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Guerre en Irak - Les États-Unis se retirent

Washington laisse un pays incapable de se doter d'un gouvernement cinq mois après les dernières élections

Un policier monte la garde devant un poste de contrôle à Bagdad. Washington vient de proclamer la fin de l’opération Iraqi Freedom.<br />
Photo : Agence Reuters Mohammed Ameen
Un policier monte la garde devant un poste de contrôle à Bagdad. Washington vient de proclamer la fin de l’opération Iraqi Freedom.
En Irak, la guerre est finie... pour les Américains. Leur dernière brigade de combat a quitté ce pays dans la nuit de mercredi à hier, près de deux semaines avant l'échéance prévue. Après sept ans et demi d'occupation, les États-Unis laissent derrière eux une contrée pacifiée en partie seulement et incapable de se doter d'un gouvernement cinq mois après les dernières élections législatives.

À la fin du mois, il ne devrait y rester que 50 000 soldats américains, contre 150 000 au plus fort de l'occupation: pendant encore un an et demi, ils se chargeront «de former et d'assister» l'armée et la police irakiennes, alors que les attentats ont repris de plus belle.

Au cours des 12 prochains jours, quelque 6000 militaires classés comme combattants et qui se trouvent encore en Irak au sein de diverses unités soit quitteront à leur tour ce pays, soit changeront de rôle. Mais déjà, Washington a proclamé la fin de l'opération Iraqi Freedom.

Cette guerre, lancée en mars 2003 par l'ancien président George W. Bush, a permis de renverser le dictateur Saddam Hussein, que Washington accusait à tort de posséder des armes de destruction massive, mais elle est rapidement devenue très impopulaire. Elle aura coûté la vie à 4414 soldats américains et plus de 740 milliards de dollars aux contribuables américains.

Le site Internet Iraqbodycount.org estime de façon assez modérée que le nombre de victimes civiles depuis mars 2003 se situe entre 97 000 et 106 000.

«À mesure que les forces [...] irakiennes se chargeront de la sécurité de leur pays, nos troupes assumeront un rôle de conseil et d'assistance», a déclaré hier le président américain, Barack Obama, dans un communiqué.

«Conformément à un accord [conclu] avec le gouvernement irakien, toutes nos troupes auront quitté l'Irak à la fin de l'année prochaine, a-t-il ajouté. Entre-temps, nous continuerons à forger un partenariat fort avec le peuple irakien grâce à une présence civile et à un effort diplomatique accrus.»

«Nous mettons fin à la guerre, mais pas à notre travail en Irak, a dit un porte-parole du département d'État, Philip Crowley. Nous sommes engagés en Irak dans le long terme.» Ce même département d'État a indiqué que le nombre d'employés d'entreprises de sécurité travaillant pour lui allait doubler à cause du départ des militaires.

Le calendrier pour ce retrait avait été négocié entre les États-Unis et l'Irak à la fin du second mandat de George W. Bush, et Barack Obama l'a repris à son compte.

Le réseau de télévision NBC a montré hier en exclusivité des images d'un convoi de véhicules blindés Stryker franchissant de nuit la frontière entre l'Irak et le Koweït. L'opération avait été gardée secrète jusqu'au dernier moment.

Il y a une semaine, le chef d'état-major irakien, le général Babaker Zebari, avait estimé que ses forces ne seraient pas prêtes à prendre la relève de celles de l'oncle Sam avant... 2020!

La violence en Irak a diminué depuis les sommets atteints pendant les années 2006 et 2007, mais elle a redoublé d'intensité depuis le début de juillet. Le dernier attentat suicide, mardi, a fait une soixantaine de victimes à Bagdad, parmi les recrues de l'armée, justement.

«Barack Obama n'a pas dit si les États-Unis se déconnectent de l'Irak parce qu'ils ont perdu la bataille ou parce qu'ils l'ont remportée. Il n'y a pas, du côté américain, de bilan clair sur l'issue de cette guerre, qui continue à vrai dire», observe Sami Aoun, professeur de science politique à l'Université de Sherbrooke.

«Les Américains laissent l'Irak dans une situation un peu précaire, mais peut-on les blâmer de le quitter après les avoir blâmés de l'envahir? a poursuivi ce spécialiste du Moyen-Orient. Il y a quand même beaucoup de liberté de pensée, une presse libre et une démocratie libérale, même si les idéologies sont plutôt antilaïques.»

Le quotidien de l'armée américaine, Stars and Stripes, rappelait hier que le coût de la guerre en Irak, qui a déjà atteint les 747,6 milliards, s'élèvera au final à 3000 milliards en comptant la prise en charge des anciens combattants et certains coûts indirects, selon le calcul de l'économiste Joseph Stiglitz.

Le journal précise que 31 897 soldats américains ont été blessés, dont 1135 ont été amputés. À ce bilan s'ajoutent les 1487 contractuels du Pentagone qui ont perdu la vie dans les sables de la Mésopotamie.

