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Ces Roms par qui le scandale arrive

L'offensive du gouvernement Sarkozy a soulevé un tollé en Europe

La France dit avoir expulsé depuis deux mois 1200 Roms et démantelé près d’une centaine de camps illégaux.<br />
Photo : Agence France-Presse Olivier Laban-Mattei
La France dit avoir expulsé depuis deux mois 1200 Roms et démantelé près d’une centaine de camps illégaux.
Les Tsiganes circulent en France depuis... 1427! Alors, pourquoi cette polémique soudaine autour d'un peuple dont les membres sont peut-être les seuls véritables Européens?

Paris — Pendant que, cet été, Nicolas Sarkozy donnait l'ordre de démanteler systématiquement les camps illégaux et qu'une circulaire officielle précisait que ceux des Roms devaient être visés «en priorité», les Roms étaient à l'honneur en Chine. C'est en effet le cirque Romanès qui représentait officiellement la France à l'Exposition universelle de Shanghai. Enfant de la célèbre famille Bouglione, Alexandre Romanès a créé son propre cirque en 1994 avec des Tsiganes roumains et la chanteuse roumaine Délia Moldovan, qui est devenue sa femme. Aujourd'hui, Romanès a pourtant toutes les misères du monde à faire venir des musiciens de Roumanie.

Fallait-il que l'Europe se déchire sur les Roms l'année du centenaire de Django Reinhart et de la sortie de Liberté, le très beau film de Tony Gatlif? Depuis deux mois, la France dit avoir expulsé 1200 Roms et démantelé près d'une centaine de camps illégaux. Cette offensive, qui a soulevé un tollé en Europe et suscité des comparaisons outrancières avec les déportations de la Seconde Guerre mondiale, a été déclenchée par le discours de Nicolas Sarkozy prononcé à Grenoble le 30 juillet dernier. Il réagissait ainsi aux altercations qui s'étaient produites à Saint-Aignan, après la mort sous les balles d'un policier de Luigi Duquenet, Tsigane français pur beurre qui n'avait pourtant rien de roumain.

Une cible facile

Conscient de sa chute dans les sondages, Nicolas Sarkozy a-t-il tout simplement instrumentalisé les Roms pour récupérer un électorat qui semblait lui échapper? «Les Tsiganes roumains [les Roms] représentent la cible la plus facile qui soit, dit Emmanuel Filhol, spécialiste de l'histoire des Tsiganes à l'Université de Bordeaux-1. Sans représentation politique, dispersés à travers l'Europe, ils ne sont que 15 000 en France et n'ont pas les moyens de se défendre.» Sans compter qu'il y a toujours eu des rapports d'amour-haine à l'égard des Tsiganes en général, explique le chercheur. «D'une part, on admire leur liberté, d'autre part, ils suscitent la crainte et sont en butte au rejet.»

Depuis que la Roumanie est membre de l'Union européenne, les Roms jouissent de la liberté de circulation en Europe. Jusqu'en 2014, hors de la Roumanie et de la Bulgarie, leur droit de séjour est limité à trois mois. On peut cependant les expulser s'ils ne respectent pas les lois du pays. Or, sans moyens ni ressources, ils s'installent souvent sur des terrains qu'ils squattent illégalement. Il y aurait ainsi 300 camps roms improvisés en France, selon le ministère de l'Intérieur.

Nombreux sont pourtant ceux qui s'interrogent sur l'efficacité d'une telle politique de démantèlement. Dans les Hauts-de-Seine, quatre camps ont été évacués. Mais, sur les 148 occupants, seuls 28 ont pu être expulsés. Les autres sont allés créer des camps ailleurs. Quant aux 28, ils ont le droit de revenir, ce dont certains ne se privent pas.

Ces camps qui dérangent souvent les riverains ne représentent par ailleurs qu'une quantité négligeable à côté des innombrables squats qui sont souvent tolérés un peu partout en France. Un rapport publié en 2002 dénombrait plus de 2000 squats en France, dont certains peuvent abriter des centaines de personnes.

Depuis 1427...

La présence tsigane en France ne date ni de la chute du mur de Berlin, ni de l'entrée de la Roumanie dans l'Union européenne. Le premier témoignage de l'arrivée de «Bohémiens» aux portes de Paris remonte plutôt... à 1427! Il y a même eu un âge d'or des Tsiganes, explique Emmanuel Filhol. Au

XVIe siècle, les nobles accueillaient avec joie les Bohémiens, dont ils appréciaient particulièrement les danses et la musique. Certaines villes, comme Saint-Jean-de-Luz, leur offrirent la protection. Même s'ils furent beaucoup moins bien accueillis par la suite, les Tsiganes continuèrent à arriver par vagues successives après les guerres napoléoniennes, la Seconde Guerre mondiale ou la chute du mur de Berlin.

