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Lapidation à l'iranienne - L'exécution de Sakineh Ashtiani est suspendue en Iran

Téhéran — Les autorités iraniennes ont suspendu la sentence de mort par lapidation rendue contre Sakineh Mohammadi Ashtiani, une femme reconnue coupable d'adultère, a déclaré hier le ministère iranien des Affaires étrangères.

Le sort de Sakineh Ashtiani, condamnée pour double adultère et complicité de meurtre de son mari, a suscité une vive émotion en Occident où plusieurs dirigeants politiques et célébrités ont intercédé en sa faveur.

«Le verdict concernant ces affaires [de relations] extramaritales a été suspendu et il est en cours de réexamen», a déclaré le porte-parole du ministEre, Ramin Mehmanparast, à la chaîne publique de télévision en langue anglaise Press TV.

Dans cette interview par téléphone, il a ajouté que les accusations «étaient en cours d'examen afin que le verdict définitif soit rendu».

À aucun moment de l'interview, en farsi et traduite en anglais, le porte-parole n'a parlé de «lapidation», faisant toujours simplement référence à la «peine capitale».

Des médias iraniens ont laissé entendre que l'exécution ne se ferait pas par lapidation mais par pendaison.

Ashtiani, 43 ans, mère de deux enfants, a reçu 99 coups de fouet pour relation illégale avec deux hommes.

Mardi, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a affirmé que sa condamnation à mort était «indiciblement barbare».

L'image de l'Iran

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a accusé pour sa part hier les États-Unis de jeter de l'huile sur le feu afin de ternir l'image de l'Iran. «Il semble bien qu'ils jouent une carte politique», a-t-il dit.

Pour Téhéran, cette affaire relève uniquement de la justice et non des droits de l'homme. Mardi, Ramin Mehmanparast avait déjà exhorté les puissances occidentales, qui ont multiplié les interventions, à cesser d'interférer dans les affaires iraniennes.

«Si la libération de tous ceux qui ont commis un meurtre doit être perçue comme une affaire de droits de l'homme, alors tous les pays européens doivent libérer tous les assassins sur leur territoire», avait lancé le porte-parole.

Selon Amnesty International, l'Iran est le pays qui a le plus recours à la peine de mort au monde après la Chine, avec au moins 346 exécutions en 2008.

Le meurtre, l'adultère, le viol, le vol à main armée, le trafic de drogue et l'apostasie constituent des crimes relevant de la peine capitale en Iran, un pays qui applique la charia (loi islamique) depuis la révolution de 1979.
 
 
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