Reprise des pourparlers israélo-palestiniens - Dans un an, deux États?
Après une heure trente de discussions, Nétanyahou et Abbas conviennent de se rencontrer de nouveau à la mi-septembre
Photo : Agence Reuters
Après une réunion avec Hillary Clinton, les deux leaders se sont rencontrés en tête à tête.
Une main sur l'épaule de Mahmoud Abbas, son «partenaire pour la paix». Un pouce levé en direction de Benjamin Nétanyahou. C'est ainsi que le premier ministre israélien et le président de l'Autorité palestinienne ont entamé, hier à Washington, les premiers pourparlers de paix directs depuis deux ans.
Les deux hommes se sont engagés à se rencontrer toutes les deux semaines durant l'année à venir afin de mettre en place un accord-cadre qui permettrait «de faire aboutir un traité global qui mettra fin au conflit».
Mercredi, M. Nétanyahou avait évoqué la recherche d'une «paix qui durera des générations». Citant la Genèse, le premier ministre d'Israël a évoqué Isaac et Ismaël, réunis pour l'enterrement de leur père, Abraham.
Hier matin, les déclarations de paix n'ont cependant pas suffi à faire oublier les enjeux cruciaux des pourparlers et les «concessions douloureuses des deux côtés». «Reconnaissez Israël comme l'État-nation du peuple juif», a demandé M. Netanyahou. «Cessez complètement la colonisation et l'embargo à Gaza», a répondu M. Abbas.
Après une réunion avec la secrétaire d'État Hillary Clinton, les deux leaders se sont rencontrés en tête à tête durant une heure trente. Selon Nabil Chaath, un haut responsable palestinien, les deux hommes ont évoqué la question des frontières et ont convenu de se retrouver les 14 et 15 septembre prochain à Charm el-Cheikh, en Égypte, puis toutes les deux semaines.
Selon George Mitchell, envoyé spécial de l'administration Obama au Proche-Orient, le but est maintenant de résoudre les principaux sujets de désaccord d'ici un an, afin de conclure un accord sur une solution à deux États, une Palestine souveraine et démilitarisée, à côté d'un État d'Israël sécuritaire.
En plus des questions prioritaires de la reconnaissance de l'État juif et du gel de la colonisation en Cisjordanie, les négociateurs devront se frotter aux délicats problèmes du statut de Jérusalem et du droit de retour des réfugiés palestiniens.
Plusieurs observateurs doutent cependant de la capacité et de la volonté politique de Benjamin Netanyahou à imposer de forts compromis au sein de son gouvernement.
Fin septembre, peu avant la troisième rencontre, le processus de paix sera confronté à sa première épreuve, alors que le moratoire israélien sur la construction de colonies arrivera à terme. «Pour nous, la question de la colonisation est primordiale. Il y va de la poursuite ou de l'arrêt des négociations», a prévenu M. Chaath à l'issue de la réunion bipartite.
Pour Vincent Romani, politologue et directeur de l'Observatoire sur le Moyen-Orient, il est illusoire de parler de négociations, alors même qu'un des deux partenaires dépend complètement de l'autre. Il note de plus la réapparition des «tuteurs» des Palestiniens, l'Égypte et la Jordanie, alliés des États-Unis et d'Israël. «Pour la Palestine, c'est une perte d'indépendance au sein du monde arabe, et un retour aux années 1950 où des parrains servaient d'intermédiaires dans les discussions.»
Au même moment à Gaza, treize groupes armés palestiniens ont annoncé la mise en place d'un mécanisme de coordination pour leurs opérations contre Israël.
***
Avec AFP, AP, The Guardian et Reuters
Les deux hommes se sont engagés à se rencontrer toutes les deux semaines durant l'année à venir afin de mettre en place un accord-cadre qui permettrait «de faire aboutir un traité global qui mettra fin au conflit».
Mercredi, M. Nétanyahou avait évoqué la recherche d'une «paix qui durera des générations». Citant la Genèse, le premier ministre d'Israël a évoqué Isaac et Ismaël, réunis pour l'enterrement de leur père, Abraham.
Hier matin, les déclarations de paix n'ont cependant pas suffi à faire oublier les enjeux cruciaux des pourparlers et les «concessions douloureuses des deux côtés». «Reconnaissez Israël comme l'État-nation du peuple juif», a demandé M. Netanyahou. «Cessez complètement la colonisation et l'embargo à Gaza», a répondu M. Abbas.
Après une réunion avec la secrétaire d'État Hillary Clinton, les deux leaders se sont rencontrés en tête à tête durant une heure trente. Selon Nabil Chaath, un haut responsable palestinien, les deux hommes ont évoqué la question des frontières et ont convenu de se retrouver les 14 et 15 septembre prochain à Charm el-Cheikh, en Égypte, puis toutes les deux semaines.
Selon George Mitchell, envoyé spécial de l'administration Obama au Proche-Orient, le but est maintenant de résoudre les principaux sujets de désaccord d'ici un an, afin de conclure un accord sur une solution à deux États, une Palestine souveraine et démilitarisée, à côté d'un État d'Israël sécuritaire.
En plus des questions prioritaires de la reconnaissance de l'État juif et du gel de la colonisation en Cisjordanie, les négociateurs devront se frotter aux délicats problèmes du statut de Jérusalem et du droit de retour des réfugiés palestiniens.
Plusieurs observateurs doutent cependant de la capacité et de la volonté politique de Benjamin Netanyahou à imposer de forts compromis au sein de son gouvernement.
Fin septembre, peu avant la troisième rencontre, le processus de paix sera confronté à sa première épreuve, alors que le moratoire israélien sur la construction de colonies arrivera à terme. «Pour nous, la question de la colonisation est primordiale. Il y va de la poursuite ou de l'arrêt des négociations», a prévenu M. Chaath à l'issue de la réunion bipartite.
Pour Vincent Romani, politologue et directeur de l'Observatoire sur le Moyen-Orient, il est illusoire de parler de négociations, alors même qu'un des deux partenaires dépend complètement de l'autre. Il note de plus la réapparition des «tuteurs» des Palestiniens, l'Égypte et la Jordanie, alliés des États-Unis et d'Israël. «Pour la Palestine, c'est une perte d'indépendance au sein du monde arabe, et un retour aux années 1950 où des parrains servaient d'intermédiaires dans les discussions.»
Au même moment à Gaza, treize groupes armés palestiniens ont annoncé la mise en place d'un mécanisme de coordination pour leurs opérations contre Israël.
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Avec AFP, AP, The Guardian et Reuters
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