samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 15h37
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Libre opinion - Élections rwandaises : la manipulation médiatique

Edda Mukabagwiza - Haut-commissaire du Rwanda au Canada, Ottawa  18 août 2010  Actualités internationales
Les élections présidentielles du 9 août 2010 ont attiré à nouveau les projecteurs de l'actualité internationale vers le Rwanda. Cependant, cette attention médiatique est exposée aux éléments de manipulation susceptibles de fourvoyer un public peu informé de l'évolution de ce pays et de la situation qui y prévaut réellement.

Le quotidien Le Devoir a publié, le 3 août dernier, un article intitulé «Rwanda: les dangers du silence sur la répression des opposants», qui s'inscrit dans cette optique. L'auteur de ce texte, M. Hakizimana, président du Congrès rwandais du Canada, fait un amalgame qui mérite qu'on fasse la part des choses pour éclairer les lecteurs éloignés du contexte et du milieu concerné.

Nous tenons d'emblée à faire remarquer que le gouvernement en place au Rwanda est celui-là même qui a mis fin au génocide qui a fait plus d'un million de victimes en 1994. La force des circonstances a fait que sa première mission soit de pacifier le pays, et la sécurité de la population est sa priorité absolue.

Depuis son entrée en fonction, le taux de criminalité est allé de manière exponentielle en decrescendo. Aujourd'hui, d'aucuns reconnaissent que c'est le pays le plus sûr de cette région africaine. Par ailleurs, il n'y a aucun pays au monde où le taux de criminalité est nul.

Ceci étant dit, les crimes récents signalés par le texte paru dans Le Devoir préoccupent d'abord et avant tout le gouvernement du Rwanda. Des enquêtes policières ont été immédiatement déclenchées et se poursuivent, certains suspects ont été appréhendés et seront traduits devant la justice. Est-il besoin de souligner qu'il serait inapproprié de recourir à une justice expéditive pour endiguer cette vague de criminalité?

Nous récusons vigoureusement la connotation politique attribuée à tous les problèmes auxquels le Rwanda fait face, pour des fins inavouées. Force est de constater que l'auteur de l'article publié dans les colonnes du Devoir présente subtilement sans l'avouer le dernier chapitre d'un «négationnisme structurel» (pour reprendre les termes de l'historien français Jean-Pierre Chrétien). Les lecteurs du Devoir devraient en être avisés.

Les défis de reconstruction


Depuis 16 ans, le gouvernement de Kigali s'attelle à rebâtir un pays qui avait été entièrement détruit, et ce, dans un contexte où les blessures consécutives au génocide restent béantes. Nous tenons à saluer à ce chapitre le soutien du Canada et des autres pays dans la reconstruction du Rwanda. Avec les maigres ressources dont dispose ce pays, tous les observateurs reconnaissent que les réalisations accomplies relèvent d'un exploit exceptionnel. Évidemment, le chemin à faire reste long, dans plusieurs domaines.

L'auteur de cet article aurait dû au moins (honnêteté oblige) mentionner aux lecteurs du Devoir que le gouvernement qu'il accable d'accusations a organisé des élections pluralistes et démocratiques pour la deuxième fois de l'histoire du Rwanda. Chaque expérience électorale est un pas dans la bonne direction en vue de l'édification d'une démocratie rwandaise solide et durable. Une société stable et démocratique se construit progressivement et cela s'étend à tous les secteurs, y compris celui de la sécurité nationale. Ceci est valable pour tous les pays, et le Rwanda ne fait pas exception.

Quant au jugement du gouvernement en place à Kigali, l'auteur de cet article aura eu l'occasion, à l'instar des autres Rwandais se trouvant au Canada, de l'exprimer démocratiquement par le biais des urnes le 9 août. Dois-je lui rappeler que le gouvernement actuellement en fonction à Kigali est le premier dans l'histoire de ce pays à garantir ce droit de vote à tous les citoyens rwandais en âge de voter, où qu'ils soient?

