Il faut unir nos efforts pour le Pakistan
Parmi les nombreuses images des inondations au Pakistan à nous être parvenues, certaines sont gravées dans notre esprit. C'est le cas, entre autres, de ce chapelet de femmes et d'enfants, certains vêtus d'étoffes colorées, portant de précieux sacs de grains et des paquets et se prêtant main-forte pour franchir les zones inondées.
Il y a aussi les images de ce groupe d'hommes à la chevelure de jais, le visage crispé par l'effort, en train d'aider un fermier à sortir des flots d'un cours d'eau déchaîné un seul et unique buffle.
Et puis il y a le regard des gens qui, les bras en l'air, tentent désespérément d'obtenir de l'aide alimentaire, et le visage couvert de larmes d'une petite fille avec sa toute jeune soeur dans les bras, qui vient de se faire ravir un petit sac de grains.
Si ces images nous donnent une leçon, c'est bien qu'il faut unir nos efforts pour survivre. Une crise peut créer des liens, elle peut susciter le meilleur aussi bien que le pire en nous. La nécessité de travailler ensemble n'est jamais aussi criante que dans la course effrénée d'une réponse à un désastre humanitaire.
Au Canada, semble-t-il, nous n'avons pas encore saisi complètement cette leçon.
Depuis des années, on reproche aux organisations d'aide leur manque de coordination. Les médias, après le choc initial de la dévastation et des souffrances, ont souvent tendance à braquer les projecteurs sur des exemples de désorganisation, montrant une région privée d'aide alimentaire alors qu'une autre a des surplus d'eau embouteillée.
Il peut être difficile, dans le chaos des premiers moments d'une crise, d'organiser les diverses équipes de secours — aide alimentaire, eau, abris, soins médicaux — sans ralentir l'intervention. Toutes les organisations n'y arrivent pas avec la même aisance. Nous devons néanmoins travailler ensemble.
Car nous avons un but commun: sauver des vies et atténuer les souffrances.
De nombreux pays du monde, dont la Grande-Bretagne, l'Italie et l'Allemagne, ont mis sur pied des organisations qui contribuent à stimuler la coopération en situation de crise.
Le Disasters Emergency Committee (DEC), au Royaume-Uni, rassemble 13 organisations d'aide au sein d'une alliance exceptionnelle avec les secteurs privé, public et médiatique. Tous les efforts des membres de cette alliance visent à informer le public au moyen de photos, d'articles et de vidéos, et convergent vers un appel à la compassion et au financement des secours d'urgence. Partout, tant dans les épiceries et les bureaux de poste que dans les bulletins de nouvelles, on invite la population à faire un don au DEC.
Le DEC a jusqu'à maintenant amassé 36 millions de livres pour les secours d'urgence au Pakistan. Il est difficile de faire une comparaison directe, mais on peut aisément avancer que les organisations d'aide canadiennes n'ont même pas recueilli le cinquième de ce montant auprès du public canadien.
Il y a cinq ans, quatre organisations d'aide canadiennes ont joint leurs efforts pour créer leur propre version du DEC. Aide à l'enfance Canada, CARE Canada, Oxfam Canada et Oxfam-Québec ont formé la COALITION HUMANITAIRE, une organisation de collecte de fonds qui ouvre ses portes à toute organisation humanitaire chevronnée.
Quand nous lançons un appel, c'est qu'il y a réelle urgence, car nous joignons nos efforts à l'occasion des pires catastrophes. Quand nous décidons de travailler ensemble, nous savons que les Canadiens répondront. Nous réunissons nos ressources, équipes de gestion, de marketing et de médias. Nous achetons de la publicité ensemble, contribuons à un site Internet commun et utilisons une seule ligne téléphonique et un seul mécanisme de dons en ligne. Notre but est de réduire les frais administratifs à leur strict minimum de façon que la quasi-totalité de chaque don serve sur le terrain, là où les besoins sont criants.
Nous sommes prêts à accueillir d'autres organisations d'aide dans nos rangs, mais d'autres secteurs doivent joindre leurs efforts. Comme en témoigne la présente catastrophe, nous avons besoin de la collaboration des médias, qui peuvent rendre compte de la gravité de la situation, et des entreprises, qui peuvent faciliter le processus de dons.
Dès que les Canadiens ont commencé à voir des images de villes et villages engloutis par les eaux, de femmes menant leur bétail vers des terres en hauteur et de camions remplis de personnes évacuées s'acheminant dans des conditions précaires vers des zones sûres, les dons ont afflué. La corrélation entre le montant des dons et la couverture médiatique est indéniable.
La Coalition humanitaire a conclu un partenariat avec eBay et PayPal dans le but d'amasser des fonds pour venir en aide aux survivants des inondations au Pakistan. Astral a offert des espaces pour nos bannières publicitaires et CTVglobemedia a mis du temps d'antenne à la radio et à la télévision à notre disposition.
Ces contributions ont permis de recueillir 1,1 million de dollars pour les survivants des inondations. Ces dernières années, des organisations d'aide comme les nôtres ont déployé des efforts soutenus pour mieux travailler ensemble. Nous devons poursuivre ces efforts. Car, ensemble, nous sauvons plus de vies.
