Repères - Palestina libre
L'indépendance de la Palestine «dans les frontières de 1967» vient d'être reconnue par deux pays d'Amérique du Sud et elle le sera bientôt par un troisième.
Quelques jours après le Brésil, l'Argentine a reconnu lundi la Palestine comme «État libre et indépendant», dans les frontières qui séparaient l'État d'Israël de la Cisjordanie et de la bande de Gaza avant la guerre de Six Jours. L'Uruguay devrait imiter le geste de ses voisins en 2011.
L'État d'Israël a vertement critiqué ces initiatives, qui nuiraient selon lui aux négociations que les Palestiniens se sont engagés à poursuivre lorsqu'ils ont signé les accords d'Oslo en 1993. L'ambassadeur d'Israël en Argentine, le pays d'Amérique du Sud qui compte la plus importante communauté juive, s'est quand même montré plus conciliant que le ministère qui l'emploie, assurant que le geste de Buenos Aires n'affecterait en rien les «très bonnes relations» entre les deux pays.
Solutions de rechange
L'Autorité palestinienne, de son côté, affirme que les négociations sont tellement bloquées qu'il faut leur trouver des solutions de rechange. Ces solutions seraient au moins de deux ordres: certaines consistant à trouver des appuis à une éventuelle déclaration unilatérale d'indépendance, tandis que d'autres viseraient à mettre Israël devant ses responsabilités en tant que puissance occupante. (À cette fin, l'Autorité palestinienne pourrait aller jusqu'à se saborder.)
Les négociations directes entre Israéliens et Palestiniens ont été rompues le 26 septembre, à l'expiration d'un moratoire israélien sur les nouvelles constructions dans les colonies de Cisjordanie. Pour qu'elles reprennent, l'Autorité palestinienne exige un gel total de la colonisation, non seulement en Cisjordanie, mais également dans Jérusalem-Est, la partie arabe de la Ville sainte annexée en 1967. En l'absence d'un tel geste, son président, Mahmoud Abbas, laisse entendre depuis octobre qu'il va faire porter ses efforts sur le plan diplomatique.
Les Palestiniens semblent penser que le mouvement international en faveur d'une reconnaissance «prénatale» de leur État, à défaut d'aider les Américains à convaincre Israël d'arrêter la colonisation — le gouvernement Obama vient d'avouer son impuissance à cet égard —, poussera le reste de la communauté internationale à accélérer l'avènement de cet État, d'une façon ou d'une autre. Le premier ministre palestinien, Salam Fayyad, dit s'attendre à ce que les déclarations latino-américaines soient suivies par autres dans le reste du monde.
Au-delà du Mercosur
Le Brésil, l'Argentine et l'Uruguay font partie du Mercosur, qui est le troisième marché intégré en importance dans le monde après l'Union européenne et l'ALENA.
«La portée de cette prise de position va cependant au-delà du Mercosur. Elle renforce d'autres structures [continentales], dont l'Unasur», croit Marie-Christine Doran, professeure de science politique à l'Université d'Ottawa. L'Unasur (Union des nations sud-américaines) avait été mise sur pied en 2008, dans une optique d'intégration de l'Amérique du Sud et de résistance à certaines politiques étatsuniennes, dont un projet de libre-échange pour les Amériques. L'Argentine, le Brésil et l'Uruguay «sont conscients de la portée de leur geste, qui montre qu'ils ne sont pas inféodés aux États-Unis», ajoute l'universitaire.
Le Mercosur a manifesté récemment son intention de négocier des accords de libre-échange avec des pays du Proche-Orient, ainsi qu'avec l'Autorité palestinienne.
Quelques jours après le Brésil, l'Argentine a reconnu lundi la Palestine comme «État libre et indépendant», dans les frontières qui séparaient l'État d'Israël de la Cisjordanie et de la bande de Gaza avant la guerre de Six Jours. L'Uruguay devrait imiter le geste de ses voisins en 2011.
L'État d'Israël a vertement critiqué ces initiatives, qui nuiraient selon lui aux négociations que les Palestiniens se sont engagés à poursuivre lorsqu'ils ont signé les accords d'Oslo en 1993. L'ambassadeur d'Israël en Argentine, le pays d'Amérique du Sud qui compte la plus importante communauté juive, s'est quand même montré plus conciliant que le ministère qui l'emploie, assurant que le geste de Buenos Aires n'affecterait en rien les «très bonnes relations» entre les deux pays.
Solutions de rechange
L'Autorité palestinienne, de son côté, affirme que les négociations sont tellement bloquées qu'il faut leur trouver des solutions de rechange. Ces solutions seraient au moins de deux ordres: certaines consistant à trouver des appuis à une éventuelle déclaration unilatérale d'indépendance, tandis que d'autres viseraient à mettre Israël devant ses responsabilités en tant que puissance occupante. (À cette fin, l'Autorité palestinienne pourrait aller jusqu'à se saborder.)
Les négociations directes entre Israéliens et Palestiniens ont été rompues le 26 septembre, à l'expiration d'un moratoire israélien sur les nouvelles constructions dans les colonies de Cisjordanie. Pour qu'elles reprennent, l'Autorité palestinienne exige un gel total de la colonisation, non seulement en Cisjordanie, mais également dans Jérusalem-Est, la partie arabe de la Ville sainte annexée en 1967. En l'absence d'un tel geste, son président, Mahmoud Abbas, laisse entendre depuis octobre qu'il va faire porter ses efforts sur le plan diplomatique.
Les Palestiniens semblent penser que le mouvement international en faveur d'une reconnaissance «prénatale» de leur État, à défaut d'aider les Américains à convaincre Israël d'arrêter la colonisation — le gouvernement Obama vient d'avouer son impuissance à cet égard —, poussera le reste de la communauté internationale à accélérer l'avènement de cet État, d'une façon ou d'une autre. Le premier ministre palestinien, Salam Fayyad, dit s'attendre à ce que les déclarations latino-américaines soient suivies par autres dans le reste du monde.
Au-delà du Mercosur
Le Brésil, l'Argentine et l'Uruguay font partie du Mercosur, qui est le troisième marché intégré en importance dans le monde après l'Union européenne et l'ALENA.
«La portée de cette prise de position va cependant au-delà du Mercosur. Elle renforce d'autres structures [continentales], dont l'Unasur», croit Marie-Christine Doran, professeure de science politique à l'Université d'Ottawa. L'Unasur (Union des nations sud-américaines) avait été mise sur pied en 2008, dans une optique d'intégration de l'Amérique du Sud et de résistance à certaines politiques étatsuniennes, dont un projet de libre-échange pour les Amériques. L'Argentine, le Brésil et l'Uruguay «sont conscients de la portée de leur geste, qui montre qu'ils ne sont pas inféodés aux États-Unis», ajoute l'universitaire.
Le Mercosur a manifesté récemment son intention de négocier des accords de libre-échange avec des pays du Proche-Orient, ainsi qu'avec l'Autorité palestinienne.
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