«Il n'y a pas si longtemps, on les tolérait mieux qu'aujourd'hui, dit Filhol. Dans certains villages, on était même heureux de les voir arriver. Mais aujourd'hui, cette culture nomade se heurte à de plus en plus d'obstacles.»

Dans les années 1950, de nombreux Roms se sont ainsi installés à Montreuil, aux portes de Paris, où ils occupaient des terrains vagues. Mais avec l'urbanisation, les terrains se font de plus en plus rares. De plus, les petits métiers que pratiquaient les Tsiganes, comme la récupération, les activités foraines, le commerce des chevaux, la vannerie ou le rétamage, ont tendance à disparaître, rendant leur mode de vie de plus en plus précaire. Aujourd'hui, la culture tsigane se bute à une société de moins en moins accueillante, explique Filhol. Un peu comme les populations amérindiennes d'Amérique qui veulent conserver leur mode de vie traditionnel.

Des aires inexistantes


Dans son discours de Grenoble, Nicolas Sarkozy avait affirmé que «les Roms qui viendraient pour s'installer en France sur des campements légaux seraient les bienvenus». Mais ces campements manquent cruellement, même pour les Tsiganes français. C'est pourquoi, en 2000, l'Assemblée nationale française avait adopté une loi forçant les municipalités de plus de 5000 habitants à aménager des aires d'accueil pour ceux que l'on a rebaptisés «gens du voyage». Une décennie plus tard, moins de 40 % des municipalités appliquent la loi. Ces résistances ont des raisons techniques et financières, mais souvent aussi politiques. Plus ces aires sont éloignées de la ville, plus leur raccordement au réseau d'aqueduc coûte cher. Le 1er janvier dernier, le gouvernement a d'ailleurs suspendu ses subventions à la création de nouvelles aires.

Interviewé par Le Monde, l'auteur de cette loi, Louis Besson, comparait l'aménagement de ces terrains à la création d'HLM. «On permet aux vacanciers de camper un peu partout, explique Emmanuel Filhol. Mais pour ceux dont c'est le mode de vie depuis des siècles, il n'y a pas de place.» En construisant ces aires d'accueil, les communes ont aussi l'obligation d'accueillir à l'école les enfants tsiganes. Ceux-ci ont souvent un grand retard scolaire, quand ils ne sont pas analphabètes. Dans certains endroits, on a dépêché des enseignants dans les campements. On a aussi créé des camions-écoles ambulants. Pourtant la fréquentation scolaire reste épisodique et à peine 8,5 % des enfants tsiganes sont inscrits à l'enseignement à distance.

Assez de misérabilisme

Sans le dire ouvertement, les politiques de l'État visent encore à sédentariser les Tsiganes, estime Emmanuel Filhol. Exactement comme on l'a fait en Amérique avec les Amérindiens. Longtemps obligés de détenir l'infâme carnet anthropométrique qui facilita leur internement et leur déportation pendant la guerre, les Tsiganes demeurent les seuls Français qui traînent encore une marque distinctive sur leur carte d'identité. Ils sont toujours obligés de faire tamponner à tous les trois mois un «carnet de circulation». De plus, ils peuvent difficilement voter, à moins de faire la preuve qu'ils résident dans la même commune depuis trois ans. Ce qui, pour un nomade, n'a évidemment pas beaucoup de sens.

«Tant qu'on ne reconnaît pas aux nomades le droit de vivre en mouvement, tant qu'on ne leur offre pas la possibilité de se déplacer dans des conditions décentes, on entretient des hantises racistes et xénophobes», écrivait André Glucksmann dans le quotidien Le Monde. Le philosophe, qui avait pourtant soutenu Nicolas Sarkozy lors de l'élection de 2007, accusait soudain celui-ci de «taper sur le maillon le plus faible» pour des raisons électoralistes.

Selon Emmanuel Filhol, les Tsiganes ont surtout besoin qu'on arrête de les stigmatiser. «Il faut cesser ce misérabilisme. Les Tsiganes ont été une composante de l'histoire de la France et de l'Europe. Ils ont participé aux guerres et à la résistance. Il est temps qu'on le reconnaisse.»

