conflit de 33 jours, qui a fait 1200 morts du côté libanais, des civils pour la plupart, une trêve prévaut, mais Israël affirme que le Hezbollah en a profité pour se réarmer.
Il posséderait, selon lui, des milliers de missiles capables de frapper plus profondément qu'en 2006 le territoire israélien.
En désaccord avec Shalom, Grinstein juge que l'influence renforcée du Hezbollah au sein du gouvernement de Beyrouth fait paradoxalement le jeu d'Israël puisqu'il transformerait toute nouvelle confrontation avec la guérilla chiite en conflit conventionnel entre Israël et le Liban.
La crise politique au Liban a renforcé la position de son pire ennemi au nord, le Hezbollah, soutenu par la Syrie et, surtout, par l'Iran.
Au sud, la révolte populaire en Égypte contre le président Hosni Moubarak, partenaire fiable quoique incommode, vient déstabiliser un peu plus l'environnement d'Israël.
Si le changement du centre de gravité politique au Liban est une cause de sérieuse préoccupation, la crainte d'un conflit civil durable en Égypte a déclenché en Israël tous les signaux d'alarme.
Les stratèges israéliens «prient pour que l'agitation actuelle en Égypte s'apaise», confie l'analyste Gidi Grinstein, du Reut Institute. «L'environnement stratégique d'Israël est spectaculairement modifié par l'instabilité en Égypte.»
Israël mise de longue date sur une normalisation avec les pays voisins, mais l'Égypte a longtemps été son seul partenaire — précisément depuis le traité de paix signé il y a 32 ans.
Le partenariat avec l'Organisation de libération de la Palestine ne date en effet que des accords d'Oslo de 1993, qui ont facilité l'année suivante la paix avec la Jordanie.
Isolement
L'Égypte, qui partage avec Israël une longue frontière, reste de loin le plus important partenaire de l'État juif au Moyen-Orient, où elle faisait figure d'îlot de stabilité.
En privé, les dirigeants israéliens disent ne pas croire que Moubarak puisse être renversé par la rue, comme Zine ben Ali en Tunisie. Mais ils craignent que, en ce cas, son successeur, quel qu'il soit, ne soit moins bien disposé envers Israël.
Les Égyptiens ordinaires n'ont jamais eu beaucoup de sympathie pour leur voisin israélien. Et les Frères musulmansont annoncé qu'ils soumettraient à référendum l'accord de 1979 s'ils arrivaient au pouvoir.
«Si Moubarak tombe, Israël sera totalement isolé dans la région», prédit Alon Liel, ancien directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères et ex-ambassadeur à Ankara. «Cela ne représentera pas une menace du point de vue de la sécurité, mais ce sera un rude coup politique, venant s'ajouter à notre isolement international croissant.»
La poignée de ministres qui ont évoqué publiquement la situation en Égypte se sont refusé à spéculer sur le sort de Moubarak, préférant attirer l'attention sur le Liban.
«Je pense que ce qui se passe au Liban est pire que ce qui arrive en Égypte», a affirmé le vice-premier ministre, Silvan Shalon, car «une organisation terroriste y a pris le pouvoir». Le Hezbollah «va s'emparer de l'appareil de sécurité et prendra ses ordres en Iran, qui préconise qu'Israël soit rayé de la carte», a expliqué ce faucon du gouvernement de Benjamin Nétanyahou au micro de la radio de l'armée.
Israël a déjà livré une guerre au Hezbollah à l'été 2006 sans parvenir à briser les reins du groupe armé chiite, qui lui a opposé une vive résistance, tuant 160 Israéliens, en majorité des soldats. Depuis ce conflit de 33 jours, qui a fait 1200 morts du côté libanais, des civils pour la plupart, une trêve prévaut, mais Israël affirme que le Hezbollah en a profité pour se réarmer.
Il posséderait, selon lui, des milliers de missiles capables de frapper plus profondément qu'en 2006 le territoire israélien.
En désaccord avec Shalom, Grinstein juge que l'influence renforcée du Hezbollah au sein du gouvernement de Beyrouth fait paradoxalement le jeu d'Israël puisqu'il transformerait toute nouvelle confrontation avec la guérilla chiite en conflit conventionnel entre Israël et le Liban.
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