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    Haïti: le président Préval veut que Duvalier réponde de ses actes

    Des Québécois demandent un tribunal spécial pour juger Bébé Doc

    24 janvier 2011 |Agence France-Presse (photo) - Agence France-Presse, La Presse canadienne | Actualités internationales
    Un homme manifeste son ras-le-bol à Port-au-Prince. La capitale a été hier le théâtre d’une nouvelle manifestation.<br />
    Photo: Agence France-Presse (photo) Hector Retamal Un homme manifeste son ras-le-bol à Port-au-Prince. La capitale a été hier le théâtre d’une nouvelle manifestation.
    Port-au-Prince — L'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier doit répondre de ses actes devant la justice, a affirmé hier le président haïtien René Préval. Un appel repris presque à l'identique au Québec où un regroupement d'organisations québécoises solidaires avec le peuple haïtien a demandé la création d'un tribunal spécial en Haïti pour juger l'ex-dictateur Jean-Claude Duvalier, de retour dans son pays.

    Appelé La Concertation pour Haïti, le groupe québécois estime que Jean-Claude Duvalier doit faire face à des accusations de crimes contre l'humanité et de violations des droits de la personne, devant un tribunal «mixte», composé de juges locaux et internationaux. La Concertation pour Haïti demande entre-temps que Jean-Claude Duvalier soit incarcéré jusqu'à la tenue de son procès.

    En visite-surprise en République dominicaine voisine, René Préval, censé quitter le pouvoir le 7 février, a pour sa part durci le ton à l'encontre de celui qu'on a surnommé Bébé Doc. «La Constitution [haïtienne] dit que toute personne doit répondre de ses actes devant la justice. Le gouvernement a déjà fait ce qu'il devait faire, maintenant, nous attendons que la justice fasse son travail.»

    Un des avocats de M. Duvalier, Me Reynold Georges, a réagi en assurant que M. Duvalier avait bien l'intention de «répondre aux questions de la justice». Mais «cela ne veut pas dire qu'il est coupable», a-t-il ajouté lors d'une conversation téléphonique avec l'AFP.

    Six plaintes individuelles pour violation des droits de l'homme ont été déposées contre Jean-Claude Duvalier. Par ailleurs, il est poursuivi par la justice haïtienne pour corruption, détournement de fonds publics et association de malfaiteurs.

    Me Georges a assuré que M. Préval était «derrière [le] complot qui vis[ait] à traumatiser» son client. «M. Préval doit aller en prison pour tous ses méfaits, pour les millions volatilisés. Et il le sait très bien».

    M. Duvalier, qui s'était autoproclamé «président à vie», affirme être revenu au pays pour «aider» Haïti, mais il semble surtout vouloir récupérer ses avoirs bloqués en Suisse. «Ce que [Duvalier] aimerait faire avec les fonds suisses, c'est contribuer à la reconstruction du pays», a reconnu vendredi un autre de ses avocats, Me Edwin Marger. «C'est une des raisons pour laquelle il est revenu [...]. Il ne demande pas que quoi que ce soit lui soit rendu personnellement».

    Selon des experts et des associations de défense des droits de l'homme, M. Duvalier serait revenu en Haïti dans le cadre d'une manoeuvre qui lui permettrait de retrouver les quelque 5,7 millions de dollars déposés par sa famille sur des comptes en Suisse.

    Sur le terrain, une manifestation à l'appel d'une douzaine de candidats malheureux à la présidentielle demandant l'annulation pure et simple du premier tour s'est tenue hier à Port-au-Prince. «Nous voulons des élections sans fraude!», «À bas la corruption, nous sommes fatigués!», pouvait-on lire sur les pancartes brandies par une grosse centaine de manifestants défilant dans les rues de la capitale.












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