Pakistan - Appel à l'aide de Ban Ki-moon
Photo : Agence Reuters Asim Tanveer
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s’est entretenu hier avec de jeunes rescapés des inondations à Muzaffargarh, dans la province du Pendjab.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est rendu hier au Pakistan, où il a appelé la communauté internationale à accélérer l'aide au pays sinistré par les inondations qui ont fait quelque 1500 morts et 20 millions de sans-abri. La situation s'est encore aggravée, avec de nouvelles localités envahies par les eaux.
M. Ban a survolé certaines des zones sinistrées et a rencontré des rescapés à Muzaffargarh, dans la province du Pendjab. Il s'est aussi entretenu avec le président pakistanais, Asif Ali Zardari, très critiqué pour son absence au début de la crise: il n'a pas écourté son déplacement en Europe.
Le chef de l'État, depuis son retour, s'est rendu à deux reprises auprès des sinistrés, mais les photos de sa visite en Europe, le montrant notamment dans un château en France appartenant à sa famille, risquent de le poursuivre longtemps.
Le secrétaire général de l'ONU a dit être «là pour constater ce qui se passe et voir quels sont les besoins, ce qui doit encore être fait. Et je suis là aussi pour exhorter la communauté internationale à accélérer son aide au peuple pakistanais».
«Je n'oublierai jamais les destructions et les souffrances dont j'ai été aujourd'hui le témoin», a déclaré M. Ban lors d'une conférence de presse commune avec M. Zardari. «J'ai vu par le passé de nombreuses catastrophes naturelles à travers le monde, mais jamais comme celle-ci», a-t-il ajouté.
Aide supplémentaire du Canada
Les Nations unies ont lancé un premier appel de fonds afin de recueillir 460 millions de dollars pour porter secours à la population, mais n'ont reçu pour l'heure que 20 % de cette somme. Samedi, le Canada a annoncé une aide de 31 millions de dollars supplémentaires au Pakistan, qui s'ajoute aux 2 millions annoncés le mois dernier. L'Agence canadienne de développement international a accordé 4,5 millions de dollars à la Croix-Rouge, au Programme alimentaire mondial et à des organisations non gouvernementales canadiennes. Le reste de l'argent sera alloué selon les besoins, évalués par l'ONU. Le président français, Nicolas Sarkozy, a demandé hier au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, de faire plus pour aider le Pakistan et s'est dit prêt à mobiliser les moyens logistiques militaires français. Son ministère des Affaires étrangères a ensuite annoncé l'envoi d'un avion transportant 60 tonnes de biens de première nécessité.
Des millions de sinistrés n'ont encore reçu aucune aide, ou alors celle-ci s'avère nettement insuffisante. À Sukkur, dans la province du Sind, des rescapés se sont battus pour de la nourriture apportée par un camion d'aide humanitaire, provoquant un tel chaos que la distribution a dû être interrompue.
«L'impatience des gens nous a privés du peu de nourriture qui était arrivé», a déploré Shaukat Ali, l'une des victimes des inondations qui attendaient de l'aide alimentaire. «On est ici comme des mendiants», lance de son côté Mukhtar Ali, un autre réfugié qui vit sur un bord de route avec des milliers d'autres personnes. «La dernière nourriture qu'on a eue, c'était hier un petit paquet de riz, qu'on s'est partagé à 15.»
Le calvaire des rescapés n'est pas fini: de nouvelles inondations provoquées par les crues le long du fleuve Indus et d'autres cours d'eau ont submergé des centaines de localités dans le sud du pays. Les eaux ont ainsi envahi Derra Allah Yar, une ville de 300 000 habitants située à la frontière des provinces de Sind et du Baloutchistan, selon un responsable local, Salim Khoso. Environ 200 000 personnes ont dû fuir la cité. «Il faut qu'on les nourrisse, mais on ne sait pas comment», expliquait-il.