 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Ciza Daniel - Inscrit
    18 août 2010 03 h 44
    Des doutes
    Mme Edda Mukabagwiza se trouve bien dans sa logique de le representante de son pays, mais lorsqu'elle evoque le role joué par son gouvernemal ACTUEL, 16 apres pour arreter le genocide, elle oublie de signaler que son chef se battait durant 4 ans contre le gouvernement d'alors, celui qui a organisa le genocide. Ceci dit, ma question restait posee: pourquoi son gouvernement a organisë des elections qu'elle appelle pruralistes, tout en laissant ses opposants soit en prison, soit en residence surveillee?Les resultats on les connait,93% pour le candidat president. Faut il vraiment avoir 93% pour prouver qu'on est apprecie(aime, comme le disait Mobutu) par sa population?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marie123 - Inscrit
    18 août 2010 08 h 35
    Quelle démagogie!!!!
    Quelle ironie que Mme Mukabagwiza accuse M. Hakizimana d'avoir mal informé ses lecteurs en passant sous silence le parcours exemplaire de M. Kagamé! Mme Mukabagwiza s'est bien gardé d'informer ces chers lecteurs du Devoir des prises de position d'organisations internationales telles que Human Rights Watch ou Amnesty International qui dénoncent haut et fort la situation actuelle au Rwanda et le climat de "chasse aux sorcières" qui y règne. Peut-être qu'aux yeux de Mme Mukabagwiza ces organisations n'ont aucune crédibilité? La liberté de presse est inexistante au Rwanda et le climat politique s'apparente plus à un régime dictatorial qu'à une réelle démocratie! C'est ce qui explique le bas taux de criminalité. Je suis vraiment OUTRÉE de lire cet article ce matin dans mon journal et je demande aux lecteurs du Devoir de ne pas être dupes!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre Rousseau - Inscrit
    18 août 2010 10 h 46
    Démocratie rwandaise?
    Le Rwanda a une curieuse conception de la démocratie quand les partis d'opposition sont soit interdits, soit que leurs leaders se retrouvent en prison... Oui, tout le monde peut voter mais pas pour n'importe qui... Et on a des résultats comme 93% d'appui pour le parti au pouvoir. C'est certes plus compatible avec ces élections truquées des dicatures qu'on trouve aujourd'hui...

    Mme Mukabagwiza pourrait peut-être expliquer au monde quelle est la conception kagaméenne de la démocratie?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • andre twahirwa - Inscrit
    18 août 2010 14 h 52
    Kagame et la renaissance de la nation rwandaise
    Tout le monde le sait mais rappelons-le tt de même: c'est le pouvoir colonial (allemand puis belge) qui a racialisé la société rwandaise. Dans un premier temps (1899-1959), le colon a tutsifié/tutsisé le pays. Et en 1959, il a soutenu par tous les moyens l'accession au pouvoir du Parmehutu(parti de l'émancipation des hutu). Son intérêt: le vieux"diviser pour régner"(Dividere ut imperat chez les Romains)
    La 1ère et la 2ème République ont hutufié/hutuisé le pays. La carte nationale (?)d'identité est le symbole majeur de cette racialisation et sa suppression après 1994 était nécessaire sans être suffisante pour sortir d'un délire racial de presque un siècle et rebâtir la nation rwandaise, qui sera évidemment ni tout à fait la même ni tout à fait une autre.
    Le pays" n'appartient ni aux tutsi ni aux hutu ni aux twa" répétait plusieurs fois Kagame dans ses meetings dans une campagne à laquelle participaient tous les partis regroupés dans le Forum des partis politiques duquel sont légitimement exclus tous les partis se réclamant de l'idéologie racialiste et raciste qui a mené le pays à l'apocalypse que l'on connaît. Et le FDU de Victoire Ingabire en fait partie: son affiliation aux FDLR et les déclarations de sa présidente suffisent à le démontrer.
    S'agissant enfin de la "politique de l'équilibre ethnique et régionale" prônée par le MRND du Président Juvénal Habyarimana et que semble vouloir remettre à l’ordre du jour Mr Hakizimana, on sait déjà ce qu'elle a donné. Et c'était inévitable car on ne partage pas le pouvoir et la gestion de "la chose publique"comme l'on partage un gâteau d'anniversaire, avec comme principe premier le respect de des appétits gloutons de chacun des amis et copains du microcosme politique. A-t-on jamais vu ou a-t-on jamais proposé ce type de démocratie ailleurs que sous nos tropiques?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • gilbert troutet - Inscrit
    18 août 2010 22 h 52
    Manipulation, dites-vous?

