samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 09h44
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Repères - Palestina libre

L'indépendance de la Palestine «dans les frontières de 1967» vient d'être reconnue par deux pays d'Amérique du Sud et elle le sera bientôt par un troisième.

Quelques jours après le Brésil, l'Argentine a reconnu lundi la Palestine comme «État libre et indépendant», dans les frontières qui séparaient l'État d'Israël de la Cisjordanie et de la bande de Gaza avant la guerre de Six Jours. L'Uruguay devrait imiter le geste de ses voisins en 2011.

L'État d'Israël a vertement critiqué ces initiatives, qui nuiraient selon lui aux négociations que les Palestiniens se sont engagés à poursuivre lorsqu'ils ont signé les accords d'Oslo en 1993. L'ambassadeur d'Israël en Argentine, le pays d'Amérique du Sud qui compte la plus importante communauté juive, s'est quand même montré plus conciliant que le ministère qui l'emploie, assurant que le geste de Buenos Aires n'affecterait en rien les «très bonnes relations» entre les deux pays.

Solutions de rechange

L'Autorité palestinienne, de son côté, affirme que les négociations sont tellement bloquées qu'il faut leur trouver des solutions de rechange. Ces solutions seraient au moins de deux ordres: certaines consistant à trouver des appuis à une éventuelle déclaration unilatérale d'indépendance, tandis que d'autres viseraient à mettre Israël devant ses responsabilités en tant que puissance occupante. (À cette fin, l'Autorité palestinienne pourrait aller jusqu'à se saborder.)

Les négociations directes entre Israéliens et Palestiniens ont été rompues le 26 septembre, à l'expiration d'un moratoire israélien sur les nouvelles constructions dans les colonies de Cisjordanie. Pour qu'elles reprennent, l'Autorité palestinienne exige un gel total de la colonisation, non seulement en Cisjordanie, mais également dans Jérusalem-Est, la partie arabe de la Ville sainte annexée en 1967. En l'absence d'un tel geste, son président, Mahmoud Abbas, laisse entendre depuis octobre qu'il va faire porter ses efforts sur le plan diplomatique.

Les Palestiniens semblent penser que le mouvement international en faveur d'une reconnaissance «prénatale» de leur État, à défaut d'aider les Américains à convaincre Israël d'arrêter la colonisation — le gouvernement Obama vient d'avouer son impuissance à cet égard —, poussera le reste de la communauté internationale à accélérer l'avènement de cet État, d'une façon ou d'une autre. Le premier ministre palestinien, Salam Fayyad, dit s'attendre à ce que les déclarations latino-américaines soient suivies par autres dans le reste du monde.

Au-delà du Mercosur

Le Brésil, l'Argentine et l'Uruguay font partie du Mercosur, qui est le troisième marché intégré en importance dans le monde après l'Union européenne et l'ALENA.

«La portée de cette prise de position va cependant au-delà du Mercosur. Elle renforce d'autres structures [continentales], dont l'Unasur», croit Marie-Christine Doran, professeure de science politique à l'Université d'Ottawa. L'Unasur (Union des nations sud-américaines) avait été mise sur pied en 2008, dans une optique d'intégration de l'Amérique du Sud et de résistance à certaines politiques étatsuniennes, dont un projet de libre-échange pour les Amériques. L'Argentine, le Brésil et l'Uruguay «sont conscients de la portée de leur geste, qui montre qu'ils ne sont pas inféodés aux États-Unis», ajoute l'universitaire.