Alors que la France s'est mise au ban de l'Europe en ciblant sa minorité la plus démunie, l'Union européenne et le Conseil de l'Europe, envisagent une action plus conséquente afin de faciliter l'intégration des Tsiganes. Ce serait la moindre des choses pour ceux qui sont peut-être les seuls vrais Européens.

***

Correspondant du Devoir à Paris
La France dit avoir expulsé depuis deux mois 1200 Roms et démantelé près d’une centaine de camps illégaux.<br />
Plusieurs croient que Nicolas Sarkozy se sert des Roms pour améliorer sa cote de popularité.<br />
 
 
 
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  • Marc Lemieux - Inscrit
    18 septembre 2010 07 h 12
    Les Roms, modèle de non-intégration?
    Les Roms circulent certes en France depuis 1427, mais ils ne sont pas européens, ils sont en réalité originaires d'Inde, d'où leur teint souvent mate.

    Néanmoins, leur présence est intéressante au sens de la réflexion que l'on peut faire en termes d'anticipation de possibilité d'intégration des minorités. N'avons nous pas là un exemple de ce que les minorités adviennent?

    Car depuis ces siècles, ils ne se sont pas intégrés aux Nations européennes, et par extension l'immigration actuellement présente en Europe, et en Amérique du Nord, risque de répondre au même schéma et de ne pas s'intégrer pour former des groupes distincts, comme les amérindiens ou les afro-américains. Il y a certes des exceptions, mais en la matière c'est la masse qui compte et qui fait le quotidien, pas les exceptions qui présentent les nouvelles.

    Dès lors on peut poser une question, les minorités peuvent elles s'intégrer? Cela est il réellement possible?

    Qu'est ce qui prouve que cela fonctionnera à coup sur? Au delà des discours et des débats depuis longtemps déjà maintenant, qui n'ont malheureusement rien réglé. N'y a t'il pas des choses contre lesquelles on ne peut rien? Mais vivons nous une époque d'anticipateurs politique.
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  • Marc Lemieux - Inscrit
    18 septembre 2010 07 h 20
    Langue des Roms
    Quel bel article, sachez pour l'anecdote que les Roms ne parlent pas français, aussi j'ai vécu à Paris et je peux vous assurer que tant que vous n'en avez pas côtoyé vous n'avez pas idée de qui ils sont. D'ailleurs, les fameux pick pockets du métro parisien dont les incessants messages disent qu'il faut se méfier, c'est eux! Enfants inclus, je peux vous assurer que c'est du vécu.
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  • Gauthier - Abonné
    18 septembre 2010 09 h 22
    Qu'entend-on par "seuls vrais européens"?
    Les Roms ne viennent-ils pas de la Petite Egypte (Grèce), après avoir dû fuire la montée de l'Islam en Asie du Sud il y a environ mille ans?
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    18 septembre 2010 09 h 56
    Nomades vs sédentaires
    Les sédentaires se croient tout permis, mais ils n'ont rien compris. On ne fait que passer dans la vie, tout est transition. Les nomades osent ce que les sédentaires n'osent pas. On ne s'attend pas à ce que les sédentaires deviennent nomades, mais on aimerait qu'ils ne cachent pas leur couardise en stigmatisant les personnes qui osent vivre sans attaches, au jour le jour, naturellement.

    Serge Grenier
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  • Marc Lemieux - Inscrit
    18 septembre 2010 10 h 34
    Origines
    En réalité ils viennent du Nord de l'Inde actuelle, comme en témoignent la linguistique et la génétique comparées, néanmoins il pouvait déjà y en avoir dans la Petite Égypte il à 1000 ans car il y a avait effectivement eu des invasions musulmanes dans la Province du Penjab actuel
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  • Marc Lemieux - Inscrit
    18 septembre 2010 10 h 40
    RE : Nomades vs sédentaires
    Cher Sanzalure, il ne s'agit pas poètes nomades vivant de l'air du temps sachez le bien, mais bien de gens qui sont sur-représentés dans toutes sortes de délits, au point que la police en fait une catégorie à part pour les recherches. Le fait qu'il soit nomades leur permet justement d'être partis avant que les problèmes n'arrivent
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    18 septembre 2010 10 h 57
    Roms et Inuit
    En 1992 je voyageais avec une Inuk pour une conférence à Strasbourg et nous avons eu le plaisir d'y rencontrer des Roms et ce fut des moments inoubliables. Des liens se sont tissée immédiatement avec l'Inuk et j'agissais un peu comme traducteur car les Roms parlaient français alors que l'Inuk parlait anglais et c'était fascinant de voir comment ils se comprenaient intérieurement. La musique a cependant joué le rôle de langue commune entre nous tous.

