Une année marquée au fer rouge par les catastrophes naturelles
Photo : Agence France-Presse Carl De Souza
Une jeune Pakistanaise transportant avec elle tous ses biens, quelques jours après les inondations qui ont frappé le pays et qui ont submergé 160 000 kilomètres carrés.
Washington — Séisme à Haïti, canicule en Russie, inondations au Pakistan, éruptions volcaniques en Indonésie... les forces de la nature ont été particulièrement meurtrières en 2010. Avec au moins 250 000 morts, le bilan humain des catastrophes naturelles pour l'année écoulée est le plus élevé depuis au moins 1983.
L'homme a souvent une part de responsabilité dans le bilan de ces tragédies, soulignent les experts. Le séisme de magnitude 7 qui a frappé Haïti le 12 janvier, faisant plus de 220 000 morts et quelque deux millions de sans-abris, en est un parfait exemple.
Ravagée par le tremblement de terre, Port-au-Prince compte presque trois fois plus d'habitants et davantage de bidonvilles qu'il y a 25 ans. Si le même séisme s'était produit en 1985, le nombre total de morts aurait été probablement d'environ 80 000, estime Richard Olson, spécialiste de la réduction des risques naturels à l'Université internationale de la Floride.
Le 27 février, un séisme bien plus puissant, de magnitude 8,8, a provoqué un tsunami et la mort de «seulement» 486 personnes dans une région du Chili moins peuplée, moins pauvre et dotée de bâtiments plus résistants qu'à Port-au-Prince.
Russie et Pakistan
L'année a aussi été marquée par deux épisodes météorologiques exceptionnels. Cet été, la Russie a connu une canicule meurtrière durant laquelle une température record de 38,2 degrés Celsius a été enregistrée à Moscou. De son côté, le Pakistan a été frappé par des inondations catastrophiques qui ont submergé 160 000 kilomètres carrés. Les deux catastrophes, causées par le même système météorologique, ont fait près de 17 000 morts au total.
Les épisodes météorologiques extrêmes survenus cette année apparaissent comme des symptômes du réchauffement climatique causé par l'homme. Les chercheurs ont calculé que, sans le réchauffement, la canicule de cet été en Russie ne se produirait qu'une fois tous les 100 000 ans. Des données préliminaires montrent que 2010 a été l'année la plus chaude jamais recensée dans 18 pays. Et elle pourrait être l'année la plus chaude jamais répertoriée sur la planète ou au moins l'une des trois plus chaudes, selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM).
Des catastrophes meurtrières
Si le séisme en Haïti a été de loin la catastrophe la plus meurtrière, devant la vague de chaleur en Russie et les inondations au Pakistan, des tremblements de terre ont également tué au Chili, en Turquie, en Chine et en Indonésie. L'activité sismique a été intense en 2010. De janvier à la mi-décembre, 20 séismes de magnitude 7 ou plus ont été dénombrés, contre une quinzaine habituellement.
Au 30 novembre, les catastrophes naturelles avaient fait près de 260 000 morts depuis le début de l'année, contre 15 000 en 2009, selon le réassureur suisse Swiss Re. L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui n'a pas actualisé ses chiffres depuis le 30 septembre, avance de son côté presque 250 000 morts.
Les catastrophes naturelles n'avaient plus été aussi meurtrières depuis 1983, année marquée par la sécheresse et la famine en Éthiopie, selon l'OMS. Swiss Re estime de son côté qu'il faut remonter à 1976 pour trouver un nombre plus élevé de décès liés à de tels événements.
Les catastrophes naturelles ont également causé des pertes économiques évaluées à 222 milliards de dollars (169 milliards d'euros) en 2010. C'est plus que la moyenne, mais ce n'est pas un record. En Islande, le volcan Eyjafjallajökull a paralysé le trafic aérien pendant des jours en Europe, avec des conséquences notables sur l'activité économique du continent.
Les inondations ont fait 6300 morts dans 59 pays entre janvier et septembre, selon l'OMS. En début d'année, de fortes tempêtes de neige se sont abattues sur les États-Unis, tandis que la Chine et la Russie ont enregistré des chutes de neige record.
En octobre, l'Indonésie a connu en l'espace de 24 heures un séisme meurtrier de magnitude 7,7, un tsunami qui a fait plus de 500 morts et le réveil du volcan Merapi, dont les éruptions se solderont par plusieurs centaines de morts. Le pays avait déjà eu son lot de catastrophes depuis le début de l'année, enregistrant des centaines de morts dans des inondations, des glissements de terrain et des séismes.
Aux États-Unis, l'Agence fédérale de gestion des urgences (FEMA) a déclaré un nombre record de catastrophes majeures dans le pays en 2010: 79, contre 34 dans une année moyenne. «La science montre clairement qu'on peut s'attendre à davantage» de catastrophes naturelles tant que les émissions de gaz à effet de serre ne seront pas «fortement réduites», prévient le conseiller scientifique de la Maison-Blanche, John Holdren.
