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La candidature de Wyclef Jean - Embouteillage

Dans l'univers de la musique populaire, Wyclef Jean est ce qu'on appelle une star. Il y a deux jours, il a annoncé l'abandon du strass et des paillettes au profit de la politique. Il sera donc candidat à l'élection présidentielle qui se tiendra le 27 novembre prochain simultanément aux législatives, convoitées par... 70 formations! Apprécié dans son pays natal par les couches populaires parce qu'il est une vedette internationale et pour son activisme après le tremblement de terre de janvier dernier, Jean est le huitième prétendant au poste suprême.

Après lecture des premières réactions suscitées par son geste, on constate qu'il y a deux clans bien distincts. Si les pauvres, les déshérités, éprouvent un certain engouement, il n'en va pas ainsi au sein de la classe politique et de la diaspora. Plusieurs ont été choqués par le fait qu'il ait choisi une émission de la télévision américaine pour officialiser sa candidature.

Beaucoup d'autres émettent des réserves parce qu'il ne maîtrise ni le créole ni le français, parce qu'ayant quitté Haïti alors qu'il avait 9 ans pour s'installer aux États-Unis, il méconnaît le pays, parce que ses démêlés avec le fisc américain jettent le trouble, parce que les critiques formulées par l'acteur Sean Penn concernant la gestion financière de son organisme de charité embrument le regard sur la probité ou non du personnage.

À ces réserves, il faut ajouter celles des constitutionnalistes. C'est bien simple, si la loi fondamentale d'Haïti est respectée, Wyclef Jean ne pourra pas être président. Un, parce qu'il est interdit à quelqu'un ayant la double nationalité d'accéder à la plus haute fonction. Deux, parce qu'il faut avoir vécu cinq ans au pays avant le jour du scrutin. Ce qui n'est évidemment pas son cas.

Cela étant, reste la question des questions. Étant donné les circonstances physiques, structurelles et sociologiques, étant donné des circonstances que l'on sait très difficiles, comment sera-t-il possible d'organiser un scrutin dans trois mois? Posons la question autrement: si scrutin il y a, aura-t-il les qualités démocratiques qu'exige un tel exercice? On en doute.

On en doute parce qu'il y a encore et toujours des centaines de milliers de déplacés, un million de sans-abri qui vivent dans des camps de fortune. Il y a également l'affaiblissement d'un État réputé faible avant le séisme, des milliers de fonctionnaires ayant perdu la vie. Il y a enfin les coûts afférents à ces élections. On a calculé que près de 30 millions étaient nécessaires. Sur cette somme, les engagements des pays étrangers totalisent 22 millions. Et alors? Ils n'ont pas encore été accordés.

Il en est ainsi parce que la corruption étant élevée, les donateurs entendent canaliser certains montants dans les ONG. Ce faisant, ont observé des sociologues, on favorise la déliquescence de l'État.
 
 
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  • oracle - Abonné
    7 août 2010 06 h 51
    Une pause dans les élections en Haiti
    Les gens du Canada et du Québec en particulier devraient savoir que la communauté internationale est le grand patron des compétitions électorales truquées et frauduleuses qui s'organisent en Haiti depuis 1990. Elle est le financier presque exclusif et le grand pourvoyeur d'"assistance technique" à cette tragicomédie électorale, dont le caractère loufoque s'accentue au fur et à mesure de son déroulement.

    Un seul remède : y mettre un point final en suspendant les élections en Haiti pour une période d'au moins cinq ans, juste le temps de réorganiser le pays et l'ensemble de son système politique, devenu un vaste bordel. Ce mandat devrait être confié à une gouvernance de transition. Et c'est possible, dans tous les cas mieux que la tutelle totale dont on menace les Haitiens. Ça prend juste un peu de bonne volonté, quoique en dise ou pense cette communauté internationale !

    P.M.Sajous
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  • Bernard Gervais - Abonné
    7 août 2010 08 h 23
    Une candidature contestée
    La candidature du chanteur Wyclef Jean à la présidence d'Haïti est loin de faire l'unanimité parmi les Montréalais originaires de ce pays.

    Après avoir lu votre éditorial, je comprends encore mieux pourquoi beaucoup d'entre eux ont des doutes !
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  • François Giguère - Abonné
    7 août 2010 14 h 36
    Ça part mal
    Selon la loi électorale la candidature de Wyclif est doublement irrecevable. Et pourtan il se présente. Ça part mal. L'OEA et Haiti viennent de signer l'accord touchant la commission de surveillance des élections du 28 novembre comme si de rien n'était. À quoi sert l'OEA, à quoi sert une commission de surveillance, si alors que tout s'en va tout croche dès le départ, on laisse aller? Pourquoi ne réalise-t-on pas qu'HAITI est en crise? L'économie est non seulement en ruine, mais on peut se demander si elle existe. Il ne sembles pas y avoir non plus de société civile suffisamment organiséee et avec un minimum de ressources autonomes pour être en mesure d'assurer une base viable à la démocratie. On peut bien élire un autre sauveur, mais il va se transformer en dictateur ou en illuminé, car il ne paraît pas y avoir vraiment de base et de conditions pour autre chose.Déjà même avant Aristide des anlystes avaient prévu ce qui allait arriver en raison de l'absence de société civile.70 formations convoitent la présidence. On évoque aussitôt un manque de maturité politique, au point parfois de remettre en doute la capacité de ce peuple de s'assumer démocratiquement. Mais est-ce une immaturié dans la tête et la culture des gens ou si est-ce que la démocratie ne peut pas exister dans n'importe quelles conditions? Quand va-t-on se décider à considérer avec un réalisme désintéessé, chaleureux et solidaire la situation réelle de ce pays et, par une commission dûment mandatée, de l'OEA ou de l'ONU, à lui fournir un appui et accompagnement de proximité, continu et à long terme, pour l'aider à mettre en place progressivement les conditions économiques, sociales, politiques, à faire apparaître et structurer sa société civile, pour qu'un jour sa souveraineté démocratique puisse être autre chose qu'une caricature honteuse pour la dignité, l'intelligence et la capacité de plus-être de ce peuple? À quoi servent nos regroupements
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