Un porte-parole du gouvernement irakien sortant a affirmé hier que l'absence d'un nouveau Conseil des ministres, plus de cinq mois après les élections législatives, ne perturberait pas le retrait des 50 000 conseillers militaires américains qui doit s'achever fin 2011.

Les perspectives sur ce plan ne sont pas des plus brillantes. Non seulement les principales formations politiques irakiennes, soit celles du premier ministre sortant, Nouri al-Maliki, et d'un de ses prédécesseurs, Iyad Allaoui, n'ont-elles pas encore réussi à s'entendre sur le choix d'un chef de gouvernement, mais elles ont carrément rompu leurs négociations cette semaine.
 
 
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  • l poisson - Inscrit
    20 août 2010 05 h 05
    Sortie moins pénible qu'au Vietnam ?
    En 1990, le pitbull de papa George Bush et de la CIA, Saddam Hussein,
    se retourne contre son maître américain. La guerre du Golfe se solde par une simili-victoire du pitbull

    Ben Ladin et les talibans ont auparavant été formés et financés par les USA pour mettre des bâtons dans les roues de l'URSS en Afghanistan. Mais comme l'URSS avait quitté en catastrophe l'Afghanistan, la propagande du Pentagone réussi à faire croire au bon peuple américain après le 11 septembre 2001 que l'Irak était le seul et unique empire du mal et du diable. Ça égale presque le secret de la Cadbury comme mystification collective

    Selon George W et sa bande, en plus des armes de destruction massive, on retrouvera assurément Ben Ladin en Irak...En 2003, fiston George W. décide donc de venger son paternel en Irak.

    L"exécution de Saddam assure son silence. Et le complexe militaro-industriel américain fait ses choux gras pendant quelques années.

    Aujourd'hui Obama sauve les meubles, à defaut de sauver la face des Etats-Unis. La sortie par le Koweit révèle le maintien (temporaire ?) de cette frontière crée par les colonialistes pétroliers d'une autre époque.

    La sortie de l'Irak est moins traumatisante que celle du Vietnam. Mais quelle leçon retiendront nos voisins du Sud après la mort de ces 4414 soldats et ces 740 milliards versés aux marchands de guerre ?

    Et y aura-t-il bientôt une reprise dans l'industrie du cercueil militaire ?
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  • André Loiseau - Abonné
    20 août 2010 07 h 53
    Ramenons vite Saddam

    Il faudrait quasiment ramener le fantôme de Saddam Hussein pour contrôler les extrémismes religieux irakiens. Il était aussi un rempart face à l'Iran. Cette arrestation et cette pendaison furent une autre bavure de l'exécrable War Bush.
    L'Irak, sous l'ancienne gouverne, donnait l'exemple d'une rare efficacité en gouvernance dictatoriale. Les conseillers de papa Bush l'avait compris, après la guerre du Koweït.

    Aussi fallait-il allé chercher le meurtrier des tours en Afghanistan pour rendre justice au peuple américain au lieu de s'en prendre au pétrole du deuxième plus grand producteur au monde sous de faux prétextes. Les "Boys" se sont sacrifiés pour un lobby de riches qui n'aura jamais d'âme.
    Pourquoi ne pas avoir laissé l'Irak à ses moutons et à son berger?

    La guerre civile aux accents religieux n'attend que le départ américain pour imposer la loi du plus fort. Même si elles adorent fréquenter les dictatures amies, les States n'ont pas de vocation ouverte à ce genre de système. Surtout avec Obama qui vient quand même de faire un autre beau geste en tenant parole face aux fous républicains.
    À chacun ses "bébelles", dans son carré de sable.
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  • Duchêne Denys Mehdi - Inscrit
    20 août 2010 08 h 05
    Et çà continue...
    «Nous sommes engagés en Irak dans le long terme». Philip Crowley, Porte-parole du Dpt d'État. On l'avait deviné M. Crowley. Ce n'est pas du choux de Bruxelles qu'on retrouve dans le sous-sol irakien!!!!

    Une citation résume bien cette présence militaire combattante étatsunienne entre 2003 et 2010. « Sous Saddam, on savait où se trouvait le danger, il suffisait de ne pas y mettre les pieds. Avec les États-Unis dans notre pays, le danger il est partout». Une citoyenne irakienne sur la chaîne Al-Alam avril 2004.

    «Les E.U semblent dicter par la providence pour accabler le monde de misère au nom de la liberté». Jose Marti Poète cubain
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  • Democrite101 - Inscrit
    20 août 2010 10 h 04
    Sommes-nous les stupides Périclès du XXIe siècle ?
    Les nationalistes afghans doivent se dire que ce retrait ressemble un tantinet à celui des Russes en 1985... Ont-ils raison ?