    La comparaison dans l'article avec la situation des autochtones au Canada est très juste quant aux difficultés que ces peuples rencontrent dans le monde d'aujourd'hui et les tendances des sociétés dominantes d'imposer la sédentarisation et une culture « universelle » ou occidentale, qui souvent étouffe les cultures autochtones.

    Par contre, l'histoire des Roms est bien différente car ils ont été, à l'origine, victimes de déplacements massifs de leur pays d'origine, l'Inde, par les envahisseurs musulmans, amenés au Moyen-Orient comme esclaves alors que les autochtones sont toujours dans leur pays, n'ayant été que sédentarisés par les politiques coloniales des gouvernements. Ils partagent cependant la violation de leurs droits fondamentaux de la part de sociétés dominantes.
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  • Carl - Inscrit
    18 septembre 2010 13 h 06
    vision déformée
    La lecture de cet article donne un léger goût de lecture fleur bleue.

    Lors d'un récent voyage à Paris, ce que j'ai retenu des Roms, c'est qu'ils se tiennent près des lieux touristiques (Femmes et enfants) et ils quêtent et ils tentent de voler les victimes plus fragiles.
    Un Parisien m'a d'ailleurs dit que ces petits voleurs devaient récolter un tel montant d'argent, sinon leur pseudo père les battait.
    Je crois que cette vision des Roms est beaucoup plus près de la réalité...
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  • lezan - Inscrit
    18 septembre 2010 13 h 07
    Voleurs de poules
    Habitant le sud de la France, ex parisien, je vis au pays des tsiganes avec Les Saintes Marie de La Mer. Un peu partout en Europe existe ce problème de la cohabitation des peuples nomades et sédentaires. Comme partout les itinérants sont perçus comme des "voleurs de poules". Il est vrai que les mendiants professionnels, femmes avec enfants en bas âge sur les genoux très souvent, psalmodiant dans une langue étrangère une supplique pour obtenir une aumône ne met pas le passant à l'aise.
    C'est oublier que dans nos religions (Chrétiens et Musulmans) le don aux pauvres est une obligation. Rien donc qui puisse nous choquer sur ce plan.
    Par contre s'appuyer sur cette réputation pour désigner un groupe ethnique à la vindicte populaire me semble être extrêmement dangereux et porteur de beaucoup de menaces sur l'unité d'un pays porteur historiquement des valeurs relatives aux droits de l'homme.
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  • Mériem Said - Inscrite
    18 septembre 2010 21 h 00
    Quelques précisions (I)
    Merci pour cet article, il était temps!

    Quelques précisions s’imposent toutefois.
    Il aurait été intéressant (je crois) de donner au lecteur quelques définitions : roms, tziganes, gens du voyage, bohémiens,… etc. On associe souvent (à tort) le terme « rom » à la Roumanie (ce que vous faites également). À ce sujet, on pourra consulter un article du Figaro (journal que personne ne pourrait soupçonner de vouloir déstabiliser Sarkozy!) : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/07/21

    « Aujourd'hui, Romanès [le cirque qui a représenté la France à l’expo de Shangaï…] a pourtant toutes les misères du monde à faire venir des musiciens de Roumanie. » En fait, c’est encore pire que ça : ils ont toutes les peines du monde à continuer de travailler avec les artistes qui les accompagnent depuis des années! Voir une pétition ici : http://www.petitions24.net/cirqueromanes.

    Quand vous écrivez « Cette offensive, qui a soulevé un tollé en Europe et suscité des comparaisons outrancières avec les déportations de la Seconde Guerre mondiale, a été déclenchée par le discours de Nicolas Sarkozy prononcé à Grenoble le 30 juillet dernier. » Si c’est au discours de Viviane Reding que vous faites allusion, il n’y est pas directement question de déportations. Ce qu’elle a dit : « J'ai été personnellement choquée par des circonstances qui donnent l'impression que des personnes sont renvoyées d'un Etat membre uniquement parce qu'elles appartiennent à une certaine minorité ethnique. Je pensais que l'Europe ne serait plus le témoin de ce genre de situation après la seconde guerre mondiale. » (voir http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/reding/in Cette déclaration est-elle vraiment outrancière? L’État français n’a-t-il pas expressément préconisé l’expulsion d’une « certaine minorité ethnique » (en l’occurrence les Roms)?
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  • Mériem Said - Inscrite
    18 septembre 2010 21 h 01
    Quelques précisions (II)
    Vous précisez que les Roms (au sens où on l’entend généralement en France, i.e. les Roms étrangers) « ne sont que 15 000 en France ». Il aurait été intéressant de rappeler que la France compte plus de 65 millions d’habitants. Faites le calcul, vous constaterez l’importance du « problème Rom ».