    Madame la Haut-commissaire, quand vous parlez de «manipulation médiatique», vous devez avoir une poutre dans l'oeil. C'est plutôt vous qui tentez de manipuler l'opinion. Vous faites la job pour laquelle vous êtes payée, on le comprend, mais ne nous demandez pas de vous croire sur parole. Car si M. Hakizimana retournait aujourd'hui au Rwanda, il serait envoyé en prison, comme beaucoup de ceux qui osent prendre la parole et défier le régime Kagamé. Quand on élimine les opposants, quand on musèle la presse et l'opposition, pas difficile d'obtenir des scores dans les 90% aux élections. Saddam Hussein aussi était plébiscité. En général, ce n'est pas le signe d'une démocratie au sens où nous l'entendons chez nous.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • andre twahirwa - Inscrit
    19 août 2010 13 h 54
    Quelques précisions
    Parlons des media, plus d'une quarantaine sont aujourd'hui autorisés par une autorité compétente comme il en existe dans d'autres pays et qui, comme cela se fait ailleurs, fait respecter un cahier des charges connu de tous. Les titres non autorisés savaient que, comme dans beaucoup de pays du monde et à plus forte raison au pays de la Radio- télévision des Mille collines, toute incitation à la haine "raciale"et au racialisme ainsi que toute publication portant atteinte à la sécurité publique seraient sanctionnées. Et les titres PROVISOIREMENT non autorisés ont passé outre à plusieurs reprises, malgré des rappels à la loi!
    S’agissant de la démocratie:
    "A prendre le terme dans la rigueur de son acception, il n'a jamais existé de véritable démocratie et il n'en existera jamais" écrivait l'auteur du Contrat social J-J ROUSSEAU...Cela est vrai au Rwanda comme ailleurs. Et chaque peuple doit bâtir et perfectionner sa démocratie dans un contexte donné et avec ses propres moyens. On connaît le contexte propre au Rwanda: le pays revient de loin et le chemin à parcourir est sans doute long, très long même. Mais les "amis"(pays, ONG, personnalités de tt bord)qui veulent aider le Rwanda doivent le faire avec modération et en toute modestie sans prétendre apporter sur un plateau la DEMOCRATIE dans un pays qu'ils ne connaissent que de loin et qu’ils ne peuvent donc connaître que mal; un pays qui surtout, sans être technologiquement aussi avancé que le leur, compte en son sein _ à l'intérieur du pays ou dans la diaspora, aucun rwandais ne s’étant jamais vu refusé le retour au pays des ancêtres sous- prétexte que le territoire serait exigu comme cela se faisait avant _ de grands talents, des hommes ou des femmes plus à même de savoir ce qui est bon pour leur patrie. Un proverbe rwandais dit : urusha nyina w'umwana imbabazi abashaka kumurya (traduction: celui qui se soucie d’un enfant plus que la maman de ce dernier a une envie: l
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Ciza Daniel - Inscrit
    20 août 2010 17 h 45
    Pas du tout d'accord
    Vous faites la diversion, vous qui oontinuent de chanter cette vieille chanson que le Rwanda vient de loin pour justifier cette repression politique . dans 4 ans, 10 ans, 20 ans vous coninueraient de nous chanter la meme chanson. Celle du developpent , du concorde national et autres gagdets a la mode.Moi je prefere mon pain noir , Comme Voltaire, la liberté.
    L'erreur fatale a ete commise lorsque la communauté a avilisé le plan du FPR d'evincer les democrates (ceux qu'on appelait alors abusivement de Hutu moderés) au sein de la direction du pays.Puis la frange extremiste du FPR a evincé toutes les voix discordantes (aussi bien tutsi que hutu) et voila que la gangrene a atteint son pillier principal qu'est l'armee. Cette strategie justifie en tout cas le verouillage politique et mediatiqeu du pays,car toute autre voie qui ne favoriserait pas les interets politiques, et surtout economiques de ce mouvement ne sera jamais toleré. C'est ainsi qu'ils organisent des electioons "bidons" en y excluant les autres pour pouvoir recolter plus de 90% !!! Tous les moyens sont bons pour eliminer l'adversaire y compris malheureusement la mort.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
7 réactions
1 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012