Roger Bilham, professeur de sciences géologiques à l'Université du Colorado, note que de 400 à 500 millions de personnes dans le monde vivent dans des grandes villes exposées à un risque sismique majeur. Un séisme comme celui d'Haïti pourrait, selon lui, se reproduire dans une dizaine de villes, par exemple à Alger ou Téhéran.
L'homme a souvent une part de responsabilité dans le bilan de ces tragédies, soulignent les experts. Le séisme de magnitude 7 qui a frappé Haïti le 12 janvier, faisant plus de 220 000 morts et quelque deux millions de sans-abris, en est un parfait exemple.
Ravagée par le tremblement de terre, Port-au-Prince compte presque trois fois plus d'habitants et davantage de bidonvilles qu'il y a 25 ans. Si le même séisme s'était produit en 1985, le nombre total de morts aurait été probablement d'environ 80 000, estime Richard Olson, spécialiste de la réduction des risques naturels à l'Université internationale de la Floride.
Le 27 février, un séisme bien plus puissant, de magnitude 8,8, a provoqué un tsunami et la mort de «seulement» 486 personnes dans une région du Chili moins peuplée, moins pauvre et dotée de bâtiments plus résistants qu'à Port-au-Prince.
Russie et Pakistan
L'année a aussi été marquée par deux épisodes météorologiques exceptionnels. Cet été, la Russie a connu une canicule meurtrière durant laquelle une température record de 38,2 degrés Celsius a été enregistrée à Moscou. De son côté, le Pakistan a été frappé par des inondations catastrophiques qui ont submergé 160 000 kilomètres carrés. Les deux catastrophes, causées par le même système météorologique, ont fait près de 17 000 morts au total.
Les épisodes météorologiques extrêmes survenus cette année apparaissent comme des symptômes du réchauffement climatique causé par l'homme. Les chercheurs ont calculé que, sans le réchauffement, la canicule de cet été en Russie ne se produirait qu'une fois tous les 100 000 ans. Des données préliminaires montrent que 2010 a été l'année la plus chaude jamais recensée dans 18 pays. Et elle pourrait être l'année la plus chaude jamais répertoriée sur la planète ou au moins l'une des trois plus chaudes, selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM).
Des catastrophes meurtrières
Si le séisme en Haïti a été de loin la catastrophe la plus meurtrière, devant la vague de chaleur en Russie et les inondations au Pakistan, des tremblements de terre ont également tué au Chili, en Turquie, en Chine et en Indonésie. L'activité sismique a été intense en 2010. De janvier à la mi-décembre, 20 séismes de magnitude 7 ou plus ont été dénombrés, contre une quinzaine habituellement.
Au 30 novembre, les catastrophes naturelles avaient fait près de 260 000 morts depuis le début de l'année, contre 15 000 en 2009, selon le réassureur suisse Swiss Re. L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui n'a pas actualisé ses chiffres depuis le 30 septembre, avance de son côté presque 250 000 morts.
Les catastrophes naturelles n'avaient plus été aussi meurtrières depuis 1983, année marquée par la sécheresse et la famine en Éthiopie, selon l'OMS. Swiss Re estime de son côté qu'il faut remonter à 1976 pour trouver un nombre plus élevé de décès liés à de tels événements.
Les catastrophes naturelles ont également causé des pertes économiques évaluées à 222 milliards de dollars (169 milliards d'euros) en 2010. C'est plus que la moyenne, mais ce n'est pas un record. En Islande, le volcan Eyjafjallajökull a paralysé le trafic aérien pendant des jours en Europe, avec des conséquences notables sur l'activité économique du continent.
Les inondations ont fait 6300 morts dans 59 pays entre janvier et septembre, selon l'OMS. En début d'année, de fortes tempêtes de neige se sont abattues sur les États-Unis, tandis que la Chine et la Russie ont enregistré des chutes de neige record.
En octobre, l'Indonésie a connu en l'espace de 24 heures un séisme meurtrier de magnitude 7,7, un tsunami qui a fait plus de 500 morts et le réveil du volcan Merapi, dont les éruptions se solderont par plusieurs centaines de morts. Le pays avait déjà eu son lot de catastrophes depuis le début de l'année, enregistrant des centaines de morts dans des inondations, des glissements de terrain et des séismes.
Aux États-Unis, l'Agence fédérale de gestion des urgences (FEMA) a déclaré un nombre record de catastrophes majeures dans le pays en 2010: 79, contre 34 dans une année moyenne. «La science montre clairement qu'on peut s'attendre à davantage» de catastrophes naturelles tant que les émissions de gaz à effet de serre ne seront pas «fortement réduites», prévient le conseiller scientifique de la Maison-Blanche, John Holdren.
Roger Bilham, professeur de sciences géologiques à l'Université du Colorado, note que de 400 à 500 millions de personnes dans le monde vivent dans des grandes villes exposées à un risque sismique majeur. Un séisme comme celui d'Haïti pourrait, selon lui, se reproduire dans une dizaine de villes, par exemple à Alger ou Téhéran.
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