    « Depuis que la Roumanie est membre de l'Union européenne, les Roms jouissent de la liberté de circulation en Europe. » Vous assimilez là encore les Roms aux seuls Roms de Roumanie : depuis cette adhésion, tous les Roumains, roms ou non, jouissent de cette liberté, comme en jouissent tous les citoyens des pays membres de l’Union européenne. Les Roms de Roumanie sont sans doute les plus nombreux en comparaison des Roms des autres pays, mais ils ne constituent pas l’ensemble des Roms européens, loin s’en faut (voir par exemple cette carte : http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/romseurope Il existe notamment une importante communauté rom en République tchèque, et certains analystes considèrent que l’imposition par le Canada de visas d’entrée pour les citoyens de ce pays visait principalement les Roms (voir par exemple sur Radio-Canada : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International

    Vous poursuivez en écrivant : « Jusqu'en 2014, hors de la Roumanie et de la Bulgarie, leur droit de séjour est limité à trois mois. On peut cependant les expulser s'ils ne respectent pas les lois du pays. Or, sans moyens ni ressources, ils s'installent souvent sur des terrains qu'ils squattent illégalement. » Mais que recouvre ici le respect des lois du pays?
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  • Mériem Said - Inscrite
    18 septembre 2010 21 h 02
    Quelques précisions (III)
    Contrairement aux autres citoyens de l’union européenne, les Roumains et les Bulgares (roms ou pas) doivent posséder une autorisation de travail (qui est un peu l’équivalent du permis de travail au Canada) pour pouvoir exercer une profession, et incidemment subvenir à leurs moyens, autorisation qu’ils ne peuvent obtenir que si un employeur potentiel en fait la demande. Résultat des courses : ils n’obtiennent presque jamais cette autorisation (et ils ne sont pas les seuls étrangers dans cette situation), ils sont donc dans l’illégalité car, au terme de l’article L121-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ils ne peuvent séjourner plus de trois mois en France qu’à la condition de « dispose[r] pour lui et pour les membres de sa famille […] de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ». La boucle est bouclée : pas d’autorisation de travail, donc pas de ressources, donc illégal.

    En passant, il est intéressant de noter que certains étrangers, pourtant non ressortissants de l’union européenne, ont plus de droits que les Roumains et Bulgares : « Les ressortissants de Monaco, d'Andorre et de San Marin ont, par ailleurs, accès librement au marché du travail français, sans obligation de demander une autorisation de travail. » (http://vosdroits.service-public.fr/F2728.xhtml).

    Concernant « leur internement et leur déportation pendant la guerre », il ne faudrait pas oublier que, si la guerre s’est terminée en 1945, les « gens du voyages » internés dans des camps en France ne furent libérés (pour ceux qui n’avaient pas été déportés) qu’en 1946.

    Quant au droit de vote, il est plus contraignant pour les « gens du voyage », sédentarisés pour beaucoup, que pour les autres citoyens français. Une discrimination de plus.
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  • Marc Lemieux - Inscrit
    19 septembre 2010 10 h 45
    RE: Quelques précisions (III)
    Chère Mériem Said,

    Les Roms ont toujours vécu en marge de la société, si vous aviez des grands parents en France vous le sauriez, d'ailleurs ils contreviennent aussi à l'obligation de scolarisation des enfants, et ce n'est qu'un exemple des problèmes que cela pose. Désolé on ne peut pas faire des écoles ambulantes pour eux.

    Il ne payent pas d'impôt, ne participent pas à la vie en société, on ne peut pas se plaindre d'un État si on en adopte pas un minimum les règles. Aussi, pour voter il faut être inscrit sur les listes électorales d'une ville, et il faut une adresse. Une roulote ça n'a pas d'adresse et effectivement ils ne peuvent pas voter, mais ils peuvent prendre une boite postale, ils peuvent voter, le font ils?

