Retrait des troupes américaines - Obama sans triomphalisme sur l'Irak
À terme, le président américain espère un apaisement
Photo : Agence France-Presse Ali Al-Saadi
Un soldat américain dans une école au nord de Bagdad, hier.
L'armée américaine doit confier cette semaine la totalité des opérations de sécurité à l'armée irakienne, au terme d'une mission de combat qui aura duré sept ans et demi. Avec des effectifs ramenés sous les 50 000 hommes, les troupes américaines continueront d'épauler les forces irakiennes, mais elles ne seront plus à la pointe des combats.
Washington— Contrairement à son prédécesseur qui avait proclamé en mai 2003 la «mission accomplie» en Irak, Barack Obama ne versera pas dans le triomphalisme demain lors de son discours marquant la fin des opérations de combat de l'armée américaine après sept ans et demi de guerre.
Le chef de la Maison-Blanche cherchera à éviter tout faux pas lors de cette intervention, d'autant que 50 000 militaires américains restent présents en Irak, officiellement pour former et conseiller l'armée nationale.
À deux mois des élections de mi-mandat qui s'annoncent incertaines, les Américains sont de toute façon plus préoccupés par la situation économique et l'emploi — le taux de chômage s'établit à 9,5 % — que par l'Irak.
«De toute évidence, la plupart des Américains sont inquiets avant tout de la situation économique», explique Julian Zelizer, professeur d'histoire à l'université de Princeton.
Pour Merle Black, professeur de science politique à l'université Emory d'Atlanta, il est également clair que l'issue du scrutin du 2 novembre au Congrès et pour les gouverneurs des États dépendra avant tout «des questions économiques, de l'emploi et des dépenses publiques».
«Pas très bien en Afghanistan»
Et pour ceux qui placent dans leurs priorités la politique étrangère, l'Afghanistan, avec l'envoi de renforts ces derniers mois et l'intensification des attaques des insurgés, a pris le pas sur l'Irak, où l'administration Obama peut se vanter d'avoir tenu ses promesses et peut-être espérer à terme un apaisement. L'annonce de la fin des opérations de combat en Irak, dit Stephanie Sanok, du Centre d'études internationales et stratégiques (CSIS) de Washington, «est utile politiquement, car les choses ne vont pas très bien en Afghanistan».
«L'objectif, en cette rentrée, est d'apporter une bonne nouvelle [...] tout en "oubliant" le fait que c'est l'administration Bush qui avait négocié avec les Irakiens ce processus de retrait.»
«Je pense que dans les deux prochains mois, les attaques vont se poursuivre en Irak [...] et que les terroristes et les insurgés voudront tester les capacités du gouvernement», ajoute-t-elle.
Lors de son intervention de demain, un prudent Barack Obama devrait souligner qu'il a tenu ses promesses de campagne sans pour autant crier victoire.
«L'idée d'un retrait, mais sans retrait total pour l'instant, peut laisser dubitatifs bien des Américains, de quelque bord qu'ils soient», note Julian Zelizer.
«Obama doit être très, très, très prudent», reconnaît Lawrence Korb, expert au Center for American Progress de Washington. «D'autant que s'il a retiré des troupes d'Irak, il en a envoyé en Afghanistan.»
Alors que les élections législatives remontent au 7 mars dernier, les partis politiques irakiens ne sont toujours pas parvenus à former un nouveau gouvernement de coalition, une incertitude qui a incité les insurgés à multiplier les attaques, notamment contre les forces de sécurité. Rien que mercredi dernier, ces attaques ont fait 62 morts et plus de 250 blessés à travers le pays.
Si la situation devient incontrôlable pour les autorités irakiennes et que celles-ci demandent l'assistance des États-Unis, estime Stephanie Sanok, «les militaires américains seront d'accord pour revenir et aider les Irakiens de quelque façon que ce soit».
«Cela dit, je pense que dans les milieux politiques américains on est moins disposé à dépenser encore beaucoup d'argent dans une telle entreprise si les Irakiens ne veulent pas y prendre toute leur part.»
Washington— Contrairement à son prédécesseur qui avait proclamé en mai 2003 la «mission accomplie» en Irak, Barack Obama ne versera pas dans le triomphalisme demain lors de son discours marquant la fin des opérations de combat de l'armée américaine après sept ans et demi de guerre.
Le chef de la Maison-Blanche cherchera à éviter tout faux pas lors de cette intervention, d'autant que 50 000 militaires américains restent présents en Irak, officiellement pour former et conseiller l'armée nationale.
À deux mois des élections de mi-mandat qui s'annoncent incertaines, les Américains sont de toute façon plus préoccupés par la situation économique et l'emploi — le taux de chômage s'établit à 9,5 % — que par l'Irak.
«De toute évidence, la plupart des Américains sont inquiets avant tout de la situation économique», explique Julian Zelizer, professeur d'histoire à l'université de Princeton.
Pour Merle Black, professeur de science politique à l'université Emory d'Atlanta, il est également clair que l'issue du scrutin du 2 novembre au Congrès et pour les gouverneurs des États dépendra avant tout «des questions économiques, de l'emploi et des dépenses publiques».
«Pas très bien en Afghanistan»
Et pour ceux qui placent dans leurs priorités la politique étrangère, l'Afghanistan, avec l'envoi de renforts ces derniers mois et l'intensification des attaques des insurgés, a pris le pas sur l'Irak, où l'administration Obama peut se vanter d'avoir tenu ses promesses et peut-être espérer à terme un apaisement. L'annonce de la fin des opérations de combat en Irak, dit Stephanie Sanok, du Centre d'études internationales et stratégiques (CSIS) de Washington, «est utile politiquement, car les choses ne vont pas très bien en Afghanistan».
«L'objectif, en cette rentrée, est d'apporter une bonne nouvelle [...] tout en "oubliant" le fait que c'est l'administration Bush qui avait négocié avec les Irakiens ce processus de retrait.»
«Je pense que dans les deux prochains mois, les attaques vont se poursuivre en Irak [...] et que les terroristes et les insurgés voudront tester les capacités du gouvernement», ajoute-t-elle.
Lors de son intervention de demain, un prudent Barack Obama devrait souligner qu'il a tenu ses promesses de campagne sans pour autant crier victoire.
«L'idée d'un retrait, mais sans retrait total pour l'instant, peut laisser dubitatifs bien des Américains, de quelque bord qu'ils soient», note Julian Zelizer.
«Obama doit être très, très, très prudent», reconnaît Lawrence Korb, expert au Center for American Progress de Washington. «D'autant que s'il a retiré des troupes d'Irak, il en a envoyé en Afghanistan.»
Alors que les élections législatives remontent au 7 mars dernier, les partis politiques irakiens ne sont toujours pas parvenus à former un nouveau gouvernement de coalition, une incertitude qui a incité les insurgés à multiplier les attaques, notamment contre les forces de sécurité. Rien que mercredi dernier, ces attaques ont fait 62 morts et plus de 250 blessés à travers le pays.
Si la situation devient incontrôlable pour les autorités irakiennes et que celles-ci demandent l'assistance des États-Unis, estime Stephanie Sanok, «les militaires américains seront d'accord pour revenir et aider les Irakiens de quelque façon que ce soit».
«Cela dit, je pense que dans les milieux politiques américains on est moins disposé à dépenser encore beaucoup d'argent dans une telle entreprise si les Irakiens ne veulent pas y prendre toute leur part.»
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