Le Mercosur a manifesté récemment son intention de négocier des accords de libre-échange avec des pays du Proche-Orient, ainsi qu'avec l'Autorité palestinienne.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Gravelon - Inscrit
    9 décembre 2010 09 h 04
    Israel au bout du rouleau
    Israel ne veut pas d'un état palestinien viable, c'est clair. Les exigences qu'ils avancent sont tout simplement inacceptables. Un état palestinien sans retour aux frontières de 1967, et sans solution aux réfugiés n'est tout simplement pas acceptable.
    Mais Israel ne veut pas non plus d'un état binational laique et qui granti les droits de tout le monde. La crainte de perdre le caractère juif du pays prime sur toute véleité démocratique.
    Conclusion, Israel opte pour l'apartheid, la politique où tout élément étranger à la culture juive est considéré comme un parasite susceptible de contaminer l'ensemble de l'organisme. Ironique comment ceux-la même qui ont été victime de cette logique, la pratique 60 ans plus tard.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre Rousseau - Inscrit
    9 décembre 2010 11 h 09
    Et l'ALBA?
    Il est intéressant de notre que ces pays ne sont pas les plus à gauche en Amérique latine et qu'il y a aussi l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) dont le Vénézuela du président Chavez a été un des artisans principaux et qui n'a pas encore réagi, semble-t-il. On peut probablement en conclure que même l'Amérique latine «modérée» s'implique dans le conflit Israélo-Palestinien pour tenter de mettre un peu d'équilibre dans le conflit.

    C'est un conflit qui comporte une asymmétrie assez évidente car d'un côté Israël jouit de l'appui inconditionnel de la puissance américaine et du Canada alors que les Palestiniens ne jouissent que très peu d'appuis, ce qui tend à rendre le règlement du conflit très hypothétique; la preuve c'est la continuation de la colonisation des territoires occupés.

    Il reste donc à voir si cet appui sera suivi par d'autres et quel impact ces appuis vont avoir sur les négociations qui sont, pour le moment et à toutes fins pratiques, paralysées.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marc Tremblay - Inscrit
    9 décembre 2010 11 h 20
    Ironique ? Pas certain
    « Ironique comment ceux-la même qui ont été victime de cette logique, la pratique 60 ans plus tard.»

    C'est tellement classique. Comme quelqu'un qui bat ses enfants et qui a été battu par son père ou sa mère. Comme un conjoint qui bat l'autre conjoint et qui a vu ses parents se battre.

    Le peuple israélien est tellement pathétique. Il ferait pitié si ce n'était de sa puissance militaire et du soutien qu'il obtient de l'Empire.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    9 décembre 2010 13 h 07
    Le déclin de l'empire !
    Obama est de plus en plus impuissant à mettre en oeuvre les promesses politiques qui l'avait fait élire. Son incapacité de faire cesser la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est n'est que la dernière humiliation que lui inflige Israël. Il a dû aussi fléchir devant les Républicains et maintenir les baisses d'impôt des plus riches. Wikileaks a paralysé sa diplômatie internationale et ainsi mettre en danger sa politique d'ouverture sur le monde. L'empire recule et Obama lui-même est de plus en plus ciblé comme une président faible et incapable d'imposer ses politiques autant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Sera-t-il candidat aux présidentielles de 2012 ? On commence à soulever la question dans les rangs Démécrates et Hilary sourit.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Yves Claudé - Inscrit
    21 janvier 2011 11 h 30
    La Palestine à libérer ...
    Cinquante ans après les mouvements de décolonisation, la Palestine continue à subir les assauts d'une entreprise d'appropriation territoriale initiée dès le 19e siècle en Europe, sur le modèle des nationalismes ethnoracialistes qui ont pourtant clairement démontré leur caractère belligène et ethnocidaire, en Allemagne en particulier.

    À ce sujet, signalons le développement d'un projet politique pacifiste d'État palestinien laïc et démocratique, soutenu par des citoyens de toutes origines et confessions qui vivent sur le territoire de la Palestine historique. Il s'agit de démanteler la structure coloniale ethno-racialiste (et son infrastucture militaire) qui a été imposée et établie par la terreur et les massacres, depuis l'irruption du mouvement sioniste au Moyen Orient.

    Ce projet, qui suppose une intervention internationale, s'impose, non seulement pour les droits et la sécurité des citoyens de la Palestine, mais aussi pour prévenir un dangereux conflit internationalisé, dont l'élément le plus évident est celui de la préparation actuelle d'une offensive nucléaire contre l'Iran.

    Les citoyens lucides devraient se mobiliser, avant que d'autres morts par milliers ne génèrent dans les rues de la planète des cris de "soudaine indignation" !

    L'Afghanistan, l'Irak, le Liban, Gaza, etc ... Basta !

    Yves Claudé
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
5 réactions
7 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012