    Ce qu'il y a d'intéressant de votre discours, sur le fond, c'est la critique que vous portez à la France, et qu'effectivement les musulmans l'haïssent souvent ouvertement, ne dites pas que c'est faux, sauf lorsque ça les arrange d'en faire partiehttp://www.ledevoir.com/international/actualites-i
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  • Mériem Said - Inscrite
    19 septembre 2010 17 h 25
    Des amalgames, encore et encore (I)
    @ Marc Lemieux

    J’avais volontairement renoncé à répondre à vos précédents commentaires, ayant parfaitement compris le fond, nauséabond quoique très répandu, de vos propos. Mais puisque vous m’attaquez de front (le dernier paragraphe de votre dernier commentaire en est une preuve, s’il en fallait), je vais m’y résoudre.

    Votre premier commentaire commençait en fanfare : «Les Roms circulent certes en France depuis 1427, mais ils ne sont pas européens, ils sont en réalité originaires d'Inde, d'où leur teint souvent mate.» Sur le site http://www.hist-europe.fr/index.html, consacré à l’histoire des civilisations européennes, on peut lire : «le continent [l’Europe] a été pour l’essentiel peuplé par plusieurs vagues d’immigration indo-européennes au IIe millénaire avant Jésus-Christ. Les tribus indo-européennes (…) se sont répandues en Europe, en Iran et dans le sous-continent indien à partir des vastes plaines de l’actuelle Russie.»

    Vous poursuivez en écrivant : «l'immigration actuellement présente en Europe, et en Amérique du Nord, risque de répondre au même schéma et de ne pas s'intégrer pour former des groupes distincts, comme les amérindiens ou les afro-américains.» C’est très intéressant d’assimiler les amérindiens à des immigrés!

    Continuons avec votre prose : « D'ailleurs, les fameux pick pockets du métro parisien dont les incessants messages disent qu'il faut se méfier, c'est eux! ». C’est connu et documenté : Tony Gatlif et Django Reinhardt sont des pick pockets.

    Une autre perle : «Le fait qu'il soit (sic) nomades leur permet justement d'être partis avant que les problèmes n'arrivent». Les nomades sont donc nomades pour échapper à la police, c’est évident, où avais-je la tête?!
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  • Mériem Said - Inscrite
    19 septembre 2010 17 h 27
    Des amalgames, encore et encore (II)
    Venons-en maintenant à votre dernier commentaire, qui m’est adressé.

    Ça commence fort : « Les Roms ont toujours vécu en marge de la société, si vous aviez des grands parents en France vous le sauriez ». Je n’ai pas de grands-parents en France ni ailleurs : ils sont tous décédés. Mais ils sont décédés en France, où ils étaient nés, comme moi d’ailleurs.

    En parlant des Roms, vous écrivez ensuite : « ils peuvent prendre une boite postale, ils peuvent voter, le font ils? » Vous ignorez visiblement tout du droit français en la matière. Posséder une boîte postale ne suffit évidemment pas à obtenir le droit de vote (et heureusement d’ailleurs).

    Le dernier paragraphe est une preuve (une de plus) de votre ignorance, je cite : «Ce qu'il y a d'intéressant de votre discours, sur le fond, c'est la critique que vous portez à la France, et qu'effectivement les musulmans l'haïssent souvent ouvertement, ne dites pas que c'est faux, sauf lorsque ça les arrange d'en faire partie.» Est-il besoin de mentionner que je ne critiquais pas la France mais les actions de l’État français (actuel mais pas seulement)? Est-il besoin de rappeler que de nombreux musulmans SONT français (ne vous en déplaise), pas parce que ça les arrange mais parce que c’est un fait?

    Vous me soupçonnez non seulement d’haïr la France, mais en plus de le faire parce que je serais musulmane. Et si j’étais auvergnate? Celà dit, on peut être auvergnat et musulman!

    PS. Sarkozy a annoncé un remaniement ministériel pour cet automne; vous devriez postuler, vous avez toutes vos chances…
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  • Pepperrick - Inscrit
    26 septembre 2010 21 h 29
    La vraie verite
    Pourquoi que la France se debarasse de ses tsiganes,pour la simple raison qu'ils sont des parasites et qu'ils ne contribuent pas a l'economie.Pendant des annees ils recevaient des subventions que le francais ouvrier n'avait pas.Demandez a un francais ce qu'on pense des stiganes.Vous serez curieux des reponses.
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