***
Ont signé ce texte les membres de la Coalition humanitaire: Kevin McCort (président et chef de la direction de CARE Canada), Robert Fox (directeur général d'Oxfam Canada), Pierre Véronneau (directeur général d'Oxfam-Québec) et David Morley (président-directeur général d'Aide à l'enfance Canada).
Il y a aussi les images de ce groupe d'hommes à la chevelure de jais, le visage crispé par l'effort, en train d'aider un fermier à sortir des flots d'un cours d'eau déchaîné un seul et unique buffle.
Et puis il y a le regard des gens qui, les bras en l'air, tentent désespérément d'obtenir de l'aide alimentaire, et le visage couvert de larmes d'une petite fille avec sa toute jeune soeur dans les bras, qui vient de se faire ravir un petit sac de grains.
Si ces images nous donnent une leçon, c'est bien qu'il faut unir nos efforts pour survivre. Une crise peut créer des liens, elle peut susciter le meilleur aussi bien que le pire en nous. La nécessité de travailler ensemble n'est jamais aussi criante que dans la course effrénée d'une réponse à un désastre humanitaire.
Au Canada, semble-t-il, nous n'avons pas encore saisi complètement cette leçon.
Depuis des années, on reproche aux organisations d'aide leur manque de coordination. Les médias, après le choc initial de la dévastation et des souffrances, ont souvent tendance à braquer les projecteurs sur des exemples de désorganisation, montrant une région privée d'aide alimentaire alors qu'une autre a des surplus d'eau embouteillée.
Il peut être difficile, dans le chaos des premiers moments d'une crise, d'organiser les diverses équipes de secours — aide alimentaire, eau, abris, soins médicaux — sans ralentir l'intervention. Toutes les organisations n'y arrivent pas avec la même aisance. Nous devons néanmoins travailler ensemble.
Car nous avons un but commun: sauver des vies et atténuer les souffrances.
De nombreux pays du monde, dont la Grande-Bretagne, l'Italie et l'Allemagne, ont mis sur pied des organisations qui contribuent à stimuler la coopération en situation de crise.
Le Disasters Emergency Committee (DEC), au Royaume-Uni, rassemble 13 organisations d'aide au sein d'une alliance exceptionnelle avec les secteurs privé, public et médiatique. Tous les efforts des membres de cette alliance visent à informer le public au moyen de photos, d'articles et de vidéos, et convergent vers un appel à la compassion et au financement des secours d'urgence. Partout, tant dans les épiceries et les bureaux de poste que dans les bulletins de nouvelles, on invite la population à faire un don au DEC.
Le DEC a jusqu'à maintenant amassé 36 millions de livres pour les secours d'urgence au Pakistan. Il est difficile de faire une comparaison directe, mais on peut aisément avancer que les organisations d'aide canadiennes n'ont même pas recueilli le cinquième de ce montant auprès du public canadien.
Il y a cinq ans, quatre organisations d'aide canadiennes ont joint leurs efforts pour créer leur propre version du DEC. Aide à l'enfance Canada, CARE Canada, Oxfam Canada et Oxfam-Québec ont formé la COALITION HUMANITAIRE, une organisation de collecte de fonds qui ouvre ses portes à toute organisation humanitaire chevronnée.
Quand nous lançons un appel, c'est qu'il y a réelle urgence, car nous joignons nos efforts à l'occasion des pires catastrophes. Quand nous décidons de travailler ensemble, nous savons que les Canadiens répondront. Nous réunissons nos ressources, équipes de gestion, de marketing et de médias. Nous achetons de la publicité ensemble, contribuons à un site Internet commun et utilisons une seule ligne téléphonique et un seul mécanisme de dons en ligne. Notre but est de réduire les frais administratifs à leur strict minimum de façon que la quasi-totalité de chaque don serve sur le terrain, là où les besoins sont criants.
Nous sommes prêts à accueillir d'autres organisations d'aide dans nos rangs, mais d'autres secteurs doivent joindre leurs efforts. Comme en témoigne la présente catastrophe, nous avons besoin de la collaboration des médias, qui peuvent rendre compte de la gravité de la situation, et des entreprises, qui peuvent faciliter le processus de dons.
Dès que les Canadiens ont commencé à voir des images de villes et villages engloutis par les eaux, de femmes menant leur bétail vers des terres en hauteur et de camions remplis de personnes évacuées s'acheminant dans des conditions précaires vers des zones sûres, les dons ont afflué. La corrélation entre le montant des dons et la couverture médiatique est indéniable.
La Coalition humanitaire a conclu un partenariat avec eBay et PayPal dans le but d'amasser des fonds pour venir en aide aux survivants des inondations au Pakistan. Astral a offert des espaces pour nos bannières publicitaires et CTVglobemedia a mis du temps d'antenne à la radio et à la télévision à notre disposition.
Ces contributions ont permis de recueillir 1,1 million de dollars pour les survivants des inondations. Ces dernières années, des organisations d'aide comme les nôtres ont déployé des efforts soutenus pour mieux travailler ensemble. Nous devons poursuivre ces efforts. Car, ensemble, nous sauvons plus de vies.
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Ont signé ce texte les membres de la Coalition humanitaire: Kevin McCort (président et chef de la direction de CARE Canada), Robert Fox (directeur général d'Oxfam Canada), Pierre Véronneau (directeur général d'Oxfam-Québec) et David Morley (président-directeur général d'Aide à l'enfance Canada).
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