    Hegel disait que les guerres sont l'examen des civilisations. Bref, qu'elles en naissent tout comme elles en meurent. Est-ce le commencement de la fin pour l'impérialisme libéral qui est le nôtre en cette partie du monde ? Pourtant, cet impérialisme libéral (les armes au service du régime démocratique, tel que Périclès l'appliqua en -431 et qui finit dans la défaite de la démocratie grecque antique) a été pour nous en revanche un grand succès en 1918, en 1945, en 1989 et ses suites sur 3 continents. Est-ce à dire que l'Irak et l'Afghanistan sonnent le commencement de la fin pour cette épopée libérale, démocratique et aux intentions généreuses ?

    Si c'est le cas, la faute en incombera à la crise du Proche-Orient elle-même. En effet, on oublie que le Ba'as, mouvement moderniste (et non tyrannique à l'origine) fut la suite inspirée des succès de modernisations de Kemal Ataturk en Turquie. Si nous avions appuyé ce mouvement qui prit le pouvoir en Égypte, en Syrie, en Irak et en Iran, la démocratie se serait implantée d'elle-même en ces pays, et par eux-mêmes. Or il se heurta au sionisme qui heurtait de plein fouet leur légitime droit national à l'intégrité territoriale du monde arabe, et à cette fin se durcit dans la tyrannie, isolé qu'il devint de tous les démocrates occidentaux. Alors l'Occident perdit un allié important dans la démocratisation du monde. Tout cela à cause de notre antisémitisme (dont la base est religieuse), de notre sionisme désastreux et pour les Juifs et pour les Arabes.

    Comment pouvons-nous réparer erreur si colossale en déraison, si longue en temps, si cruelle en violences et si nombreuse en morts ?

    J.L (Page Web de Jacques Légaré), par Google
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  • Olivier Robichaud - Abonné
    20 août 2010 11 h 31
    Quel gâchi...
    Après 7 ans, le pays n'est pas plus riche, est beaucoup moins stable et les libertés acquises ne tiennent qu'à un fil. Il ne reste plus rien à faire qu'admettre la défaite et compter les morts...
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  • Pierre Samuel - Abonné
    20 août 2010 11 h 37
    Industrie au beau fixe!
    Malgré ce bilan désastreux en Irak, qu'en est-il en Afghanistan? Pertes astronomiques de vies, d'argent, de ressources ininterrompues dans des conflits créés de toutes pièces pour ne laisser en bout de compte qu'incertitude et désarroi!

    L'industrie militaire n'a véritablement rien à craindre, s'abreuvant à perpétuité à sa propre source...
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    20 août 2010 12 h 05
    Qui sera le prochain ?
    lls s'en vont d'irak enfin, mais pour aller ailleurs, pour terminer la razzia en Afghanistan et semer la guerre civile au Pakistan. Qui sera le prochain ennemi à abattre au nom de la démocratie ? l'Iran ? La Corée du Nord ? Cuba ? Il ne fut pas se tromper : ce n'est pas la liberté qui motive leur action, c'est l'appât du gain, la vente d'armes, étendre la pax americana partout sur le globe. Que Dieu nous protège de la Terreur étatsunienne.
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  • Sylvain Racine - Abonné
    20 août 2010 14 h 55
    Faut-il s'en réjouir?
    Non. Ça ne prendra peut-être pas un mois et ces soldats entreront en Iran. C'est la guerre perpétuelle contre le terrorisme. La guerre c'est la paix et la démocratie c'est quelques heures au 4 ans. Les médias de masse ne servent qu'à nous divertir et nous donner l'impression que nous valons plus que des animaux, mais dans les faits, nous ne sommes, pour la plupart, que des bêtes.

    Acceptons cette fatalité.
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  • Vive le Québec libre - Inscrit
    21 août 2010 01 h 20
    Le secret de polichinelle !
    Le secret de polichinelle ! Toute l'humanité a enfin découvert le vrai visage de George W. Bush quand il a plongé l'Amérique dans un second Vietnam. Menteur, trompeur, il a fait des pieds et des mains pour renverser le dictateur Saddam Hussein, que Washington accusait à tort de posséder des armes de destruction massive.
    Il a voulu terminer la guerre que papa avait commencé, tout ça pour cette merde noire appelé Pétrole, sachant très bien l'intérêt des Bush pour cette or noir.
    Aujourd'hui, qui a gagné, qui a perdu, je ne saurais dire, mais surement pas les conjointes ou parents de tout ces "Marines" tombés au combat.
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  •  
  • Marc Tremblay - Inscrit
    24 août 2010 09 h 32
    Les É.U. et Israël
    Ce tandem est la pire menace pour la paix mondiale.
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  • d i a n e - Inscrite
    2 septembre 2010 12 h 24
    Paix mondialement...
    Les citoyens de la planète Terre ont pris conscience, à savoir:
    "Q U I" a intérrêt à ce qu'il y ait des guerres!...
    et, éventuellement, les "stopper" avant même qu'un conflit survienne!...

    Les gens sont fatigués de se lever le matin perpétuellement avec une "épée de Damoclès" au dessus de leur tête!
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