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Fin du procès Elf - Mise en lumière des liens entre les affaires et la politique

8 juillet 2003  Actualités internationales
Paris — Le procès Elf s'est achevé hier soir après près de quatre mois d'audience et il a mis en lumière les relations corrompues entre le monde des affaires et celui de la politique, avec des ramifications qui ont atteint le continent africain. Le tribunal correctionnel de Paris rendra son jugement le 12 novembre.

Un à un, la justice française a examiné les flux financiers qui ont transité par une myriade de comptes bancaires en Suisse, au Liechtenstein ou au Luxembourg pour un montant total de détournements évalué à deux milliards de francs (environ 300 millions d'euros).

Le procès a aussi jeté une lumière crue sur de petits détails, souvent accablants, révélateurs «d'un opportunisme systématiquement protégé par les millions et les millions de barils produits par Elf», selon l'accusation.

Patron du groupe de 1989 à 1993, Loïk Le Floch-Prigent, 59 ans, s'est ainsi acheté avec la carte bancaire d'Elf pour 12 200 euros de meubles de jardin, le jour de son départ de la présidence du groupe.

Les principaux prévenus, à l'exception notable d'André Tarallo, 75 ans, l'homme des relations avec l'Afrique, ont reconnu à des degrés divers leurs «faiblesses», leurs «dérapages», mais ont également, et sans relâche, mis en avant «un système» et «une époque».

«Elf est une entreprise qui érode le sens des réalités», a avancé M. Le Floch-Prigent, tandis qu'Alfred Sirven, son ancien bras droit en tant que directeur des affaires générales du groupe, a évoqué «une sorte d'entraînement, d'éblouissement».

Une peine de cinq ans de prison a été requise à l'encontre de l'ancien p.-d.g. et des peines de huit ans pour ses deux ex-collaborateurs.

L'affaire Elf a aussi éclaboussé l'Afrique où, pour obtenir des contrats, le groupe aurait versé indirectement des commissions à des présidents africains tels Omar Bongo, du Gabon, Denis Sassou Nguesso, du Congo-Brazzaville, ou l'Angolais José Eduardo dos Santos.

Mais la pratique des commissions n'était pas considérée comme un délit par la justice française à l'époque où elles ont été versées et les personnalités africaines resteront à l'abri des poursuites.
 
 
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