Les inondations ont noyé plus de 3,2 millions d'hectares de champs de coton, de blé et de canne à sucre. Le Fonds monétaire international a mis en garde contre les très graves conséquences économiques de la catastrophe dans un pays qui dépend déjà de l'aide internationale pour maintenir son économie à flot.
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Avec La Presse canadienne
M. Ban a survolé certaines des zones sinistrées et a rencontré des rescapés à Muzaffargarh, dans la province du Pendjab. Il s'est aussi entretenu avec le président pakistanais, Asif Ali Zardari, très critiqué pour son absence au début de la crise: il n'a pas écourté son déplacement en Europe.
Le chef de l'État, depuis son retour, s'est rendu à deux reprises auprès des sinistrés, mais les photos de sa visite en Europe, le montrant notamment dans un château en France appartenant à sa famille, risquent de le poursuivre longtemps.
Le secrétaire général de l'ONU a dit être «là pour constater ce qui se passe et voir quels sont les besoins, ce qui doit encore être fait. Et je suis là aussi pour exhorter la communauté internationale à accélérer son aide au peuple pakistanais».
«Je n'oublierai jamais les destructions et les souffrances dont j'ai été aujourd'hui le témoin», a déclaré M. Ban lors d'une conférence de presse commune avec M. Zardari. «J'ai vu par le passé de nombreuses catastrophes naturelles à travers le monde, mais jamais comme celle-ci», a-t-il ajouté.
Aide supplémentaire du Canada
Les Nations unies ont lancé un premier appel de fonds afin de recueillir 460 millions de dollars pour porter secours à la population, mais n'ont reçu pour l'heure que 20 % de cette somme. Samedi, le Canada a annoncé une aide de 31 millions de dollars supplémentaires au Pakistan, qui s'ajoute aux 2 millions annoncés le mois dernier. L'Agence canadienne de développement international a accordé 4,5 millions de dollars à la Croix-Rouge, au Programme alimentaire mondial et à des organisations non gouvernementales canadiennes. Le reste de l'argent sera alloué selon les besoins, évalués par l'ONU. Le président français, Nicolas Sarkozy, a demandé hier au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, de faire plus pour aider le Pakistan et s'est dit prêt à mobiliser les moyens logistiques militaires français. Son ministère des Affaires étrangères a ensuite annoncé l'envoi d'un avion transportant 60 tonnes de biens de première nécessité.
Des millions de sinistrés n'ont encore reçu aucune aide, ou alors celle-ci s'avère nettement insuffisante. À Sukkur, dans la province du Sind, des rescapés se sont battus pour de la nourriture apportée par un camion d'aide humanitaire, provoquant un tel chaos que la distribution a dû être interrompue.
«L'impatience des gens nous a privés du peu de nourriture qui était arrivé», a déploré Shaukat Ali, l'une des victimes des inondations qui attendaient de l'aide alimentaire. «On est ici comme des mendiants», lance de son côté Mukhtar Ali, un autre réfugié qui vit sur un bord de route avec des milliers d'autres personnes. «La dernière nourriture qu'on a eue, c'était hier un petit paquet de riz, qu'on s'est partagé à 15.»
Le calvaire des rescapés n'est pas fini: de nouvelles inondations provoquées par les crues le long du fleuve Indus et d'autres cours d'eau ont submergé des centaines de localités dans le sud du pays. Les eaux ont ainsi envahi Derra Allah Yar, une ville de 300 000 habitants située à la frontière des provinces de Sind et du Baloutchistan, selon un responsable local, Salim Khoso. Environ 200 000 personnes ont dû fuir la cité. «Il faut qu'on les nourrisse, mais on ne sait pas comment», expliquait-il.
Les inondations ont noyé plus de 3,2 millions d'hectares de champs de coton, de blé et de canne à sucre. Le Fonds monétaire international a mis en garde contre les très graves conséquences économiques de la catastrophe dans un pays qui dépend déjà de l'aide internationale pour maintenir son économie à flot.
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Avec La Presse canadienne
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